Un plan de 50 millions pour lutter contre la maltraitance des aînés

«Il reste encore beaucoup de chemin à parcourir afin que la population soit plus vigilante», concernant la maltraitance envers les personnes aînées, a déclaré Marguerite Blais en conférence de presse.
Photo: Jacques Boissinot La Presse canadienne «Il reste encore beaucoup de chemin à parcourir afin que la population soit plus vigilante», concernant la maltraitance envers les personnes aînées, a déclaré Marguerite Blais en conférence de presse.

Un nouveau Plan d’action pour contrer la maltraitance envers les personnes aînées entraînera un investissement de 50 millions de dollars jusqu’en 2027, a annoncé dimanche la ministre responsable des Aînés et des Proches aidants, Marguerite Blais.

« Il reste encore beaucoup de chemin à parcourir afin que la population soit plus vigilante », concernant la maltraitance envers les personnes aînées, a déclaré la ministre en conférence de presse. Le plan comprend 56 mesures, dont 31 sont inédites.

La plus grande part du budget, soit 31 millions de dollars, est accordée à l’amélioration de la gestion des situations de maltraitance. Cela comprend la mise en place d’un « soutien de proximité » pour le personnel des CHSLD ainsi que l’implantation d’un centre d’aide spécialisé. Le plan prévoit également l’uniformisation des pratiques du Directeur des poursuites criminelles et pénales en matière de maltraitance envers les personnes aînées, ainsi que le financement de projets de « bientraitance », notamment par le financement des organismes communautaires. Des « activités de sensibilisation grand public » sont aussi prévues.

Dans chaque CHSLD du Québec, la formation d’un « champion » est notamment prévue. Selon Mme Blais, cette personne sera « formée de manière intensive » afin de pouvoir diriger ses collègues vers les « bons intervenants » quand surviendra une situation de maltraitance.

Je suis convaincue que le Québec est un leader dans la lutte contre la maltraitance des personnes aînées

Ce sont 12 ministères et organismes qui seront chargés d’appliquer ce plan d’action, le troisième en la matière depuis 2010. Il est annoncé quelques mois après la mise en vigueur de la Loi visant à lutter contre la maltraitance envers les personnes aînées et toute autre personne majeure en situation de vulnérabilité, adoptée le 6 avril dernier.

Un mandat qui s’achève

Il s’agissait de l’une des dernières annonces de Marguerite Blais à titre de ministre responsable des Aînés et des Proches aidants, elle qui a annoncé qu’elle quitterait la vie politique à l’automne. Dans la tourmente en raison de l’hécatombe survenue dans les CHSLD au début de la pandémie, elle a néanmoins conclu son mandat en faisant l’objet de conclusions favorables de la part de la coroner Géhane Kamel. Celle-ci, qui a enquêté sur les décès en CHSLD au printemps 2020, a qualifié le témoignage de Mme Blais du « plus crédible » parmi ceux des plus de 200 témoins interrogés dans le cadre de son enquête.

« Je suis convaincue que le Québec est un leader dans la lutte contre la maltraitance des personnes aînées », a déclaré la ministre Blais, solennelle. Lorsqu’elle s’est fait demander quel serait le plus grand défi du prochain ministre responsable des Aînés et des Proches aidants, elle a rapidement cité le maintien à domicile, mais elle entrevoit ce dossier avec optimisme « si on est capables de s’organiser pour les logements, […] si on donne les moyens aux municipalités de garder les gens actifs dans leur milieu ».

« Relever le défi du maintien à domicile, ce n’est pas uniquement les soins de santé, c’est aussi tout ce qu’on a fait avec les municipalités […] », a-t-elle ajouté, vantant les mérites du programme Québec ami des aînés. Ce programme soutient financièrement des initiatives pour adapter les milieux de vie aux réalités des personnes aînées, et « presque la totalité » des municipalités y ont adhéré, selon la ministre.

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