Il faut «laisser tomber la poussière», estime le ministre Lafrenière

Le ministre responsable des Affaires autochtones, Ian Lafrenière, s’est dit prêt à travailler avec le Conseil mohawk de Kahnawake pour trouver des solutions, dans la foulée de l’adoption du projet de loi 96. 
Photo: Jacques Boissinot La Presse canadienne Le ministre responsable des Affaires autochtones, Ian Lafrenière, s’est dit prêt à travailler avec le Conseil mohawk de Kahnawake pour trouver des solutions, dans la foulée de l’adoption du projet de loi 96. 

Le ministre responsable des Affaires autochtones, Ian Lafrenière, estime qu’il faut « laisser tomber la poussière » avant de relancer le Conseil mohawk de Kahnawake (CMK), qui a décidé mercredi de « mettre sur pause » ses relations avec Québec, dans la foulée de l’adoption du projet de loi 96.

« La main tendue est là et les gens le savent, a soutenu M. Lafrenière, en entrevue avec Le Devoir. Je comprends que présentement, il y a une réaction. »

L’élu a admis que les « impacts sont réels » et s’est dit prêt à travailler avec la communauté pour trouver des solutions. La protection de la langue française ne se fera pas « au détriment des Premières Nations et des langues autochtones », a assuré Ian Lafrenière.

Mercredi, le CMK s’est dit « indigné » par l’adoption de la réforme caquiste de la Charte de la langue française, la « loi 96 ». « Le CMK a clairement fait savoir au Québec que la législation aurait certaines répercussions sur notre communauté, notre nation et nos institutions », peut-on lire dans le communiqué.

« Les actions du Québec pour aller de l’avant avec l’adoption de ce projet de loi, malgré nos préoccupations notées, ont mis nos relations dans un état extrêmement tendu et nous ont forcés à considérer si les discussions jusqu’à présent étaient de bonne foi », a affirmé la grande cheffe mohawk Kahsennenhawe Sky-Deer.

Le CMK entend donc « lutter contre l’imposition de cette loi de toutes les manières que [la] communauté jugera nécessaires ».

De son côté, l’Assemblée des Premières Nations Québec-Labrador a qualifié l’adoption du projet de loi de « grand pas en arrière ». « [Cela] remet à un avenir incertain la réconciliation avec les Premières Nations », a soutenu le chef Ghislain Picard.

Pas de « solution mur à mur »

Selon le ministre Lafrenière, les perceptions de la loi 96 varient d’une communauté à l’autre. Il y a donc « un grand danger d’arriver avec une solution mur à mur », a dit le ministre.

Afin de trouver des « solutions terrain », il sera nécessaire de faire preuve de « beaucoup d’écoute », a souligné Ian Lafrenière.

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