La fondatrice de Ma place au travail défendra les couleurs de Québec solidaire

La femme de 30 ans, nouvelle venue en politique, a gagné une stature provinciale en pointant les failles et le manque de places au sein du réseau de la petite enfance québécois.
Photo: Page Facebook de Myriam Lapointe-Gagnon La femme de 30 ans, nouvelle venue en politique, a gagné une stature provinciale en pointant les failles et le manque de places au sein du réseau de la petite enfance québécois.

La fondatrice du mouvement Ma place au travail, Myriam Lapointe-Gagnon, tentera de convaincre les électeurs et les électrices de Rivière-du-Loup-Témiscouata de rejoindre le giron de Québec solidaire lors des prochaines élections.

La femme de 30 ans, nouvelle venue en politique, a gagné une stature provinciale en pointant les failles et le manque de places au sein du réseau de la petite enfance québécois. «Avant Ma place au travail, je n’aurais jamais pensé faire le saut en politique, souligne la doctorante en psychologie. Ça m’a permis de me rendre compte que je pouvais aussi faire une différence. Je suis tombée dans la politique un peu comme Obélix dans la potion magique.»

Si elle se lance dans la mêlée, c’est surtout pour rapprocher la politique de la population. «C’est vraiment important pour moi que les gens s’intéressent et luttent pour ce en quoi ils croient, explique Mme Lapointe-Gagnon au bout du fil, malgré la COVID qui a mis sa famille sur le carreau au cours de la fin de semaine. Je connais plein de gens qui feraient une job aussi bonne, sinon meilleure que les politicien en place présentement.»

Elle-même se croit très bien placée pour défendre les enjeux de sa région. Résidante de Cacouna, elle a dû repartir à la «case départ» lorsque l’éducatrice de son garçon, aujourd’hui âgé de 19 mois, a annoncé qu’elle fermait boutique. «Chez nous, les places en garderie, c’est l’enfer», dit-elle. Jules a finalement une place depuis juin dans un service de garde non-subventionné. « Nous sommes passés d’une place à 8,70 $ par jour à une place à 40 $ par jour, indique Mme Lapointe-Gagnon. Je vais pouvoir défendre la réalité des nouveaux parents parce que moi-même, je viens de passer par là.»

Ses affinités avec Québec solidaire sont toutes naturelles, insiste-t-elle, car elle partage les idéaux féministes, environnementaux et indépendantistes du parti. Les troupes péquistes et libérales l’avaient également sollicitée, mais c’est finalement dans les rangs solidaires qu’elle entend défendre «un salaire minimum décent, des logements abordables et une plus grande accessibilité du système de santé.»

«Ce n’est pas normal de devoir faire une heure et demie de route pour avoir des services à Rivière-du-Loup», déplore Mme Lapointe-Gagnon. Elle veut aussi réduire la dépendance à l’automobile dans les régions, notamment en repensant la transformation des produits agricoles souvent centralisée loin des régions productrices.

Le député caquiste Denis Tardif ne sollicitera pas un deuxième mandat dans Rivière-du-Loup-Témiscouata. C’est Amélie Dionne, l’actuelle attachée de presse de la ministre du Tourisme, Caroline Proulx, qui briguera les suffrages pour le parti. Elle a notamment occupé un siège au conseil municipal de Rivière-de-Loup en plus de tenter, sans succès, d’obtenir la mairie.

Pour le moment, une troisième candidate se présente dans la circonscription. Il s’agit de la conservatrice Louise Moreault, 53 ans et conseillère en santé et en sécurité au sein de l’entreprise louperivoise Premier Tech.

L’ancien maire de Kuujjuaq chez les libéraux

Plus tôt mardi, le parti libéral a présenté le candidat qui défendra ses couleurs dans la circonscription d’Ungava aux prochaines élections. Il s’agit de l’ancien maire de Kuujjuaq, Tunu Napartuk.

Deux autres candidats sont en lice pour le moment dans Ungava : l’actuel député caquiste Denis Lamothe et la solidaire Maïtée Labrecque-Saganash.

«C’est quelqu’un qui a toujours eu un engagement exemplaire», a indiqué Mme Anglade, saluant «les valeurs familiales» de ce dernier et ses six années à la mairie de Kuujjuaq, de 2012 à 2018.

M. Napartuk affirme faire le saut en politique provinciale pour s’attaquer aux enjeux «énormes» auxquels sa région fait face. Près de 45 % de la population âgée de 15 ans et plus ne possède aucun diplôme dans Ungava. Le taux de diplomation universitaire se situe, quant à lui, à moins de 10 %, alors qu’il atteint près de 25 % dans l’ensemble du Québec.

Le taux de réussite scolaire demeure encore plus faible au sein des 14 communautés inuites. Seulement 3,5 % de la population inuite possède un diplôme d’études collégiales et une infime partie de la population détient un certificat (1,2 %) ou un baccalauréat (0,8 %)», selon des données du ministère de l’Éducation et de Nunivaat.

«Le coût de la vie et la sécurité alimentaire» se hissent parmi les priorités du candidat libéral. «Nous sommes tous isolés. Dans nos 14 communautés inuites, tout doit entrer par avion», a-t-il indiqué. Il plaide notamment pour une meilleure prise en charge des aînés. «Sans [ces derniers], je ne serais pas ici», a indiqué M. Napartuk.

L’ancien maire de Kuujjuaq a dit croire que «le racisme systématique existe partout, et pas juste au Québec.» Il a vertement critiqué la loi 96, qui renforce la prédominance du français comme seule langue officielle de la nation québécoise. «Dans notre région au Nunavik, c’est déjà un défi de parler inuktituk. La loi 96 rendra cela extrêmement difficile», a déploré M. Napartuk.

Il a salué la représentation inédite de candidats et de candidates autochtones aux prochaines élections, alors que neuf candidatures issues des Premières nations et du peuple inuit seront sur les bulletins de vote, le 3 octobre prochain.

 

«Je trouve ça extraordinaire, pour toutes les Premières nations et pour notre peuple inuit dans le Nunavik, a souligné le candidat libéral. Tous les représentants autochtones que nous avons, nous en avons besoin.»

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