Espoirs péquistes dans Rosemont, malgré les sondages

«J’en avais plus qu’assez qu’on dénigre le parti que j’appuie de tout cœur depuis mon enfance», a dit Pierre-Luc Brillant, qui se lance en politique pour la première fois.
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir «J’en avais plus qu’assez qu’on dénigre le parti que j’appuie de tout cœur depuis mon enfance», a dit Pierre-Luc Brillant, qui se lance en politique pour la première fois.

Le comédien et musicien Pierre-Luc Brillant a officialisé sa candidature aux élections provinciales pour le Parti québécois devant des centaines de militants exaltés, jeudi soir, dans Rosemont, à Montréal. Un des seuls candidats vedettes du parti, il affrontera le député sortant Vincent Marissal, de Québec Solidaire, dans cet ancien bastion péquiste. Il dit vouloir faire mentir les sondages et rallier les jeunes électeurs.

« On ne peut pas se fier aux sondages », s’est défendu celui qui se présente pour la formation souverainiste, en référence aux intentions de vote pour le PQ qui demeurent entre 9 et 11 % au niveau national depuis janvier 2022, selon la firme Léger. Le candidat dit espérer « une juste part » pour son parti aux prochaines élections.

À Rosemont, le site d’agrégation de sondages Qc125 le place d’ailleurs au troisième rang des intentions de vote, à 17 %. Le député sortant Vincent Marissal, de Québec Solidaire, demeure en tête, avec 33 % des intentions de vote, suivi de Sandra O’Connor de la Coalition Avenir Québec, à 28 %.

« J’en avais plus qu’assez qu’on dénigre le parti que j’appuie de tout coeur depuis mon enfance », a renchéri Pierre-Luc Brillant — qui se lance en politique pour la première fois — sous de frénétiques applaudissements au Centre communautaire Petite-Côte, où se déroulait l’événement. « La politique a toujours fait partie de mon ADN », a-t-il ajouté.

Pierre-Luc Brillant affirme vouloir promouvoir la souveraineté du Québec et « freiner le déclin du français », qu’il reproche à son adversaire solidaire de ne pas suffisamment mettre de l’avant. L’accessibilité universelle et l’accès aux logements communautaires figurent quant à eux parmi les principaux enjeux de sa circonscription, selon lui.

« Rosemont est traditionnellement péquiste depuis les années 1970, c’est une circonscription que je connais bien », a-t-il dit en entrevue au Devoir, avant son investiture. Il souhaite notamment « remédier » au « manque de bibliothèques et de centres communautaires » dans sa circonscription.

« Pierre-Luc va gagner pour l’indépendance du Québec », a lancé Paul Saint-Pierre Plamondon, le chef du Parti québécois, lors de la cérémonie d’investiture de son candidat. « Ces élections-là vont faire du bien », a-t-il ajouté, ayant bon espoir de pouvoir faire des gains pour son parti, malgré les sondages.

Né en 1978, Pierre-Luc Brillant s’est fait connaître au cinéma dès l’âge de 14 ans, dans le rôle principal du film Tirelire Combines et Cie de Rock Demers (1992). Il a joué dans de nombreux films québécois tels que Le démantèlement (Sébastien Pilote, 2013), La disparition des lucioles (Sébastien Pilote, 2018) et C.R.A.Z.Y. (Jean-Marc Vallée, 2005).

Il a également tenu de nombreux rôles au petit écran, dans des séries telles que District 31, La galère, ou encore C.A., aux côtés de sa conjointe Isabelle Blais. Le couple forme également un duo de musiciens, intitulé Comme dans un film. C’est d’ailleurs accompagné de sa conjointe, dans un numéro musical, que Pierre-Luc Brillant a lancé sa soirée d’investiture.

Renouer avec les jeunes électeurs

 

« C’est fascinant de voir à quel point les jeunes reviennent à la souveraineté », soutient Pierre-Luc Brillant, qui dit vouloir rallier les jeunes électeurs au projet souverainiste. Pourtant, le PQ est le grand parti qui compte les plus faibles intentions de vote au Québec chez les jeunes, à 8 % pour les 18 à 34 ans, selon le dernier sondage Léger.

Florent Sabourin, un militant du PQ et du Bloc québécois âgé de 17 ans, rencontré à l’investiture de Pierre-Luc Brillant, affirme que « la langue française est un enjeu qui touche les jeunes ». Selon lui, les propositions du parti sur le français au Québec sauront séduire ce groupe d’âge cette année.

« Je pense que notre parti rallie plusieurs jeunes [...], on est définitivement un parti qui parle d’avenir », estime quant à lui Paul Saint-Pierre Plamondon. Il croit que son parti est la formation politique dont la moyenne d’âge des candidats est la plus basse.

Demain, le chef du PQ participera au Dialogue jeunesse des chef·fe·s – élections 2022, un débat sur la participation des jeunes à la vie politique québécoise et sur les enjeux électoraux qui les touchent. L’événement est coorganisé par Le Devoir et l’Institut du nouveau monde (INM). Il aura lieu à l’Université Concordia, et sera diffusé en direct sur la page Facebook du Devoir. Dominique Anglade, Gabriel Nadeau-Dubois et Éric Duhaime participeront aussi au débat.

À voir en vidéo