Le député péquiste Sylvain Gaudreault ne briguera pas de sixième mandat

Le député Sylvain Gaudreault a remporté toutes ses courses au sein du Parti québécois, sauf celle à la chefferie, en 2020.
Photo: Paul Chiasson La Presse canadienne Le député Sylvain Gaudreault a remporté toutes ses courses au sein du Parti québécois, sauf celle à la chefferie, en 2020.

Sylvain Gaudreault avait « le sentiment d’avoir fait le tour ». Mardi, le député de Jonquière et ex-candidat à la chefferie du Parti québécois (PQ) a confirmé qu’il ne se représenterait pas aux élections générales de l’automne prochain.

« Il est temps pour moi de terminer ce chapitre », a dit l’ex-enseignant, devenu député en 2007, en direct de sa circonscription saguenéenne. Sa fonction, dit-il, lui « pes[ait] de plus en plus ».

« Avant qu’elle ne devienne trop lourde, j’aime mieux céder ma place à quelqu’un d’autre », a-t-il lancé, flanqué d’un drapeau du Saguenay.

M. Gaudreault devient le deuxième élu du caucus péquiste actuel à faire une croix sur les élections de 2022. Lorraine Richard a elle aussi annoncé en janvier qu’elle ne se lancerait pas. Une autre députée d’expérience, Véronique Hivon, n’a pas encore fait connaître sa décision.

En entrevue avec Le Devoir mardi, Sylvain Gaudreault a confié avoir « perdu la petite étincelle » nécessaire à la poursuite de sa carrière politique. À quel moment ? « C’est progressif. C’est sûr que la défaite au leadership m’a beaucoup déçu », a-t-il dit à l’autre bout du fil.

Les électeurs de Jonquière ont fait confiance à l’élu péquiste à cinq reprises. Ministre des Transports et des Affaires municipales au sein du gouvernement de Pauline Marois, de 2012 à 2014, M. Gaudreault a remporté toutes ses courses, sauf celle pour la direction du PQ. En octobre 2020, il terminait deuxième, derrière l’actuel leader de la formation souverainiste, Paul St-Pierre Plamondon.

« Au début, ç’a été plus difficile avec l’arrivée de Paul, mais j’en suis le premier responsable. Dans le sens où j’avais une attitude un peu plus de fermeture », a admis M. Gaudreault mardi.

Quel avenir pour le PQ ?

Malgré sa défaite au troisième tour de ce scrutin interne, l’élu dit s’être rallié à « PSPP ». « Je me suis dit : “Je ne sais pas combien de temps encore je vais être là. Ce n’est pas vrai que je vais ronger mon frein et être malheureux pour les prochains mois” », a-t-il soutenu.

Mardi, M. St-Pierre Plamondon a salué le travail de son adversaire dans la course à la chefferie, qui est devenu par la suite un collègue au Parlement. « Comme député, Sylvain a brillé par son intégrité, son dévouement envers les citoyens de Jonquière et sa lutte de tous les instants pour créer un Québec plus juste, plus vert et, surtout, indépendant », a-t-il affirmé dans un communiqué de presse.

M. Gaudreault convient que le Parti québécois a changé depuis son arrivée sur les banquettes du Salon bleu, il y a de cela quinze ans. Interrogé à ce sujet mardi, il n’a pas pu dire en quoi. « Je suis encore trop collé sur l’arbre », a lancé le porte-parole péquiste en matière d’environnement.

Dans tous les cas, ce n’est pas la performance chancelante du parti dans les sondages qui le pousse à passer à autre chose, a affirmé le député mardi. Il contribuera d’ailleurs à l’écriture de la plateforme péquiste pour 2022. Et l’élection partielle dans Marie-Victorin sera un premier test « très, très, très important », a-t-il dit. « Moi, j’ai confiance », a maintenu M. Gaudreault, qui s’implique au Parti québécois depuis une trentaine d’années et qui considère désormais de retourner à la profession d’enseignant.

Aux dernières nouvelles, trois députés du Parti québécois avaient confirmé leur désir de briguer les suffrages à nouveau en 2022. M. St-Pierre Plamondon se présentera pour sa part dans Bourget, à Montréal.

Après avoir perdu une vingtaine de sièges aux élections de 2018, le PQ a vu deux de ses députés devenir indépendants depuis : l’actuelle mairesse de Longueuil, Catherine Fournier, et l’élu de Bonaventure, Sylvain Roy. Le député de Rimouski, Harold Lebel, fait, lui, face à la justice pour des allégations de violences sexuelles. Il a été exclu du caucus le temps qu’un verdict soit rendu.

À voir en vidéo