Les jeunes du PLQ discuteront de socialisation des logements lors de leur congrès

L’une des mesures proposées par les membres ciblerait les propriétaires «qui ont des comportements répréhensibles», qui pratiquent des «rénovictions» ou qui imposent des hausses de loyer illégales.
Photo: Olivier Zuida Le Devoir

L’une des mesures proposées par les membres ciblerait les propriétaires «qui ont des comportements répréhensibles», qui pratiquent des «rénovictions» ou qui imposent des hausses de loyer illégales.

Pour contrer la crise du logement, les jeunes du Parti libéral du Québec (PLQ) suggèrent de donner aux villes le pouvoir d’exproprier les bailleurs délinquants et de « socialiser » leurs logements. La proposition sera discutée samedi à Montréal, dans le cadre du 40e congrès de la Commission-Jeunesse du PLQ.

La mesure ciblerait les propriétaires « qui ont des comportements répréhensibles », qui pratiquent des « rénovictions » ou qui imposent des hausses de loyer illégales, précise le cahier de propositions consulté par Le Devoir. La « socialisation » serait imposée « en dernier recours » aux propriétaires qui ont fait l’objet de nombreuses plaintes. Ces derniers seraient ensuite compensés à la hauteur du prix d’achat de la propriété en « tenant compte de l’inflation et des frais afférents ».

Fondée à l’époque du premier gouvernement de Robert Bourassa, la Commission-Jeunesse du PLQ a pour mandat de soumettre des idées nouvelles au parti à l’approche de la rentrée parlementaire. Au fil des années, elle a habitué les amateurs de politique québécoise à des propositions audacieuses — et parfois très éloignées de la position idéologique du parti. L’an dernier, elle avait suggéré de « dépolitiser le système de santé » en confiant sa gestion à un organisme étatique indépendant.

Cette année, elle propose notamment d’imposer la pratique du bénévolat chez les jeunes. Seulement 37,1 % d’entre eux effectuent au moins une activité de ce genre par an, constatent ses membres. À compter de la cinquième année du primaire, les élèves auraient un certain nombre d’heures à offrir dans leur communauté, de quatre par mois chez les plus jeunes au double chez les étudiants de quatrième secondaire. Des périodes de classe consacrées à autre chose pourraient par exemple être réservées au bénévolat.

Sus aux pubs de VUS

 

Dans le domaine de l’environnement, les jeunes libéraux devront aussi voter sur une proposition visant à interdire les publicités de VUS alimentés uniquement aux énergies fossiles. « Le GIEC a déclenché l’alerte rouge en août [2021] », soulignent-ils.

Leur cahier de propositions contient d’ailleurs un grand nombre d’idées en lien avec l’urgence climatique, comme l’ajout d’un cours obligatoire sur la science du climat dès la quatrième secondaire.

Les membres débattront aussi de la pertinence de hausser les prêts et bourses pour éviter que les étudiants se sentent obligés de travailler au détriment de leurs études. Le programme inclut en outre d’autres propositions en matière de logement, comme l’interdiction de posséder plus d’une propriété de type Airbnb, ou encore l’obligation d’aviser leurs voisins par écrit avant de louer leur logement sur la plateforme.

Le Congrès-Jeunes du PLQ aura lieu cette année dans un hôtel du centre-ville de Montréal, au coeur de la circonscription de Westmount–Saint-Louis, actuellement représentée à l’Assemblée nationale par la libérale Jennifer Maccarone. Plusieurs bastions libéraux de la métropole sont d’ailleurs toujours sans candidat déclaré en vue des élections d’octobre. C’est le cas des circonscriptions de Robert-Baldwin et de D’Arcy-McGee, dont les députés libéraux Carlos Leitão et David Birnbaum ont décidé de quitter la politique.

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