Le ministre Boulet anticipe un salaire minimum à 15$ l’an prochain, voire plus

Selon le ministre Boulet, la hausse de 5,6% du salaire en mai tient compte du coût de la vie de l’année dernière, et une augmentation au moins équivalente serait à prévoir en mai 2023.
Photo: Renaud Philippe Le Devoir Selon le ministre Boulet, la hausse de 5,6% du salaire en mai tient compte du coût de la vie de l’année dernière, et une augmentation au moins équivalente serait à prévoir en mai 2023.

Le ministre du Travail et de l’Emploi, Jean Boulet, s’attend à ce que l’inflation au Québec fasse grimper le taux horaire minimum à 15 $ ou plus l’an prochain.

M. Boulet estime que la rémunération moyenne, qui sert à établir le salaire minimum, devrait contribuer à cette progression, en 2023. « Si le salaire horaire moyen monte comme c’est anticipé, on va atteindre le 15 $, vraisemblablement, a-t-il dit en point de presse. C’est difficile, mais on est enclins à aller vers ça, et peut-être au-delà. »

En janvier, M. Boulet a annoncé que le taux horaire du salaire minimum passerait en mai à 14,25 $, une hausse de 0,75 $ l’heure. Jeudi, M. Boulet a souligné que cette hausse de 5,6 % tenait compte du coût de la vie de l’année dernière.

Il s’est félicité que cela porte le salaire minimum à 50 % du taux horaire moyen au Québec, tout en admettant que « ce n’est pas l’idéal » pour certaines entreprises ou certains groupes communautaires qui doivent encaisser cette progression.

« Il y a un équilibre entre l’accroissement du pouvoir d’achat des salariés à faible revenu et la capacité des PME, qui ont été affectées par la pandémie », a toutefois soulevé le ministre.

M. Boulet s’attend à une augmentation en mai 2023 au moins équivalente à celle de cette année, qui ferait franchir au salaire minimum la barre des 15 $. « J’ai l’impression que le salaire horaire moyen va connaître une augmentation importante, a-t-il dit. Si ça dépasse 30 $, on irait à 15 $ et peut-être au-delà, je ne suis pas fermé. »

Maintien du pouvoir d’achat

M. Boulet a bon espoir que la prochaine hausse permettra aux salariés de conserver leur pouvoir d’achat malgré l’importante inflation attendue au cours des prochains mois en raison notamment de la pandémie et de l’invasion de l’Ukraine. « À ce jour, pendant les quatre ans où on a été au pouvoir et où j’ai contribué à l’augmentation du salaire minimum, c’est allé au-delà de l’inflation et ça a contribué à augmenter le pouvoir d’achat des salariés à faible revenu. »

La prochaine hausse, qui fera passer le taux général du salaire minimum de 13,50 $ à 14,25 $, en mai, devrait bénéficier à 301 100 personnes au Québec.

En janvier, le gouvernement estimait que cette augmentation ferait progresser de 2,96 points de pourcentage le pouvoir d’achat des salariés visés.

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