Vers un retrait du passeport vaccinal ?

François Legault dit comprendre l’exaspération de nombreux Québécois face aux mesures sanitaires.
Photo: Graham Hughes La Presse canadienne François Legault dit comprendre l’exaspération de nombreux Québécois face aux mesures sanitaires.

Québec envisage certains assouplissements dans l’application du passeport vaccinal, mais avant d’aller de l’avant, le premier ministre François Legault souhaite obtenir l’aval des experts de la Santé publique qu’il rencontrait lundi soir.

« Ce qu’on souhaite, c’est, le plus vite possible, enlever toutes les mesures, mais on doit suivre les recommandations de la Santé publique pour ne pas prendre de risques non calculés concernant la situation dans les hôpitaux », a expliqué le premier ministre, de passage à Longueuil, mardi après-midi, pour y rencontrer la mairesse, Catherine Fournier.

Lundi, les données sur les hospitalisations faisaient état de 2095 patients atteints de la COVID-19 soignés dans les hôpitaux, mais François Legault veut demeurer prudent. « C’est une bonne diminution par rapport au plafond qu’on a atteint de [plus de] 3400 [en janvier dernier], mais c’est encore élevé », a-t-il fait remarquer.

Les membres du gouvernement devaient rencontrer lundi soir les experts de la Santé publique, de l’Institut national de santé publique du Québec et de l’Institut national d’excellence en santé et en services sociaux afin de prendre connaissance des projections concernant l’évolution du nombre de cas de COVID-19 et les données sur les hospitalisations.

Le premier ministre ontarien, Doug Ford, a annoncé lundi matin l’intention de son gouvernement de lever les restrictions liées au passeport vaccinal le 1er mars dans presque tous les espaces publics en Ontario pour autant que la situation continue de s’améliorer.

Le retrait possible du passeport vaccinal n’est pas lié aux manifestations de camionneurs dans plusieurs villes du pays, a cependant indiqué François Legault. « On ne parle pas juste des camionneurs. [Chez] les Québécois, il y en a beaucoup qui sont tannés des mesures, et je comprends ça. Il y en a qui contestent. On a le droit au Québec de manifester, de dire qu’on n’est pas d’accord avec certaines mesures, mais d’aller faire un siège, d’aller déranger les autres citoyens, d’aller empêcher les travailleurs de travailler, ça, c’est inacceptable. »

Le REM de la Rive-Sud

Le premier ministre rendait visite lundi à Catherine Fournier pour discuter, entre autres, du projet de Réseau express métropolitain (REM) sur la Rive-Sud. La Caisse de dépôt et placement du Québec a entrepris des analyses en vue de l’implantation d’un REM entre la future station Panama, à Brossard, et la station de métro Longueuil–Université-de-Sherbrooke, dans l’axe du boulevard Taschereau, avec un prolongement vers Boucherville.

Enthousiaste, la mairesse Catherine Fournier a cependant exprimé au premier ministre ses préoccupations quant à l’implantation d’un REM dans le Vieux-Longueuil. « Ça traverse le quartier patrimonial du Vieux-Longueuil, alors c’est certain qu’une structure aérienne pose plusieurs enjeux sur le plan de l’intégration urbaine », a-t-elle dit en évoquant la possibilité d’un train circulant au sol dans ce secteur.

À ce sujet, François Legault a affirmé que des mesures pouvaient être prises pour améliorer l’aspect esthétique du projet. Ainsi, les structures du REM pourraient être peintes en blanc, a-t-il suggéré. Il a également laissé entendre qu’une solution de remplacement à la caténaire qui alimente les trains en électricité était envisagée. Rappelons que le réseau de câbles aériens du REM entre Brossard et Montréal a suscité de nombreuses critiques. « Il y a des solutions aussi pour ce qui est du [câblage]. Je ne veux pas devancer une présentation de la Caisse de dépôt, qui, on l’espère, viendra bientôt », a-t-il dit. « Pour moi, le REM de la Rive-Sud, il va être très beau et très bien intégré à l’architecture des différents endroits où il va passer. »

Le premier ministre et la mairesse ont également discuté d’habitation. Catherine Fournier réclame du gouvernement qu’il accorde à sa ville un droit de préemption semblable à celui que détient la Ville de Montréal afin d’acquérir des terrains pour la construction de logements sociaux. Le premier ministre n’écarte pas la possibilité d’exaucer le vœu de la mairesse : « J’ai une ouverture à donner des pouvoirs additionnels à la Ville pour le bénéfice de l’ensemble des citoyens, même si ça pourrait peut-être choquer quelques citoyens qui seraient face à un droit de préemption que, peut-être, ils n’aimeraient pas. »

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