Québec envisage de renommer l’autoroute 50 en l’honneur de Guy Lafleur

La proposition de renommer l’autoroute 50 en l’honneur de Guy Lafleur sera « regardée », a annoncé vendredi François Legault lors d’une conférence de presse.  « On est ouverts à poser un geste pour bien marquer ce grand héros. »

Le premier ministre en a profité pour saluer la mémoire du célèbre numéro 10 et pour offrir ses condoléances à la famille et aux proches. « Il a donné beaucoup au peuple québécois. […] Il a réussi à nous faire rêver, mais aussi à nous faire gagner. Gagner des matchs, gagner des coupes Stanley », a-t-il énuméré devant un chandail des Canadiens que lui a personnellement dédicacé Guy Lafleur il y a un an.

Le premier ministre a par ailleurs confirmé être « en discussion avec la famille pour organiser des funérailles nationales », estimant que « c’est tout un peuple qui est en deuil ».

Se remémorant certains exploits du Démon blond auxquels il a assisté en compagnie de son père, François Legault s’est enthousiasmé : « C’était comme de voir un artiste jouer au hockey ! »

La demande que l’autoroute de l’Outaouais soit rebaptisée en son honneur provient notamment du ministre responsable de la région, Mathieu Lacombe, et de Benoit Lauzon, maire de la ville natale du hockeyeur, Thurso. Interrogé sur l’éventualité que son gouvernement renomme d’autres infrastructures pour saluer Guy Lafleur, M. Legault a assuré avoir « demandé aux gens qui sont responsables de ça au gouvernement du Québec de regarder » et avoir formulé la même demande afin d’honorer la mémoire de Mike Bossy. Cet autre hockeyeur québécois légendaire est décédé exactement une semaine plus tôt, également d’un cancer du poumon.

François Legault a également annoncé qu’un registre de condoléances serait mis en place sur le site du gouvernement. Chaque citoyen qui le désire pourra y inscrire un mot, qui sera ensuite envoyé à la famille de celui qu’il considère comme « le plus grand joueur de l’histoire de la Ligue nationale ».

Un brin philosophe, François Legault a soutenu que le décès du hockeyeur lui faisait prendre conscience que « la vie passe très vite, aussi vite qu’une montée de Guy Lafleur ».

Le sportif était « l’idole d’un peuple », dont le souvenir restera gravé dans la mémoire collective, avait déclaré plus tôt le premier ministre sur Twitter. « On a tous en tête l’image du Démon blond qui fait ce qu’il veut sur la patinoire, avec sa crinière de cheveux dans le vent, a-t-il écrit. Voir un Québécois qui dominait la LNH [Ligue nationale de hockey] avec autant de panache, voir un des nôtres briller avec autant de succès, c’était une source immense de fierté. »

D’Ottawa, le premier ministre du Canada, Justin Trudeau, a rappelé que durant les années 1970 et 1980, M. Lafleur a remporté cinq championnats de la Coupe Stanley avec les Canadiens de Montréal.

« Mes pensées accompagnent tous ceux qui pleurent cette perte immense au Québec, à travers le Canada et dans le monde entier, a déclaré M. Trudeau dans un communiqué. Tu vas nous manquer, numéro 10. »

Un monument

 

La cheffe du Parti libéral du Québec, Dominique Anglade, a également rendu hommage au célèbre joueur, qui a porté l’uniforme des Rangers de New York et des Nordiques de Québec après ses années avec le Tricolore. « Nous perdons un véritable monument, a-t-elle écrit sur les réseaux sociaux. Guy Lafleur, le Démon blond, est le joueur de hockey qui aura marqué mon enfance et celle de toute une génération. Son héritage restera gravé à jamais dans le cœur des Québécois. Mes pensées à la famille. »

Le chef du Parti québécois, Paul St-Pierre Plamondon, a souligné le lien émotif des Québécois avec un joueur de hockey qui accumulait les succès tout en demeurant accessible.

 

« Les Québécois ont beaucoup d’admiration pour ceux qui gagnent, parce que gagner au Québec, ça n’a jamais été simple, vu notre histoire dans le Canada », a-t-il dit en entrevue. Selon le chef péquiste, M. Lafleur s’est inscrit dans la continuité de ce que Maurice Richard a pu représenter comme symbole sportif, malgré un contexte politique différent de celui des années 1950, marquées notamment par l’émeute du Forum après la suspension du numéro 9.

« C’est important de rappeler qu’un peuple, une nation a des héros dans ce qui la passionne, et le hockey passionne les Québécois, a-t-il dit. Dans ceux qui ont le plus fait vibrer le Québec, Guy Lafleur arrive vraiment en tête de liste. »

Le chef parlementaire de Québec solidaire, Gabriel Nadeau-Dubois, a également souligné le décès de M. Lafleur. « Les grands joueurs marquent leur sport, a-t-il écrit sur les réseaux sociaux. Les idoles marquent les peuples. Le Québec avait Guy Lafleur tatoué sur le cœur. »



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