L’économie, la «question de l’urne» pour le PLQ

La cheffe libérale, Dominique Anglade, lors d'une conférence de presse le 13 août dernier
Photo: Graham Hughes La Presse canadienne La cheffe libérale, Dominique Anglade, lors d'une conférence de presse le 13 août dernier

La cheffe libérale, Dominique Anglade, a lancé sa campagne sur le thème de l’économie, dimanche, mais la question linguistique est apparue sur sa route quand un de ses candidats a déclaré que la situation du français n’est pas inquiétante au Québec.

Mme Anglade a ouvert les hostilités en ramenant au premier plan la marque de commerce qui a fait les beaux jours du Parti libéral du Québec (PLQ). « Je vais mettre François Legault au défi sur l’économie. L’économie va être la question de l’urne », a-t-elle lancé à Québec, quelques minutes après le déclenchement de la campagne électorale.

Mme Anglade a évoqué la pénurie de main-d’oeuvre qui provoque un manque d’enseignants et force des entrepreneurs à fermer leur entreprise. « J’ai une chose à dire à François Legault, a-t-elle déclaré. Personne ne peut se dire le parti de l’économie s’il est incapable de reconnaître que le frein principal à notre développement économique, c’est la pénurie de main-d’oeuvre. »

Selon la cheffe libérale, à cause de l’inflation, les gens ont moins d’argent dans leurs poches qu’il y a quatre ans, quand la Coalition avenir Québec (CAQ) a été élue.

Mme Anglade réserve ses annonces économiques pour plus tard dans la campagne. Le PLQ a déjà promis des baisses d’impôt, tout comme la CAQ.

Au cours des dernières années, la CAQ a réussi à soutirer aux libéraux l’exclusivité du thème de l’économie.

Dimanche, Mme Anglade a laissé entendre qu’il ne faudra pas s’attendre à l’annonce de nouvelles candidatures au profil économique. Elle a souligné l’état des forces en présence au sein de son parti actuellement. « L’équipe économique est très garnie, je vous dirais », a-t-elle dit en rappelant qu’elle-même a été ministre de l’Économie dans le gouvernement Couillard.

Recul du français

 

La caravane libérale a ensuite mis le cap vers Montréal pour un rassemblement militant en présence de plusieurs de ses candidats, dont André A. Morin, qui se présente dans la circonscription de l’Acadie.

Après l’événement, M. Morin a affirmé qu’il n’était pas inquiet de voir le français reculer au profit de l’anglais, au Québec comme au Canada, comme démontré par de récentes données de Statistique Canada. « Il y a moyen toujours de changer la situation, a-t-il dit aux journalistes. Moi, d’ailleurs, c’est ce que je dis à Mme Anglade, ce n’est pas quelque chose qui m’inquiète. »

M. Morin, qui fait le saut en politique après avoir été procureur fédéral, n’a pas voulu préciser à partir de quel seuil un recul du français serait inquiétant. « Le français ne va jamais disparaître à Montréal, a-t-il dit. Le français ne va pas disparaître du Québec non plus. »

Après lui, Mme Anglade a reconnu que la situation du français est « toujours préoccupante », mais elle a refusé de dire si les plus récentes données augmentaient ses craintes. « On a constaté un déclin et un recul, notamment et pas seulement au centre-ville de Montréal, c’est pour cette raison qu’on a fait 27 propositions », a-t-elle dit.



À voir en vidéo