Landry aussi craque pour «Sarko»

Paris — La fascination qu'exerce le politicien français Nicolas Sarkozy sur certains de ses interlocuteurs a apparemment opéré sur Bernard Landry.

En visite à Paris, le chef péquiste a rencontré pour la première fois cette semaine le président de l'Union pour un mouvement populaire, candidat déclaré à l'élection présidentielle française de 2007.

Dressant le bilan de cette rencontre, M. Landry a reconnu avoir été «séduit» par «Sarko».

«C'est un personnage qui est effectivement fascinant, a-t-il expliqué. C'est passionnant de l'entendre et de voir son dynamisme. C'est un gars extrêmement dynamique.»

À Bernard Landry, Nicolas Sarkozy a «dit et redit son grand attachement envers le Québec». Lui et sa compagne Cécilia y passeront d'ailleurs leurs vacances de Noël. Le couple est attendu à Montréal aujourd'hui.

Pendant cette visite privée, les Sarkozy se rendront notamment au domaine du président du comité exécutif de Power Corporation, Paul Desmarais, dans la région de Charlevoix.

«Il a des amis qui ne pensent pas exactement comme nous, a reconnu le chef péquiste. Mais ils lui ont présenté les choses d'une façon relativement objective. Il n'y a rien de négatif de son côté, d'autant qu'il fait partie d'une grande tendance [le gaullisme] qui a une histoire par rapport au Québec.»

Pendant leur entretien de 45 minutes, les deux hommes ont surtout discuté de l'Europe et de son élargissement. Sur ce dossier, comme sur bien d'autres, Nicolas Sarkozy s'oppose ouvertement au président Chirac, bien qu'ils soient tous les deux du même parti.

Le chef de l'État français est en faveur de l'adhésion de la Turquie à l'Union; Sarkozy ne veut pas aller plus loin qu'un «partenariat privilégié».

«Il fait ça au nom de la discussion et des idées, a expliqué Bernard Landry. C'est séduisant parce que, au Québec, on fait la même chose. On n'a pas peur des discussions vives et que certains disent blanc et d'autres, noir. Ça m'a séduit.»

Pendant son séjour à Paris, M. Landry a également rencontré pour la première fois le numéro un du Parti socialiste, François Hollande, pour une «conversation entre gens de l'opposition» qualifiée de «très fructueuse».

Hier, il a discuté pendant une heure de diversité culturelle avec le secrétaire général de la Francophonie, Abdou Diouf.

«M. Diouf est déterminé à se battre pour que la convention de l'UNESCO sur la diversité culturelle soit contraignante. Il partage le point de vue du Québec et est déterminé à se battre pour convaincre les pays qui hésitent.»