La CAQ évoque un troisième lien moins ambitieux

«Nous, à la CAQ, on pense qu’on a besoin d’un troisième lien entre Québec et Lévis», a répété François Legault jeudi matin.
Photo: Jacques Boissinot Archives La Presse canadienne «Nous, à la CAQ, on pense qu’on a besoin d’un troisième lien entre Québec et Lévis», a répété François Legault jeudi matin.

Un éventuel troisième lien aurait-il deux, quatre ou six voies ? Le gouvernement caquiste a promis jeudi matin d’« évaluer » les besoins, évoquant, pour la première fois, l’option de réduire l’ampleur du tunnel qui doit relier Québec et Lévis.

Dans un échange entre Québec solidaire et la CAQ, jeudi matin au Salon bleu, le premier ministre n’a pas remis en question le bien-fondé du tunnel. Toutefois, il n’écarte pas l’idée d’en diminuer le nombre de voies, pour l’instant prévu à six.

« Le ministre des Transports est en train de voir si ça prend deux voies de plus, quatre voies de plus. Est-ce qu’au total, on a besoin de deux, quatre, six voies ? C’est ce qu’on est en train de regarder », a indiqué François Legault.

Il a également affirmé qu’« un estimé pas mal précis de combien le projet ajusté va coûter » sera présenté au cours des prochains mois, sans préciser si cette mise à jour aurait lieu avant ou après les élections du 3 octobre prochain.

Le 17 mai dernier, le premier ministre Legault et son ministre des Transports, François Bonnardel, présentaient au public la vision gouvernementale du troisième lien, soit un tunnel long de 8,3 kilomètres et large de 19,4 mètres comprenant six voies de circulation. Le coût du projet oscillait, à l’époque, entre 6 et 10 milliards de dollars.

Le gouvernement est depuis talonné par les nombreux opposants au projet, qui s’inquiètent de son prix, déplorent ses conséquences environnementales et se questionnent sur sa pertinence.

« Nous, à la CAQ, on pense qu’on a besoin d’un troisième lien entre Québec et Lévis », a répété M. Legault jeudi matin. Fin janvier, son ministre des Transports a promis que la première pelletée de terre du projet serait soulevée avant le prochain rendez-vous électoral, une promesse faite lors de la dernière campagne qui a porté la CAQ au pouvoir.

Québec accusé d’improvisation

Les partis d’opposition ont accusé le gouvernement de naviguer à vue dans le dossier du troisième lien.

« François Legault est en train de se rendre compte que son projet de troisième lien est farfelu. Il improvise », a déclaré  sur Twitter le co-porte-parole de Québec solidaire Gabriel Nadeau-Dubois.

Le porte-parole libéral en matière de transports, André Fortin, a lui aussi accusé les troupes caquistes d’aller de l’avant avec un projet au coût important sans en connaître le fin détail. « Le gouvernement ne sait toujours pas s’il veut deux, quatre ou six voies, ou encore combien coûtera son tunnel, mais il entamera les travaux dans les prochains mois. En termes d’improvisation, la CAQ ne laisse vraiment pas sa place », a écrit le député de Pontiac sur les réseaux sociaux.

Le meneur des troupes conservatrices du Québec, Éric Duhaime, a plutôt accusé le gouvernement de revenir sur sa parole dans le dossier du tunnel. « La CAQ recule sur le projet le plus souhaité dans la région de Québec par le peuple : le troisième lien. C’est une honte ! » s’est insurgé l’ancien animateur controversé dans un gazouillis.

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