Le débat sur l'énergie peut attendre, dit Charest

Le premier ministre Jean Charest est prêt à reporter le début du débat sur l'énergie de plus d'un mois afin de permettre aux groupes et organismes de mieux contribuer à l'élaboration d'une politique nationale de l'énergie.

Au cours des derniers jours, une vingtaine de groupes environnementaux ont réclamé un délai d'un mois afin de pouvoir préparer et déposer leurs mémoires à la commission parlementaire qui doit se saisir du dossier de la future politique de l'énergie. Une demande similaire aurait aussi été acheminée à Québec par divers organismes du secteur municipal qui entendent jouer un rôle dans le domaine de l'énergie au cours des prochaines années.

Le premier ministre a en effet déclaré hier sur les ondes de la radio de Radio-Canada: «Pourquoi est-ce qu'on se chicane sur des affaires de délais? Je n'ai pas de problème à ce qu'ils prennent plus de temps. Bien, qu'ils fixent ça à deux, trois semaines, ou bien un mois ou plus, ça ne me dérange pas. Ces groupes-là auront l'occasion de se faire entendre, peu importe ce que les règles des commissions parlementaires disent.»

Au même moment où le premier ministre faisait cette déclaration, son ministre des Ressources naturelles, de la Faune et des Parcs, Sam Hamad, acceptait de donner tout au plus un sursis d'une semaine pour la présentation des mémoires, différant ainsi la date butoir du 4 au 11 janvier. Plusieurs observateurs voyaient dans cette contradiction entre l'attitude de souplesse du premier ministre et celle de son ministre des Ressources naturelles un autre accrochage qui pourrait influencer le sort de M. Hamad lors du prochain remaniement.

L'intransigeance affichée par le ministre Hamad allait de pair avec celle de l'industrie électrique du Québec qui, par communiqué public, disait «s'insurger contre l'obstruction systématique des groupes écologistes dans le dossier énergétique». Pour le président de ce lobby industriel, Gaëtan Thibault, Québec n'a pas à «céder à nouveau au chantage» présumé des écologistes.

De son côté, l'opposition péquiste a fait savoir hier que le ministre Hamad n'a aucun motif pour refuser un report des échéances car les députés du Parti québécois y consentiront sur un simple coup de fil de sa part. Pour la porte-parole de l'opposition en matière d'énergie, Rita Dionne-Marsolais, «si le ministre Hamad n'avait pas autant tardé cet automne à rendre public son document de consultation, les groupes intéressés à participer à la commission parlementaire ne seraient sans doute pas obligés de travailler à la rédaction d'un mémoire pendant le temps des Fêtes».