La région métropolitaine veut plus pour l’habitation et le transport collectif

La CMM revient à la charge avec sa demande concernant la taxe d’immatriculation, dont les revenus étaient destinés au financement du transport en commun.
Marie-France Coallier Archives Le Devoir La CMM revient à la charge avec sa demande concernant la taxe d’immatriculation, dont les revenus étaient destinés au financement du transport en commun.

S’adressant aux partis en lice à la veille du lancement de la campagne électorale québécoise, la Communauté métropolitaine de Montréal (CMM) réclame du prochain gouvernement qu’il soutienne avec plus de vigueur la construction de nouveaux logements et le développement du transport collectif et actif.

La CMM revient ainsi à la charge avec sa demande concernant la taxe d’immatriculation. En 2019, les 82 villes de la région métropolitaine avaient adopté une résolution visant à imposer aux automobilistes du 450 une taxe d’immatriculation de 50 $ et à faire passer de 45 $ à 50 $ celle que paient déjà les automobilistes de l’île de Montréal. Ces nouveaux revenus, qui étaient alors estimés à 100 millions de dollars par année, étaient destinés au financement du transport en commun.

Or, la Société de l’assurance automobile du Québec (SAAQ) ne l’a jamais perçue. Elle a invoqué à plusieurs reprises la désuétude de ses systèmes informatiques, qui ne lui permettaient pas d’apporter de tels changements. La CMM réclame maintenant des partis qu’ils s’engagent à ce que cette taxe soit perçue à compter de janvier 2023 et à ce que Québec verse aux villes une compensation pour les sommes manquantes depuis 2020.

Les villes de la région métropolitaine suggèrent aussi aux partis d’évaluer l’implantation d’une taxe kilométrique pour remplacer la taxe sur l’essence, dont les revenus risquent de diminuer. Selon elles, il est nécessaire de diversifier les sources de financement du transport en commun. Québec doit aussi soutenir le développement du transport collectif et les projets du futur plan stratégique de l’Autorité régionale de transport métropolitain (ARTM), jugent-elles.

Des promesses à réaliser

En matière d’habitation, la CMM nomme trois priorités : la réhabilitation des habitations à loyer modique (HLM) en mauvais état ; la livraison des logements d’AccèsLogis déjà programmés, mais non réalisés ; et un financement qui permettrait la construction de 3000 logements sociaux et de 9000 logements abordables par année sur une période de 10 ans.

Les villes voudraient aussi que Québec consacre 100 millions de dollars à la création d’un réseau de parcs métropolitains et concrétise son engagement de modifier la Loi sur l’expropriation afin de faciliter l’achat de terrains par les municipalités. La CMM suggère notamment que Québec accorde 100 millions à un programme d’acquisition de terrains susceptibles d’être convertis en espaces verts ou naturels, tels que des terrains de golf.

Dans le but de protéger les terres agricoles, elle propose aussi la mise en place d’un régime qui permettrait aux municipalités d’exproprier les terres non exploitées depuis trois ans afin que celles-ci puissent être louées ou vendues à des producteurs agricoles.

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