La COVID-19 complique les travaux parlementaires à Québec

Huit élus, dont le premier ministre, étaient forcés de s’absenter des couloirs du parlement mardi.
Photo: Jacques Boissinot La Presse canadienne Huit élus, dont le premier ministre, étaient forcés de s’absenter des couloirs du parlement mardi.

La flambée des cas de COVID-19 qui touche le Québec a fait une percée à l’Assemblée nationale, où une commission parlementaire a été annulée en début de semaine. En date de mardi, huit élus, dont le premier ministre, étaient forcés de s’absenter des couloirs du parlement.

En comptant François Legault, six députés de la Coalition avenir Québec (CAQ) effectuent actuellement une période d’isolement. Tant le premier ministre que le ministre des Transports, François Bonnardel, et les députés Sébastien Schneeberger, Stéphanie Lachance et Lise Lavallée ont reçu des résultats de test positifs dans les derniers jours. Une autre ministre est forcée de s’isoler de manière préventive.

Cela a eu pour conséquence de reporter l’analyse détaillée du projet de loi nº 22 « modifiant la Loi sur l’assurance automobile », qui devait se poursuivre en cours de semaine. C’est François Bonnardel qui a déposé la mesure législative. « Le ministre doit être présent pour les commissions », a laissé tomber son attachée de presse, Claudia Loupret, mardi matin.

Pour le moment, seule cette commission a été reportée, a précisé l’attachée de presse du leader du gouvernement, Élisabeth Gosselin. En matinée, l’étude des projets de loi sur le protecteur de l’élève et sur l’abandon des hydrocarbures se poursuivait comme prévu.

La CAQ n’est pas seule à avoir vu la COVID-19 s’infiltrer dans son caucus. Selon un tour de roue effectué par Le Devoir mardi auprès de tous les groupes parlementaires, deux autres députées manqueront les prochains jours de travaux pour cause de tests positifs : il s’agit de la libérale Christine St-Pierre et de la solidaire Émilise Lessard-Therrien.

« Je me sens bien et je vais suivre les consignes sanitaires à la lettre », a écrit la première sur Twitter au moment d’obtenir son résultat. « Je comprends que ce sont des symptômes légers », a indiqué mardi matin l’attachée de presse responsable des travaux de la Chambre au Parti libéral, Alexandra Régis.

Quant à Mme Lessard-Therrien, « elle va refaire des tests rapides régulièrement et on espère qu’elle pourra être de retour le plus vite possible », a indiqué Québec solidaire (QS).

Le Parti québécois ne comptabilise pour le moment aucune absence liée à la COVID-19. Depuis la mi-mars, la moyenne mobile de cas de COVID a doublé, selon les données de l’Institut national de santé publique du Québec.

Retour en présence

 

Depuis le retour en Chambre, le 15 mars, le Salon bleu peut siéger au maximum de sa capacité, soit 125 députés, avec le feu vert de la Santé publique. Les parlementaires ont l’obligation de porter un masque en tout temps, sauf quand ils s’expriment. Les travaux des commissions ont également repris de manière normale.

Les élus de l’Assemblée nationale ont prévu neuf semaines à leur calendrier avant l’ajournement des travaux. Lorsqu’ils quitteront l’enceinte en juin, ils le feront pour une dernière fois avant les élections.

Le gouvernement a inscrit une vingtaine de projets de loi au feuilleton cette session. Et rien ne l’empêche d’en déposer d’autres. Le porte-parole de QS en matière de santé, Vincent Marissal, craint un embouteillage.

En santé, « ce n’est pas moi qui ai bouché le tuyau. Ils ont mis tellement de projets de loi en même temps qu’ils ont bloqué l’entonnoir, a-t-il dit en mêlée de presse au parlement. Pourquoi, après trois ans et demi de pouvoir, ils arrivent avec une kyrielle de projets de loi et de réformes ? »

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