Les vols régionaux au rabais entrent en vigueur ce mercredi

Le programme détaillé par le ministre François Bonnardel comporte deux volets: un destiné aux résidents des régions éloignées et un autre pour le grand public.
Mathieu Belanger La Presse canadienne Le programme détaillé par le ministre François Bonnardel comporte deux volets: un destiné aux résidents des régions éloignées et un autre pour le grand public.

Pour la première fois à compter de ce mercredi, l’avion coûtera moins cher pour aller aux Îles-de-la-Madeleine ou en Abitibi qu’en Europe. Mais il faudra que le déplacement entre dans une série de critères.

« Aujourd’hui, on met au monde un programme qui est unique, qui est inédit et qui va assurer la pérennité du transport aérien pour les prochaines années », a déclaré mardi le ministre des Transports, François Bonnardel, en dévoilant les détails du Programme d’accès aérien aux régions.

« C’est une première au Canada ce qu’on fait aujourd’hui. C’est inédit, c’est du jamais vu », s’est enthousiasmé le ministre.

Le programme, qui est doté d’une enveloppe de 86 millions de dollars pour les deux prochaines années, permettra, espère-t-il, d’atteindre plusieurs objectifs.

« Pour nous, ce qui était important, c’était de permettre aux gens […] de se dire : pour une première fois au Québec, je peux voyager à un prix raisonnable sur des destinations que l’on connaît ou que les gens vont connaître et qu’ils ne connaissent peut-être pas. C’est un pas important pour l’industrie touristique, c’est un pas important pour l’industrie aérienne régionale et c’est un pas important aussi pour l’ensemble du Québec », a dit le ministre Bonnardel.

Volet grand public et volet résidents

 

« Venant d’un petit village de la Basse-Côte-Nord, je comprends le défi auquel les Québécois sont confrontés lorsqu’ils doivent se déplacer », a déclaré à ses côtés le président de Pascan, Juilan Roberts, dont la compagnie aérienne est au nombre des partenaires du programme.

Le programme comporte deux volets : un destiné aux résidents des régions éloignées — Abitibi-Témiscamingue, Côte-Nord et Basse-Côte-Nord, Bas-Saint-Laurent, Gaspésie, Îles-de-la-Madeleine, Saguenay–Lac-Saint-Jean, Eeyou Istchee Baie-James et Whapmagoostui —, et un autre pour le grand public.

Les résidents de ces régions auront ainsi droit à un remboursement de 30 % à 60 % du prix du billet et ne seront soumis à aucun montant maximal de remboursement. Pour le grand public, le prix des billets sera de 500 $ pour un aller-retour ou 250 $ pour un aller simple et chaque personne aura droit à six allers simples ou trois allers-retours.

Et il n’y aura pas de mauvaises surprises au moment de payer, assure François Bonnardel. « Le prix maximal de 500 $ inclut les frais aéroportuaires et de sûreté, ainsi que les taxes. »

Restrictions

 

Une restriction importante s’applique : le rabais n’est offert que pour les déplacements effectués pour des raisons personnelles et les billets remboursés par un employeur, un organisme, un centre de santé ou une municipalité, par exemple, ne sont pas admissibles non plus.

Dans le cas du rabais grand public, celui-ci ne s’applique qu’aux départs ou arrivées aux aéroports de Montréal, Québec et Saint-Hubert. Contrairement au premier volet, qui implique une demande de remboursement, les billets grand public à 500 $ seront disponibles à l’achat auprès des transporteurs participants.

Jusqu’ici, six transporteurs ont conclu des ententes avec Québec, soit Air Canada, Air Creebec, Air Inuit, Air Liaison, PAL Airlines et Pascan.

Retour timide des voyageurs

 

Quelque 98 800 billets seront disponibles pour un peu plus d’une vingtaine de destinations, mais il est peu probable qu’ils trouvent tous preneur à moins d’une reprise et d’un engouement imprévus. De l’aveu même du ministère des Transports, le nombre de billets disponibles est d’environ 50 % plus élevé que la demande anticipée.

« Honnêtement, ce sera un franc succès si on réussit — et je le souhaite — à vendre ces 98 000 billets sur une année complète. Si c’est le cas et si les transporteurs nous demandent des billets additionnels, on aura le loisir de retourner travailler avec nos équipes du ministère pour bonifier ces billets s’il le faut », a dit le ministre, précisant qu’il y a quelque 500 000 passagers qui utilisent ces liaisons aériennes régionales annuellement, dont environ le tiers le font à des fins personnelles.

« On croit vraiment que ce nouveau programme va ramener du monde sur les vols, parce qu’on le sait, ç’a été difficile les deux dernières années et on espère que ce nouveau programme va ramener ces gens-là », a déclaré de son côté le directeur financier d’Air Creebec, Sylvain Dicaire, qui participait également à la conférence de presse.

M. Dicaire espère voir des résultats tangibles à court terme, car même s’il constate un retour des voyageurs, celui-ci est encore plutôt timide. « Ce n’est même pas proche de ce que c’était avant la pandémie. On commence à voir un petit peu de mouvement. La pandémie commence à s’estomper beaucoup, mais on est loin de ce qu’on avait comme taux de remplissage », a-t-il confié.

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