Duhaime propose la «liberté» de choisir son type de garderie

Le chef conservateur, Éric Duhaime, de passage entre les murs colorés d’une garderie de l’arrondissement montréalais de Saint-Léonard
Paul Chiasson La Presse canadienne Le chef conservateur, Éric Duhaime, de passage entre les murs colorés d’une garderie de l’arrondissement montréalais de Saint-Léonard

De passage à Montréal, jeudi matin, le chef du Parti conservateur du Québec (PCQ), Éric Duhaime, a affirmé que « la liberté de choix » est aussi de favoriser la concurrence entre les CPE et les garderies privées. Une mesure nécessaire pour que « les parents ne deviennent pas otages d’un monopole public », selon lui.

« Je voulais rencontrer les représentants des garderies privées, parce qu’eux nous donnent l’assurance que, très rapidement, ils vont être capables de combler les places manquantes », a affirmé le chef conservateur dans une pièce aux murs colorés de la garderie Belagir, dans l’arrondissement de Saint-Léonard. Après Québec, la Mauricie et le Saguenay-Lac-Saint-Jean, Éric Duhaime espère récolter plus d’appuis dans la région montréalaise.

M. Duhaime promet d’éliminer, s’il est élu, le financement public des CPE et des garderies subventionnées au cours de son mandat. Les parents bénéficieraient de bons de garde de 200 $ par semaine par enfant.

Questionné sur le caractère suffisant de ce montant — vu que chaque service de garde pourra fixer son propre tarif —, Éric Duhaime a rétorqué qu’il n’avait pas « la science infuse ». Des commissions parlementaires seraient mises sur pied afin de se pencher sur la question, a-t-il précisé. Il s’est d’ailleurs défendu de vouloir « démanteler le réseau » en promettant d’ouvrir le dialogue.

Les quelque 52 000 noms qui figurent sur la liste d’attente pour obtenir une place subventionnée constituent « l’une des pages sombres » du gouvernement Legault, selon Éric Duhaime. « Ce n’est pas normal que des contribuables paient un système aussi cher et que des dizaines de milliers de jeunes n’aient pas accès à ce service », a-t-il souligné.

Le chef conservateur déplore aussi le fait qu’un parent qui travaille hors de l’horaire typique de 9 h à 17 h doive financer le réseau de la petite enfance québécois sans y avoir accès.

Des idées « franchement rétrogrades », dit QS

Jeudi, le porte-parole de Québec solidaire Gabriel Nadeau-Dubois a amorcé un point de presse en qualifiant de « franchement rétrograde » l’engagement d’Éric Duhaime visant à « définancer les CPE ». Il a aussi décoché une flèche au chef du PCQ au sujet de sa promesse d’exploiter le pétrole et le gaz du Québec s’il est élu.

« Je pense qu’au Québec, on veut avancer en environnement, on veut avancer dans l’égalité entre les hommes et les femmes, a soutenu M. Nadeau-Dubois. On ne veut pas reculer sur ces valeurs-là, qui sont des valeurs québécoises. »

Selon le chef solidaire, M. Duhaime devrait tenter de se faire élire comme gouverneur du Texas plutôt que comme premier ministre du Québec. « Il serait pas mal plus à sa place. »

Gabriel Nadeau-Dubois dit aussi avoir été ébranlé par la promesse de « définancer les CPE ». Depuis son arrivée en Gaspésie, il y a « à peine 24 heures », une dizaine de personnes lui ont dit ne pas pouvoir retourner sur le marché du travail faute de places en garderie, a-t-il souligné.

Avec François Carabin 

À voir en vidéo