Québec solidaire veut renforcer l’indépendance de la Santé publique

La gestion de la pandémie « a été un peu difficile », estime le Dr Yv Bonnier-Viger, qui brigue les suffrages pour Québec solidaire.
Paul Chiasson La Presse canadienne La gestion de la pandémie « a été un peu difficile », estime le Dr Yv Bonnier-Viger, qui brigue les suffrages pour Québec solidaire.

La Santé publique nationale a vécu des moments « difficiles » et a manqué d’efficacité durant la pandémie de COVID-19, a analysé lundi un candidat de Québec solidaire et ex-directeur régional de santé publique. Le parti de gauche propose d’améliorer l’indépendance des autorités sanitaires en rouvrant la Loi sur la santé publique.

« La gestion nationale a été un peu difficile », a convenu lundi le Dr Yv Bonnier-Viger, qui occupait jusqu’à tout récemment le poste de directeur régional de santé publique de la Gaspésie–Îles-de-la-Madeleine. « L’indépendance de la Santé publique nationale est critique pour être capable de donner des conseils autonomes à ceux qui prennent les décisions. »

Québec solidaire procédait lundi à une annonce en matière de santé depuis un parc de l’arrondissement montréalais d’Outremont. Le co-porte-parole de la formation politique Gabriel Nadeau-Dubois était flanqué de sept candidats et candidates, dont M. Bonnier-Viger et l’ex-directrice régionale de santé publique en Estrie, Mélissa Généreux.

Aux yeux du Dr Bonnier-Viger, les décisions du directeur national de santé publique — d’abord Horacio Arruda, puis Luc Boileau — durant les deux années de pandémie n’ont « pas été efficaces ».

« Vous vous souviendrez peut-être qu’en conférence de presse, le gouvernement Legault a annoncé qu’il allait rendre obligatoire la vaccination [pour les employés du réseau de la santé]. Nous avons une expérience basée sur plusieurs années de bonnes pratiques, et la persuasion donnait de meilleurs résultats en matière de prévention », a-t-il souligné.

M. Nadeau-Dubois entend « redonner toutes ses lettres de noblesse » à cet appareil de l’État québécois. « La perception d’un manque de distance entre le pouvoir politique et la Santé publique est généralisée au Québec », a-t-il affirmé, flanqué de son « équipe santé ». Un gouvernement solidaire modifierait donc la loi pour que la Direction générale de santé publique du Québec relève de l’Assemblée nationale plutôt que du ministère de la Santé et des Services sociaux.

Le 811 comme première ligne

 

Lundi, Québec solidaire s’est par ailleurs engagé à faire du 811 la nouvelle première ligne pour les soins de santé, en permettant notamment de l’utiliser pour la prise de rendez-vous. Selon ce modèle, les Québécois pourraient appeler le « 811 2.0 » afin d’être dirigés vers l’établissement approprié.

QS réitère également sa promesse de longue date d’ouvrir les CLSC 24 heures par jour et de « revaloriser » leur utilisation par les patients.

Le parti de gauche promet de recruter plus d’infirmières pour y arriver, et évalue à 500 millions de dollars par année le coût de ces mesures.

« La qualité des soins de santé au Québec est bonne. Le problème, c’est l’accès aux soins : c’est trop compliqué de rentrer dans le système de santé », a souligné le co-porte-parole solidaire lundi.

Mardi, Québec solidaire fera une annonce économique au lendemain d’une journée marquée par les promesses de baisses d’impôts — tant la Coalition avenir Québec que le Parti libéral du Québec se sont engagés à réduire le fardeau fiscal des Québécois. Le parti mettra ensuite le cap sur la capitale pour un événement partisan.

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