Québec déniche un milliard en sommes imprévues pour son virage vert

Au total, le «Plan pour une économie verte» (PEV) devrait s’appuyer sur des sommes de 7,6 milliards de dollars sur cinq ans.
Jacques Boissinot Archives La Presse canadienne Au total, le «Plan pour une économie verte» (PEV) devrait s’appuyer sur des sommes de 7,6 milliards de dollars sur cinq ans.

Québec profitera de recettes tirées du marché du carbone pour mettre de l’engrais sur son plan de lutte contre les changements climatiques, qui profitera d’un milliard de dollars de plus que prévu dans les cinq prochaines années.

Au cours des prochaines semaines, le ministre de l’Environnement, Benoit Charette, présentera une mise à jour de son plan de lutte contre le dérèglement climatique, lequel s’appuiera sur une enveloppe de 993 millions de dollars de plus que celui qu’il avait présenté à l’automne 2020. Le ministre des Finances, Eric Girard, a inscrit dans son budget de mardi de nouveaux gains financiers qui ont permis de bonifier le « fonds vert » — désormais nommé Fonds d’électrification et de changements climatiques.

Au total, le Plan pour une économie verte (PEV) devrait donc s’appuyer sur des sommes de 7,6 milliards de dollars sur cinq ans.

« Une note de bas de page »

Hormis l’exercice « vert » du budget de 2020, lequel prévoyait des sommes de plus de 6 milliards en environnement, le gouvernement Legault a fait chou blanc sur le plan environnemental, a soutenu mardi le porte-parole libéral en matière de finances, Carlos Leitão. « C’est le même plan qu’en 2019, et tout va être annoncé plus tard », s’est-il insurgé.

« La lutte contre les changements climatiques, c’est une note de bas de page pour la CAQ », a renchéri la co-porte-parole de Québec solidaire, Manon Massé, lors du huis clos qui a précédé le dévoilement du plan budgétaire. L’environnement est « encore absent » de l’horizon politique caquiste, a poursuivi le chef du Parti québécois, Paul St-Pierre Plamondon.

Sans donner le détail de chacune des mesures envisagées, le budget déposé mardi à Québec prolonge notamment la durée d’application du programme de subvention à l’achat de véhicules écoénergétiques, Roulez vert. Il réduit cependant la valeur des subventions accordées pour acheter des voitures neuves électriques et hybrides.

« On est cohérents, a souligné mardi le ministre Girard, quelques heures avant de déposer son budget à l’Assemblée nationale. La subvention est [calculée en] fonction du différentiel de prix entre les voitures électriques et à essence. »

Environ 53 000 personnes ont fait appel au programme Roulez vert au cours des deux dernières années. En 2030, le gouvernement de François Legault souhaite voir rouler 1,5 million de voitures électriques sur les routes du Québec.

Toujours plus pour les routes

 

Près de la moitié du budget du prochain plan de mise en œuvre du PEV servira à financer la transition du secteur des transports. Dans son plan d’infrastructures, Québec prévoit d’ailleurs deux milliards de plus pour son réseau routier dans les dix prochaines années, alors qu’il met de côté 500 millions afin de développer son réseau de transport collectif.

Une nouvelle fois, le Plan québécois des infrastructures comprend donc des investissements dans une proportion de 30 %-70 % pour le transport collectif et les routes. Lors des élections de 2018, la Coalition avenir Québec avait pris l’engagement de se rapprocher du « moitié-moitié ».

« Il ne faut pas oublier que, dans la section du réseau routier, il y a 6,8 milliards de dollars pour les voies réservées. Et ces voies réservées servent à quoi ? Au transport collectif », a affirmé mardi la présidente du Conseil du trésor, Sonia LeBel, lorsqu’elle a été interrogée à ce sujet.

« On est, je pense, à l’équilibre », a-t-elle ajouté, en précisant qu’elle incluait les projets de la Caisse de dépôt et placement du Québec dans son calcul.



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