La liste «entière» des 89 entreprises polluantes sera publique, confirme Charette

«On n’a jamais retenu cette liste-là, s’est défendu M. Charette. On nous l’a demandée, on la communique.»
Paul Chiasson La Presse canadienne «On n’a jamais retenu cette liste-là, s’est défendu M. Charette. On nous l’a demandée, on la communique.»

Le ministre de l’Environnement, Benoit Charette, a confirmé mercredi qu’il rendra prochainement publiques les informations concernant les 89 entreprises autorisées à polluer au-delà des normes environnementales, dont la Fonderie Horne à Rouyn-Noranda fait partie.

« On va publier rapidement cette liste-là et les informations qui sont souhaitées comme le nombre d’entreprises, la nature du dépassement [des normes] et ce qui est attendu de leur part », a précisé le ministre Charette.

Ce dernier s’est donc engager à remettre « la liste entière » des compagnies précisant quelles sont les autorisations, après que Radio-Canada ait diffusé mercredi l’identité des 89 entreprises en question.

Il s’agit surtout de mines, mais aussi de papetières et d’alumineries. « On n’a jamais retenu cette liste-là, s’est défendu M. Charette. On nous l’a demandée, on la communique. »

Le ministre a aussi affirmé qu’il y aura dorénavant des consultations publiques lorsque le permis de polluer d’une entreprise – appelée l’attestation d’assainissement – arrive à échéance. C’est d’ailleurs le cas cet automne de la Fonderie Horne à Rouyn-Noranda. Une consultation publique se tiendra en ligne entre le 6 septembre et le 20 octobre.

Plus tôt cette semaine, le gouvernement a dit vouloir forcer la compagnie à limiter ses émissions d’arsenic dans l’air à 15 nanogrammes par mètre cube (ng / m3), mais seulement dans 5 ans, soit au terme de son prochain certificat. La norme québécoise se situe à 3 ng / m3.

M. Charette a soutenu qu’il voulait s’assurer que chacune des entreprises se rapproche de la norme environnementale en vigueur. « Ce ne sera pas [tout] au même rythme », a-t-il toutefois admis.

Selon le ministre de l’Économie, Pierre Fitzgibbon, les normes changent et la clé est de « donner le temps aux entreprises de se conformer ». Il a souligné que chacune des compagnies est « un cas spécifique ».

On ne peut donc pas toutes les comparer à la Fonderie Horne, qui représente « sans aucun doute » un enjeu, a fait valoir M. Fitzgibbon. « Personne ne va mourir, il ne faut pas généraliser », a-t-il lancé, au sujet des 88 autres entreprises.

Des permis de polluer « inacceptables », selon QS

Plus tôt mercredi, le député de Québec solidaire (QS) Sol Zanetti a qualifié « d’inacceptable » le fait que 89 entreprises détiennent un permis leur permettant de déroger aux normes environnementales québécoises.

Si la formation politique de M. Zanetti est portée au pouvoir, elle s’engage à rendre publiques les attestations d’assainissement de compagnies. Québec solidaire dit vouloir revoir les attestations qui sont trop permissives. « Les entreprises qui abusent seront mises au pas », a déclaré le co-porte-parole Gabriel Nadeau-Dubois.

Selon le député solidaire, le dossier de la Fonderie Horne ramène de l’avant l’important de l’enjeu de la pollution atmosphérique sur le plan national. Sol Zanetti a tracé un parallèle avec la qualité de l’air à Limoilou, à Québec. « La question de la santé des gens, plus que jamais, ça ne peut pas faire l’objet de compromis », a-t-il asséné.

Sol Zanetti a exhorté le premier ministre François Legault à annuler la hausse de la norme de nickel décrétée le 28 avril dernier. Cette nouvelle limite a fait passer le seuil de tolérance des autorités de 14 à 70 ng / m3 par jour. « Je veux qu’il [l’annule] maintenant, avant les élections, a-t-il précisé. Je ne veux pas que ce soit un enjeu électoral. »

Le député solidaire a argué que l’étude toxicologique sur laquelle repose la décision du gouvernement n’a pas été faite avec le même type de nickel que celui qui se retrouve à Québec. L’Association québécoise des médecins pour l’environnement a souligné que cette sorte de nickel a un potentiel plus dangereux pour la santé, a souligné M. Zanetti.

Questionné au sujet de la demande d’annuler la nouvelle norme de nickel, le ministre Charette a rétorqué que « les études ont été largement faites ». « Notre décision est très largement appuyée par des données probantes », a-t-il fait valoir.

Mardi, le Parti québécois (PQ) a proposé une « approche globale » en matière de qualité de l’air. Il est notamment question d’élargir et renforcer le réseau de capteurs publics.

Le PQ propose aussi de rendre publics les résultats d’eéchantillonnage afin que la population connaisse en temps réel l’état de la qualité de l’air.

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