«Très confiante» à Montréal, Dominique Anglade a les régions dans le viseur

Interrogé sur l’arrivée d’un nouveau joueur en Mouvement Québec, Dominique Anglade ne s’est pas inquiété outre mesure.
Jacques Boissinot La Presse canadienne Interrogé sur l’arrivée d’un nouveau joueur en Mouvement Québec, Dominique Anglade ne s’est pas inquiété outre mesure.

« Très confiante » de conserver ses acquis sur l’île de Montréal, la cheffe libérale, Dominique Anglade, concentre ses efforts dans les régions, où elle se croit capable de récupérer des sièges perdus en 2018.

La bataille pour les régions du Québec se met en branle à quelques mois du lancement de la campagne électorale. Plus tôt cette semaine, le gouvernement de la Coalition avenir Québec (CAQ) annonçait son plan de transport aérien régional, en plus de faire une poignée d’annonces économiques en Gaspésie. Jeudi, c’était au tour du Parti libéral du Québec (PLQ) de présenter sa vision de la revitalisation régionale : la charte des régions.

Le document, qui tient sur une vingtaine de pages, mise sur « moins de paternalisme » et « plus de régionalisme ». Il propose notamment d’installer un sous-ministre régional dans chaque région du Québec. Il suggère également de réviser complètement le pacte fiscal du Québec avec les municipalités, de conclure des ententes en immigration avec chaque région et d’instaurer un crédit d’impôt pour attirer les travailleurs hors des grands centres.

Or, pendant que Mme Anglade présentait sa charte à Trois-Rivières, un nouveau défi pointait le bout de son nez dans la métropole. Le parti politique Mouvement Québec, lancé la veille par l’ex-candidat à la mairie de Montréal Balarama Holness, fera tout ce qui est en son pouvoir pour grappiller le vote anglophone et ethnoculturel de l’ouest de l’île. C’est d’ailleurs où il devrait présenter la plupart de ses candidats. « Les Montréalais, ce sont eux qui nous ont demandé de nous lancer. Ils sont inquiets présentement du leadership du PLQ », a lancé M. Holness mercredi devant le parlement, à Québec.

Sur les 28 députés libéraux de l’Assemblée nationale, 19 ont leur bureau de comté à Montréal. La plupart de ces circonscriptions n’ont jamais échappé au contrôle de la formation politique.

Interrogée sur l’arrivée d’un nouveau joueur en Mouvement Québec, jeudi, Dominique Anglade ne s’est pas inquiétée outre mesure. « Je suis très confiante que les gens vont regarder ça et se dire : “Nous, ce qu’on veut, c’est avoir une voix forte à l’Assemblée nationale, et ça passe par le Parti libéral du Québec.” On ne tient rien pour acquis, mais je suis très confiante. »

« Sur l’ensemble du territoire »

L’élue de Saint-Henri–Sainte-Anne a assuré que le recrutement « va bien » et que son parti présentera des candidatures de qualité dans les régions. Après les élections de 2018 et le départ de son chef Philippe Couillard, le PLQ ne comptait qu’une circonscription à l’est de Montréal : celle de Jean-Talon, à Québec. Elle est depuis passée aux mains de la CAQ.

« Le Parti libéral, c’est un parti qui veut représenter l’ensemble des Québécois. Ça m’apparaît évident qu’il faut qu’on soit sur l’ensemble du territoire », a lancé Mme Anglade. Elle a toutefois convenu que la pandémie a pu ralentir certaines activités de terrain.

Selon un sondage Léger publié dans Le Journal de Québec jeudi matin, le PLQ récolte 11 % du vote francophone au Québec. Il pointe au deuxième rang, loin derrière la CAQ, lorsqu’on tient compte de l’ensemble des intentions de vote.

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