Le PLQ promet les «vraies solutions» aux «vrais enjeux»

« Votez vrai. Vrais enjeux. Vraies solutions. » C’est ainsi que le parti, qui peine à tailler sa place dans les sondages préélectoraux, tentera de marquer les esprits en prévision du scrutin du 3 octobre.
Photo: Graham Hughes La Presse canadienne « Votez vrai. Vrais enjeux. Vraies solutions. » C’est ainsi que le parti, qui peine à tailler sa place dans les sondages préélectoraux, tentera de marquer les esprits en prévision du scrutin du 3 octobre.

La cheffe du Parti libéral du Québec (PLQ), Dominique Anglade, a dévoilé samedi le nouveau slogan électoral de sa formation politique, critiquant au passage le bilan du gouvernement sortant de François Legault, dont la formation politique trône au sommet des intentions de vote.

« Votez vrai. Vrais enjeux. Vraies solutions. » Tel est le slogan électoral qui a été dévoilé samedi par Mme Anglade, qui a été accueillie par un tonnerre d’applaudissements dans le cadre du 40e congrès de la Commission-Jeunesse du PLQ par les nombreux militants réunis pour l’occasion dans une salle comble d’un immeuble du centre-ville. Un slogan qui n’est pas sans rappeler celui du parti pendant la campagne électorale de 2014 : « Ensemble, on s’occupe des vraies affaires. »

« On est véritablement à un tournant au Québec », a lancé Mme Anglade lors d’une allocution d’une quinzaine de minutes devant des militants enjoués, qui ont offert des applaudissements nourris à maintes reprises. Elle a alors énuméré l’inflation galopante, la forte augmentation de la valeur des propriétés et l’état « lamentable » du réseau de la santé comme autant de problématiques que le gouvernement de François Legault n’a pas été en mesure d’adresser dans les dernières années, selon elle.

Elle a aussi déploré le manque d’actions de la CAQ, selon elle, dans la lutte contre les changements climatiques, qui est pourtant « le défi du 21e siècle ». « Il ne fait rien », a-t-elle lancé, en référence au premier ministre sortant du Québec, avant d’ajouter : « Ah non, il fait des pubs, c’est ça qu’il fait. » Or, « on a besoin d’un gouvernement qui arrête de faire des pubs et qui agit », a-t-elle martelé.

« On est à un moment décisif de notre histoire et le changement va commencer ici », a martelé la cheffe du PLQ, qui promet notamment des investissements de 100 milliards d’ici 2050 pour contribuer au développement durable de l’économie ainsi qu’une baisse d’impôts pour la classe moyenne.

« La vérité, c’est que le Québec ne s’en va pas dans la bonne direction. La vérité, c’est qu’on a besoin d’un gouvernement libéral », a lancé Mme Anglade, faisant ainsi référence au nouveau slogan de son parti.

La candidate à sa réélection a d’ailleurs assuré que sa promesse de construire 50 000 logements sociaux d’ici 10 ans est réaliste, au moment où la CAQ propose pour sa part d’ériger 11 700 logements sociaux et abordables au cours des quatre prochaines années.

« Absolument que c’est réaliste et c’est aussi l’ambition qu’on doit se donner », a fait valoir Mme Anglade. Cette dernière n’a toutefois pas voulu samedi matin se prononcer sur la proposition de la Commission-Jeunesse du PLQ, qui recommande de donner aux villes le pouvoir d’exproprier les bailleurs délinquants et de « socialiser » leurs logements.

« Vous comprendrez que je ne commenterai pas avant qu’il y ait des votes sur les propositions, mais je trouve ça extrêmement sain que notre aile jeunesse se préoccupe d’un véritable enjeu qui est celui du logement », a-t-elle dit.

Mme Anglade estime d’autre part que M. Legault entrevoit de « se cacher » pendant la campagne électorale à venir, pour éviter d’avoir à rendre compte des zones d’ombre dans son bilan des quatre dernières années, a-t-elle lancé devant les journalistes.

« Je pense qu’il ne veut pas débattre de ses résultats dans les quatre dernières années. Je pense que ce qu’on va voir, c’est un François Legault qui ne veut pas argumenter, qu’il ne veut pas être mis au défi », a-t-elle ajouté.

Rallier les Québécois

 

Ce congrès, pendant lequel les jeunes libéraux auront l’occasion de débattre les différentes propositions audacieuses afin de déterminer lesquelles seront soumises au parti de Mme Anglade, survient au moment où le PLQ traîne dans les intentions de vote, où trône la CAQ.

Selon les plus récentes projections de Qc125, le parti, qui compte actuellement 27 députés, pourrait n’en compter que 18 au terme du vote du 3 octobre. Plusieurs circonscriptions pivots pourraient d’ailleurs tomber entre les mains de la CAQ ou de Québec solidaire, entrevoit le site web géré par l’analyste Philippe J. Fournier. C’est notamment le cas des circonscriptions de Verdun, de Vaudreuil et de Saint-Henri–Sainte-Anne, qui est celle dirigée par Mme Anglade.

« Je pense que les sondages ne montrent pas vraiment la réalité du terrain », a répliqué au Devoir le président de la Commission-Jeunesse du PLQ, Gabriel Bourret, qui est aussi candidat pour la première fois pour le parti dans la circonscription de Masson. « Ce qu’on entend sur le terrain, c’est que les gens sont tannés de l’arrogance du premier ministre », a ajouté M. Bourret, selon qui « le seul véritable sondage, c’est le 3 octobre ».

Le parti ne compte d’ailleurs que 71 candidats à l’heure actuelle. Un nombre qui montera toutefois à 75 en cours de journée, samedi, lorsque quatre nouvelles candidatures seront annoncées, a-t-on appris. Une trentaine d’autres candidats devraient être annoncés dans les prochaines semaines.

« Le recrutement se passe bien, dans un premier temps. Et dans un deuxième temps, on a choisi comme formation politique de mettre d’abord de l’avant notre plateforme électorale. On a été les premiers à présenter notre plateforme », a insisté Mme Anglade.

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