Anglade atténue les propos d’un de ses candidats envers la CAQ

La cheffe libérale Dominique Anglade a dû atténuer lundi les propos d’un de ses candidats qui avait accusé la Coalition avenir Québec (CAQ) d’être raciste et xénophobe, avant d’encaisser le départ d’un de ses aspirants députés de la région de Québec.

Mme Anglade a rejeté les demandes d’excuses de la CAQ relativement aux courriels écrits par Claude Vadeboncoeur, qui porte les couleurs du Parti libéral du Québec (PLQ) dans Brome-Missisquoi. La cheffe libérale a toutefois précisé que la CAQ n’est pas raciste ou xénophobe.

« Ce n’est pas la manière dont je définirais la CAQ, je la définirais comme étant un parti qui divise », a-t-elle dit lors d’un point de presse. « M. Vadeboncoeur a déjà dit qu’il avait été trop loin ; il l’avait déjà mentionné, alors je pense que le sujet est clos. »

Il n’a pas été possible de savoir dans quel contexte M. Vadeboncoeur a fait cet aveu.

Lorsque questionné à ce sujet par Le Devoir dimanche, il n’avait pas nié ces propos transmis sous le coup de la colère en décembre 2021 à son adversaire caquiste, la ministre déléguée à l’Éducation et responsable de la Condition féminine, Isabelle Charest.

Le ministre de la Justice, Simon Jolin-Barrette, a estimé lundi que M. Vadeboncoeur a insulté les Québécois. « “Parce que j’étais très en colère” n’est jamais une bonne excuse », a-t-il réagi lundi. « La nation québécoise est un exemple d’ouverture et d’accueil. Le candidat du PLQ a insulté les Québécois. Dominique Anglade va-t-elle lui demander de retirer ses propos et de s’excuser ? »

Le Devoir a révélé dimanche que M. Vadeboncoeur, sous le coup de la colère, s’était épanché dans un courriel transmis à Mme Charest le 21 décembre 2021.

Il réagissait notamment à un message transmis sur les réseaux sociaux dans lequel le ministre de l’Immigration, Jean Boulet, s’inquiétait de l’arrivée de réfugiés au Québec. « Le tweet du ministre Boulet est raciste et xénophobe, à l’image de l’administration Legault », écrivait-il avant de signer.

M. Boulet avait par la suite reconnu que ses propos étaient déplacés.

« La CAQ a divisé les Québécois sur différents axes en parlant de bons immigrants, de moins bons immigrants, de francophones et d’anglophones, et c’est très cynique de la part de la CAQ », a ajouté la cheffe libérale.

Le chef caquiste François Legault ne s’est pas formalisé du refus de Mme Anglade d’exiger que son candidat s’excuse. « Défendre notre langue — on sera toujours vulnérables en Amérique du Nord —, ce n’est sûrement pas raciste », a-t-il dit.

Un candidat quitte le navire

 

Alors même que le PLQ n’a pas encore annoncé un alignement complet dans la région de Québec, le candidat libéral dans la circonscription de Vanier-Les Rivières a renoncé à briguer les suffrages.

François Beaulé a soutenu sur les réseaux sociaux qu’il avait pris cette décision le 22 août dernier. « C’est avec regrets et tristesse que j’ai dû prendre une décision pour moi avant tout », a-t-il déclaré. « J’ai informé mon parti que je retirais ma candidature pour une raison purement, strictement et simplement professionnelle. Il n’y a aucune autre raison. »

Mme Anglade a commenté ce départ alors que sa caravane effectuait un arrêt dans la circonscription de Jean-Talon, où le PLQ n’avait toujours pas annoncé de candidat. « Avant la politique il y a la vie », a-t-elle philosophé en point de presse.

Elle a aussi tenté de se faire rassurante en promettant que les circonscriptions sans porte-étendard libéral en auront un sous peu. « On va annoncer des candidatures très prochainement », a affirmé la cheffe du PLQ.

En fin de journée, la candidature de la directrice de la recherche de l’aile parlementaire libérale, Julie White, a finalement été annoncée dans Jean-Talon. Elle rejoint l’un de ses anciens collègues, Charles Robert, un ex-directeur de cabinet adjoint de Mme Anglade, dont la candidature avait déjà été annoncée dans Jean-Lesage à la mi-août.

La campagne libérale continuera de sillonner la région de la capitale mardi. Elle poussera une pointe vers l’est, dans la circonscription de Côte-du-Sud, où l’ex-ministre caquiste Marie-Ève Proulx a renoncé à se présenter la semaine dernière dans la foulée d’allégations de harcèlement psychologique.

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