La cimenterie McInnis resterait ouverte sous un gouvernement solidaire

Gabriel Nadeau-Dubois, en discussion avec des journalistes, mardi, à Québec
Jacques Boissinot La Presse canadienne Gabriel Nadeau-Dubois, en discussion avec des journalistes, mardi, à Québec

Québec solidaire (QS) a beau avoir l’objectif de réduction des gaz à effet de serre (GES) le plus élevé sur la scène politique, il laisserait le plus important pollueur au Québec en activité s’il était porté au pouvoir.

L’aspirant premier ministre Gabriel Nadeau-Dubois se trouvait jeudi dans la circonscription de Bonaventure, à New Richmond. À 80 kilomètres à l’est, dans le village de Port-Daniel, la cimenterie McInnis émet année après année depuis 2017 des centaines de milliers de tonnes de GES. En 2020, l’entreprise — une propriété brésilienne — est devenue le plus grand pollueur au Québec : elle a émis non moins de 1,2 million de tonnes cette année-là.

Or, la cimenterie, connue pour les poussières de ciment qu’elle répand par moments dans la région, ne fermerait pas sous un gouvernement solidaire. « La transition vers une économie verte, on va la faire, mais jamais sur le dos des travailleurs et des travailleuses. Les gens qui travaillent à la cimenterie McInnis, ils font ça pour gagner leur vie, c’est tout. Et les gens ont le droit de gagner leur vie », a souligné jeudi le co-porte-parole de QS, Gabriel Nadeau-Dubois.

« Nous, on ne va pas proposer de mettre la clé dans la porte d’industries », a-t-il convenu plus tard en journée.

Des détails dimanche

 

« Investir des fonds publics [dans l’entreprise] était une erreur », selon M. Nadeau-Dubois. À l’heure actuelle, McInnis emploie une centaine de travailleurs. C’est assez, selon M. Nadeau-Dubois, pour justifier d’« accompagner » l’entreprise dans sa transition énergétique.

« Un gouvernement de Québec solidaire accompagnerait bien mieux cette entreprise-là, qui a des moyens d’améliorer ses installations pour que les problèmes qu’on a vus, notamment en termes de poussière, soient réglés », a soutenu « GND ».

« [Les travailleurs], on ne va pas les larguer par-dessus bord », a-t-il ajouté.

Québec solidaire a l’objectif de réduction des GES le plus élevé parmi les cinq principaux partis politiques québécois. En 2030, la formation politique souhaite avoir réduit les émissions de 55 % par rapport aux niveaux de 1990. Elle présentera dimanche son plan « chiffré » pour y arriver.

GND maintient qu’il contiendra « des mesures pour accompagner les secteurs vulnérables de [l’économie] ». « La cimenterie McInnis fait partie des secteurs qui sont vulnérables dans un contexte de transition écologique », a indiqué le co-porte-parole solidaire, qui n’exclut pas de verser des fonds publics pour aider l’entreprise « sur le plan technologique » et « sur le plan de la requalification des travailleurs et travailleuses ».

Dans son plus récent plan vert, le gouvernement de François Legault s’était engagé à verser plus de 1,2 milliard de dollars d’ici 2027 pour aider les entreprises à réduire leurs émissions polluantes.

QS revient à la charge avec une assurance dentaire pour tous

Par ailleurs, QS ne lâche pas le morceau avec ses promesses d’assurance dentaire universelle. Comme en 2018, le parti s’engage à assumer une part des frais de dentiste des Québécois, mais, cette fois, l’État paierait moins.

En 2018, l’équipe solidaire avait fait d’une assurance dentaire universelle l’un de ses engagements phares. À l’époque, QS avait évalué à 950 millions de dollars par année les coûts afférents à cette promesse.

Mais le contexte a changé. Le gouvernement fédéral de Justin Trudeau a promis de présenter « bientôt » son propre plan d’assurance dentaire pancanadienne. En exerçant son droit de retrait avec pleine compensation, un gouvernement de Québec solidaire paierait 790 millions de dollars annuellement.

En pratique, le programme solidaire prévoit rembourser l’ensemble des dépenses dentaires des moins de 18 ans, des prestataires de l’aide sociale et des personnes aînées recevant le Supplément de revenu garanti. Pour le reste, un gouvernement solidaire paierait 80 % des frais de nettoyage et des soins de prévention, ainsi que 60 % des frais liés à la pose de plombages et aux traitements de canal.

« Les Québécois dépensent en moyenne 515 $ par ménage, par année, pour aller chez le dentiste, en facture ou en paiement d’assurances, s’est désolé jeudi M. Nadeau-Dubois. Un Québécois sur quatre se prive de soins dentaires tous les ans parce que ça coûte trop cher. »

« On a la “carte soleil” pour le système de santé, on propose une “carte sourire” pour les soins dentaires », a-t-il enchaîné.

Afin d’« améliorer l’accès aux soins dentaires en région », QS a profité de son passage dans l’est du Québec jeudi pour promettre un plan de répartition des effectifs de dentistes, un peu comme en médecine. Le parti désire également faire grimper les salaires des hygiénistes dans le secteur public et revoir la grille tarifaire des soins dentaires.

François Carabin


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