La réforme de la langue française dans la ligne de mire du PLQ

Mme Anglade s’est  dite «très confiante», en point de presse, que sa formation saura séduire le vote anglophone en prévision du scrutin du 3 octobre.
Graham Hughes La Presse canadienne Mme Anglade s’est dite «très confiante», en point de presse, que sa formation saura séduire le vote anglophone en prévision du scrutin du 3 octobre.

Sous un gouvernement libéral, exit l’obligation de suivre trois cours en français en rendant ceux-ci « optionnels ». Le parti se positionne aussi en faveur de l’agrandissement du Collège Dawson, à Montréal.

Le PLQ entend appuyer une résolution d’urgence adoptée samedi après-midi par les membres de la Commission-Jeunesse du PLQ, a confirmé le parti au Devoir.

Le document demande de mettre fin à l’obligation pour les étudiants non francophones de collèges anglophones de suivre trois cours dispensés en français ou bien trois cours de français. Ces cours deviendraient alors « optionnels plutôt qu’obligatoires » afin qu’ils ne constituent pas une « embuche à la réussite éducative », peut-on lire. Cette requête n’est pas incluse actuellement dans la plateforme électorale du parti, adoptée en juin dernier.

La résolution, qui n’était pas inscrite initialement au cahier de propositions élaboré en prévision du 40e congrès des jeunes libéraux, demande d’autre part au parti de « réaffirmer son engagement de donner le droit aux étudiants de choisir d’aller au cégep en français ou en anglais », comme le prévoit déjà la plateforme du PLQ.

Il est donc recommandé d’abolir le gel de la proportion des étudiants dans les collèges anglophones par rapport à l’ensemble du réseau collégial de la province inscrit dans la « loi 96 », qui est venue réformer la Charte de la langue française au terme de son adoption en mai dernier. Certains de ses articles ont d’ailleurs été suspendus vendredi au terme d’une décision de la Cour supérieure du Québec.

« On souhaite que les étudiants et étudiantes puissent étudier dans la langue qu’ils souhaitent », résume ainsi Max Edmond, un jeune militant rencontré pendant ce congrès, qui ne s’oppose pas pour autant à la promotion de la langue de Molière dans la province.

« On peut être contre le projet de loi 96, mais être pour la défense du français », insiste-t-il.

Plusieurs jeunes militants du PLQ ont d’ailleurs indiqué au Devoir samedi que c’est la récente réforme de la Charte de la langue française qui les a incités à se mobiliser en faveur de la formation de Dominique Anglade. « Beaucoup d’entre nous se sont impliqués dans le parti parce qu’on sait que c’est mieux d’être bilingues », constate entre autres Adelka Felcarek-Hope, qui demeure à Westmount et étudie au Collège Dawson. Pour elle, la réforme de la « loi 101 » a été « l’élément déclencheur » de sa mobilisation en faveur du PLQ.

« C’est un droit qu’ils veulent nous arracher [d’étudier en anglais] et ça me fait mal au coeur », lâche pour sa part Yves-Jusslin Maniratanga, à l’endroit de la formation de François Legault.

Agrandir le Collège Dawson

 

La résolution vise aussi à dénoncer la fin de non-recevoir adressée par le gouvernement sortant de François Legault en début d’année concernant le projet d’agrandissement du Collège Dawson, qui doit selon les jeunes libéraux être remis « sur les rails ». Ceux-ci estiment ainsi que le gouvernement du Québec doit s’engager à ce que « les projets d’infrastructures » de cet établissement postsecondaire anglophone « soient analysés selon les besoins réels » et non pas « pour des raisons politiques ».

La cheffe du PLQ, Dominique Anglade, n’était pas disponible pour commenter cette résolution samedi après-midi, mais son équipe a confirmé que son parti appuiera celle-ci et militera donc contre l’obligation de trois en cours en français pour les étudiants des collèges anglophones pendant la prochaine campagne électorale.

Plus tôt en journée, samedi, Mme Anglade s’est d’ailleurs dite « très confiante », en point de presse, que sa formation saura séduire le vote anglophone en prévision du scrutin du 3 octobre.

« Les gens vont réaliser que François Legault veut nous diviser avec la loi 96, nous diviser avec la Loi 21, nous diviser avec la loi 40 sur les commissions scolaires », a énuméré Mme Anglade. « Si on veut remplacer François Legault, l’option, c’est le Parti libéral du Québec », a-t-elle ajouté.

La formation a d’autre part présenté quatre nouveaux candidats samedi après-midi, portant à 75 le nombre de candidatures dévoilées jusqu’à maintenant. Christopher Baenninger se présentera ainsi dans Sainte-Marie–Saint-Jacques, à Montréal, tandis que Julie Guertin tentera sa chance dans La Prairie. Jérémy Leblanc se présentera pour sa part dans Champlain et Suzanne Pomerleau dans la circonscription de Prévost.

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