François Legault ne dit pas non à une baisse d’impôts

Pour contrer les effets de l’inflation, le gouvernement Legault a jusqu’ici opté pour des mesures d’aide ponctuelle.
Photo: Jacques Boissinot La Presse canadienne Pour contrer les effets de l’inflation, le gouvernement Legault a jusqu’ici opté pour des mesures d’aide ponctuelle.

La Coalition avenir Québec (CAQ) pourrait à son tour promettre une baisse d’impôt aux Québécois, comme l’a fait ce week-end le Parti libéral du Québec (PLQ). « Je vous demande d’être patients », a indiqué lundi le premier ministre François Legault.

De passage à Montréal pour annoncer la candidature dans Anjou–Louis-Riel de l’ex-conseillère municipale Karine Boivin Roy, le chef caquiste n’a pas exclu qu’une baisse récurrente du fardeau fiscal s’ajoute aux chèques ponctuels qu’il versera cette année aux contribuables. « On n’a jamais dit qu’on n’annoncerait pas de baisse d’impôt », a dit M. Legault en marge de l’annonce.

Samedi, le Parti libéral et sa cheffe, Dominique Anglade, se sont engagés à abaisser de 1,5 point de pourcentage le taux d’imposition applicable aux 92 580 premiers dollars de revenu. Le parti de l’opposition officielle promet aussi de créer un nouveau palier d’imposition à 27,75 % pour les revenus supérieurs à 300 000 $.

Selon les calculs du PLQ, certains Québécois verraient jusqu’à 1000 $ par année revenir dans leurs poches. Ces mesures fiscales viendraient creuser un trou de deux milliards de dollars dans le Trésor public.

« Je comprends que les libéraux, de façon non traditionnelle, annoncent leurs engagements électoraux quatre mois avant l’élection. Nous, on va le faire en temps et lieu », a soutenu François Legault lundi.

« C’est maintenant »

Le premier ministre invite les Québécois à être « patients ». Mais l’attente n’est plus justifiable, a souligné Dominique Anglade en entrevue avec Le Devoir lundi. « Le seul qui peut agir [en ce moment], c’est François Legault. Je ne comprends pas pourquoi il prend tant de temps à agir, a-t-elle martelé. Les gens vont déménager le 1er juillet. C’est maintenant qu’ils ne sont pas capables de boucler leur budget. »

La hausse du coût de la vie atteint des sommets vertigineux, depuis le début de l’année 2022. En avril dernier, les prix à la consommation étaient 6,8 % plus élevés que l’année précédente.

Le seul qui peut agir [en ce moment], c’est François Legault. Je ne comprends pas pourquoi il prend tant de temps à agir.

Pour contrer les effets de l’inflation, le gouvernement de la CAQ a jusqu’ici opté pour des mesures d’aide ponctuelle. Ce printemps, les Québécois qui gagnent moins de 100 000 $ se sont vu verser 500 $, à même leur remboursement d’impôt. François Legault promet déjà un deuxième montant « en novembre, décembre », s’il est reporté au pouvoir.

Dans sa plateforme déposée samedi, le Parti libéral s’engage à créer une « Allocation aînés » de 2000 $ pour les Québécois de plus de 70 ans qui restent à domicile, à abolir temporairement la perception de la TVQ sur les factures d’électricité et à éliminer les droits de mutation immobilière (« taxe de bienvenue ») pour l’achat d’une première propriété, notamment. Au plafonnement des tarifs d’hydroélectricité proposé par la CAQ, le PLQ a préféré un gel.

Depuis le début du mandat de quatre ans de la CAQ, le ministre des Finances, Eric Girard, s’est toujours montré réticent à réduire l’impôt sur le revenu des Québécois. À son entrée au pouvoir, il affirmait plutôt vouloir atteindre les objectifs étatiques de réduction de la dette.

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