La hausse des droits de scolarité est révisée

Depuis 2013, le Québec s’appuie sur des indices économiques liés à l’inflation pour fixer la hausse annuelle des frais de scolarité.
Photo: Alice Chice Archives Le Devoir Depuis 2013, le Québec s’appuie sur des indices économiques liés à l’inflation pour fixer la hausse annuelle des frais de scolarité.

Les étudiants du Québec ne connaîtront qu’une hausse de 2,6 % de leurs frais d’études en 2022-2023, en raison d’un ajustement « exceptionnel » proposé par la ministre de l’Enseignement supérieur, Danielle McCann.

L’élue caquiste a confirmé la nouvelle quelques minutes après le dépôt du quatrième budget d’Eric Girard. Le ministre des Finances avait indiqué plus tôt en journée que la hausse du coût de la vie n’affecterait pas substantiellement les droits de scolarité de l’année à venir. « Je peux vous dire aujourd’hui que ce ne sera pas des indexations hors de l’ordinaire », avait-il dit avant la levée du huis clos budgétaire à Québec.

L’indexation « exceptionnelle » des droits de scolarité proposée par la ministre McCann vise à éviter que le calcul habituel, basé sur le revenu disponible des ménages, ne mène à une hausse trop importante des coûts imposés aux étudiants. L’élue n’a pas le pouvoir exécutif d’adopter le taux d’indexation annuel, mais son adoption par le Comité consultatif sur l’accessibilité financière aux études n’est qu’une formalité.

Avec les ajustements de mardi, « les droits de scolarité de base seraient […] de 93,23 $ par crédit, soit l’équivalent de 2796,90 $ pour un étudiant à temps plein inscrit à 30 crédits ».

Le ministre des Finances, Eric Girard, a déposé mardi son quatrième exercice budgétaire au moment même où des milliers d’étudiants faisaient la grève pour remettre la gratuité scolaire à l’avant-plan, une décennie jour pour jour après la grande manifestation antihausse du 22 mars 2012 à Montréal. Dans son plan budgétaire, l’élu caquiste ouvre les vannes du ministère de l’Enseignement supérieur, qui profite dans le budget de mardi d’une hausse de ses dépenses de 13 %.

« L’accessibilité aux études supérieures, c’est extrêmement important. Et dans ce sens, je comprends leurs demandes », a signifié mardi M. Girard, lorsqu’il a été interrogé sur les demandes renouvelées des héritiers du printemps étudiant. « Les bourses viennent presque compenser les frais de scolarité », a-t-il dit.

Le gouvernement Legault a inscrit 1,2 milliard pour les cégeps et universités dans le budget qu’il a déposé mardi. Ces sommes serviront notamment à élargir l’accès à l’aide financière aux études. Le quatrième budget Girard prévoit 342 millions de dollars afin, notamment, de rehausser l’offre de prêts et bourses à des familles un peu mieux nanties. Québec s’engage aussi à rembourser les intérêts des prêts étudiants de l’année à venir.

Le modèle de gratuité réclamé par les associations étudiantes est « difficilement viable » au Québec, a commenté mardi le ministre des Finances. « Si on veut avoir des universités performantes, elles ont besoin de financement. Les étudiants ont une part à assumer là-dedans », a-t-il affirmé.

De tous les ministères, c’est celui de l’Enseignement supérieur qui voit ses dépenses de portefeuille grimper le plus vite cette année par rapport à l’exercice précédent. Dans les cinq prochaines années, il pourra compter sur des fonds de 634 millions de dollars pour améliorer le taux de diplomation des étudiants québécois.



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