Voter conservateur «pour GNL Québec»… et contre les mesures sanitaires

Le chef conservateur, Éric Duhaime, lors d’un passage à Wendake, mardi
Jacques Boissinot La Presse canadienne Le chef conservateur, Éric Duhaime, lors d’un passage à Wendake, mardi

De passage au Saguenay–Lac-Saint-Jean mercredi, le chef du Parti conservateur du Québec (PCQ), Éric Duhaime, a promis de relancer le projet gazier GNL Québec s’il est élu. S’il s’agit, selon lui, de la « question de l’urne » dans la région, il est toutefois revenu à la charge contre les mesures sanitaires.

« Il y a des gens à Montréal ou sur Le Plateau-Mont-Royal qui peuvent penser ce qu’ils veulent du projet. Ce n’est pas eux qui vont vivre avec les conséquences positives et négatives, ce sont les gens de la région », a lancé M. Duhaime, sous les applaudissements de ses militants réunis à Alma.

Pour le Saguenay–Lac-Saint-Jean, le 3 octobre sera un référendum au sujet du projet d’exportation de gaz naturel liquéfié Énergie Saguenay de GNL Québec, pense Éric Duhaime. « C’est un référendum entre ceux qui croient au projet GNL et qui vont voter PCQ et ceux qui sont contre le projet GNL qui vont voter pour la CAQ. »

Selon M. Duhaime, le gouvernement Legault a fait « une erreur monumentale et [a eu] un manque de vision flagrant » en laissant tomber le projet, il y a environ un an. À la fois Québec et Ottawa avaient fermé la porte à GNL Québec, au terme d’évaluations environnementales.

Le projet gazier est un « espoir » dans la région, a souligné M. Duhaime. « Il y a un investissement de 14 milliards qui est dans les cartons et qui attend juste un go, et qui est pogné avec Legault », a-t-il dit, provoquant des rires dans la salle.

Le chef conservateur a prononcé son discours flanqué de ses candidats de la région. Dans la circonscription de Lac-Saint-Jean, le PCQ est au deuxième rang (17 %), derrière les caquistes, selon les dernières projections du site Qc125. Or, le candidat de la CAQ Eric Girard semble avoir une bonne longueur d’avance (47 %).

Éric Duhaime a été applaudi chaudement lorsqu’il a terminé son discours en parlant du « devoir moral » de se soucier des enfants qui ont « payé le plus » durant la pandémie de COVID-19. « On commence à peine à mesurer l’impact dévastateur des mesures sanitaires qui leur ont été imposées. »

Peu avant le début de la campagne électorale, le premier ministre, François Legault, avait affirmé qu’il n’était pas question de ramener des mesures sanitaires obligatoires en septembre.

Selon le chef du PCQ, le projet Énergie Saguenay est une « opportunité » d’offrir aux enfants « un avenir meilleur que le nôtre » et « une économie en santé ».

Une acceptabilité sociale ?

Mercredi, Radio-Canada a rapporté qu’en coulisses, le ministre de l’Économie, Pierre Fitzgibbon, considérait toujours l’idée de relancer le projet de GNL Québec après les élections du 3 octobre. Questionné à ce sujet le jour même, le chef caquiste, François Legault, a toutefois affirmé que la porte était fermée.

Si M. Fitzgibbon « n’avait pas autant de problèmes avec l’éthique », Éric Duhaime a déclaré en plaisantant qu’il l’inviterait à grossir les rangs conservateurs. Contrairement à ce qu’a affirmé M. Legault, le chef conservateur soutient que la population de la région est grandement favorable à GNL Québec.

Questionné au sujet des nations innues qui se sont opposées au projet au cours de l’été 2021, Éric Duhaime a reconnu qu’il sera nécessaire de s’asseoir et de négocier avec elles. « Ces gens-là, il faut les écouter. »

Les communautés de Mashteuiatsh, d’Essipit et de Pessamit avaient rappelé qu’elles détenaient « des droits ancestraux et des titres innus conférant à nos Premières Nations un caractère incontournable sur toute question affectant la pérennité [de ce territoire] ».

Le BAPE fait erreur, selon Duhaime

 

Selon le chef du PCQ, le Bureau d’audiences publiques sur l’environnement (BAPE) « s’est trompé » en affirmant en mars 2021 que le projet Énergie Saguenay nuirait à la transition énergétique nécessaire pour lutter contre les changements climatiques.

Selon M. Duhaime, le contexte de la crise énergétique en Europe causée par la guerre en Ukraine change la donne. Il a déploré le fait que « l’Allemagne s’apprête à rouvrir des centrales au charbon pour chauffer [son] monde cet hiver ». L’exportation de gaz naturel liquéfié serait beaucoup moins polluante, a-t-il fait valoir.

Éric Duhaime souhaite également abolir la loi qui interdit l’exploration et l’exploitation d’hydrocarbures au Québec, adoptée en avril dernier par le gouvernement Legault. « Je veux que le gaz québécois sorte du sol et qu’on l’exporte et qu’on s’enrichisse », a-t-il dit.

Avec Alexandre Shields

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