Le PLQ et sa quête de renouveau

La cheffe libérale assure qu’elle sera «partout» pendant la campagne électorale.
Photo: Jacques Boissinot La Presse canadienne La cheffe libérale assure qu’elle sera «partout» pendant la campagne électorale.

La cheffe du Parti libéral du Québec (PLQ), Dominique Anglade, entend prouver qu’elle est « l’alternative » à François Legault d’ici le 3 octobre prochain. En juin dernier, à la fin de la session parlementaire, elle affirmait vouloir remporter 63 sièges et former un gouvernement majoritaire. Aujourd’hui, elle persiste et signe. Mais elle devra redoubler d’efforts pour faire mentir les sondages, qui la condamnent à l’opposition.

« J’ai vraiment hâte d’en découdre avec François Legault », lance Dominique Anglade en entrevue au Devoir. Couronnée cheffe de la formation en mai 2020, elle a hérité du parti d’opposition officiel, qui comptait 27 députés avant la dissolution de l’Assemblée nationale prévue dimanche.

Elle regrette de ne pas avoir pu débattre assez fréquemment avec le premier ministre durant les deux dernières années et demie en raison de la pandémie. Pour faire connaître leurs idées, les libéraux ont donc été les premiers à lancer leur plateforme en juin dernier, explique Mme Anglade. « On est l’alternative à la CAQ [Coalition avenir Québec]. »

Elle a toutefois besoin de se faire connaître, note Mireille Lalancette, professeure en communication sociale à l’Université du Québec à Trois-Rivières. « Je ne pense pas qu’on a une perception d’elle comme leader actuellement, malheureusement, on parle peu d’elle […] dans les médias, donc […] c’est difficile de s’exprimer et d’être une option forte, crédible, riche, intéressante pour remplacer François Legault », note l’experte.

Une campagne publicitaire mettant en vedette « Dominique » a été présentée au printemps dernier pour entre autres « augmenter sa notoriété », explique une source libérale. Dans ces publicités au ton humoristique, la politicienne apparaît « plus décontractée », ce qui a pour but de briser la perception de cheffe « froide » qui est « généralement réservée aux femmes », selon cette personne.

« Ne pas perdre trop de plumes »

Le défi principal du PLQ sera de « ne pas perdre trop de plumes » et de conserver le statut d’opposition officielle, estime Bernard Motulsky, professeur au Département de communication sociale et publique de l’Université du Québec à Montréal. Avec sa popularité actuelle, la CAQ a des visées sur certaines circonscriptions libérales de la région montréalaise, note-t-il. Sans compter le Parti conservateur du Québec, qui courtise le vote anglophone.

Qu’à cela ne tienne, la cheffe libérale assure qu’elle sera « partout » pendant la campagne électorale. Mais certaines circonscriptions sont particulièrement dans la mire du PLQ pour faire des gains, confie une source au sein du parti. Les libéraux comptent « mettre beaucoup d’énergie » en Estrie, notamment avec la candidature dans Orford de l’ancienne mairesse de Magog Vicki-May Hamm.

Du côté d’Ungava, le PLQ a bon espoir de ravir la circonscription à la CAQ en y présentant l’ancien maire de Kuujjuaq Tunu Napartuk. Dominique Anglade devrait d’ailleurs se rendre dans cet important village du Nunavik, souligne un collaborateur libéral. Une communauté inuite rarement visitée par des chefs de parti du Québec.

En Outaouais, le PLQ mise entre autres sur Gatineau, avec la candidature de l’ancienne mairesse de Chelsea Caryl Green. Le parti espère ainsi reconquérir cet ancien château fort, passé à la CAQ en 2018. Un défi considérable, ici comme dans Orford ou dans Ungava, les projections du site Qc125 donnant une avance considérable au parti de François Legault dans les trois circonscriptions.

À la recherche d’une identité

Avec le départ de nombreux vétérans du parti cette année, « le défi [du PLQ] est vraiment de faire table rase du passé, tout en gardant des racines libérales », explique le professeur Motulsky.

La cheffe du PLQ assure de son côté que le parti est toujours fidèle aux valeurs libérales, comme « les libertés individuelles, toute la question de l’inclusion et la question de l’économie ».

Dominique Anglade se targue de présenter une « véritable vision pour combiner l’écologie et l’économie » avec son projet ECO. Ce dernier comprendrait des investissements publics et privés de 100 milliards de dollars pour favoriser une économie verte alliant hydrogène et électricité. 

En ce qui concerne la pénurie de main-d’oeuvre, les libéraux veulent « prendre le taureau par les cornes », fait valoir Mme Anglade. Cette dernière estime qu’une partie de la solution est d’accueillir 70 000 immigrants en 2023, puis de revoir ce nombre en fonction des besoins des régions dans les années suivantes.

La CAQ ne peut pas se définir comme le parti de l’économie, étant donné qu’elle « a ignoré » le problème du manque de travailleurs, dit-elle, batailleuse. « La véritable économie, celle qui est moderne, celle qui s’inscrit dans le long terme, celle qui comprend les enjeux économiques, ça, c’est le PLQ. »



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