Anglade prête à accueillir d’anciens candidats solidaires et péquistes au PLQ

Dominique Anglade lors d’une conférence de presse, dimanche dernier
Photo: Graham Hughes La Presse canadienne Dominique Anglade lors d’une conférence de presse, dimanche dernier

Le Parti libéral du Québec cherche à recruter des candidats « progressistes » et à aller « au-delà des étiquettes » : sa cheffe, Dominique Anglade, s’est même dite prête, mardi, à accueillir d’ex-candidats de Québec solidaire et du Parti québécois au sein de sa formation.

« Pour moi, ce qui est important dans notre formation, c’est : est-ce qu’au-delà des étiquettes les gens ont envie de vivre ce que l’on propose avec nous ? » a lancé Mme Anglade à l’ouverture du caucus de son parti. « Est-ce qu’ils ont envie de partager ce progressisme avec nous, cette voix forte qu’on a besoin de porter au Québec ? Et s’ils sont motivés par ça et interpellés par ça, absolument qu’ils peuvent venir se joindre à nous. Absolument », a-t-elle poursuivi.

Lundi, le PLQ a mis sur pied une plateforme de recrutement de candidats en vue de l’élection d’octobre 2022. Coiffé du titre « Il est temps d’unir tous les progressistes », le site Web propose aux Québécois de soumettre leur propre candidature ou celle d’une autre personne.

Interrogée au sujet de l’accueil qu’elle pourrait réserver à des partisans ou à des ex-candidats solidaires ou péquistes, Mme Anglade a répondu que le PLQ est « une grande tente ».

À son avis, « tous ceux » qui croient à l’importance des questions sociales et environnementales, en plus de se soucier des enjeux de santé mentale et de l’accès aux services de première ligne en santé, « ont toute leur place au sein de notre formation politique ».

« On va les accueillir les bras ouverts », a affirmé la cheffe libérale.

La procédure de recrutement par une plateforme en ligne est nouvelle au parti, a confirmé Mme Anglade. Elle a néanmoins nié avoir du mal à attirer des candidats. « Il y a des centaines de personnes qui se sont manifestées, et la raison pour laquelle je voulais qu’on ait un processus transparent, c’est pour permettre à tout le monde de savoir comment ça allait fonctionner, comment on allait se gouverner pour les candidatures », a-t-elle détaillé.

À son avis, cette nouvelle façon de faire est « nécessaire dans la transformation de notre formation politique ». En entrevue au Devoir en décembre, Mme Anglade avait dit miser sur l’adhésion des progressistes qui ont appuyé la Coalition avenir Québec en 2018. Son parti estime que cette frange représente le quart des électeurs caquistes, et que leur soutien pourrait faire progresser le PLQ de 14 points dans les sondages. Actuellement, le PLQ récolte environ 20 % des intentions de vote au Québec.

Autre signe de renouveau : d’autres élus libéraux doivent annoncer dans les prochains mois la fin de leur parcours politique.

« Je ne vais pas confirmer ici qui va partir et qui va rester, mais c’est sûr qu’il y aura d’autres départs », a déclaré Mme Anglade. Déjà, les députés Lise Thériault, Francine Charbonneau et Gaétan Barrette ont annoncé qu’ils ne se porteront pas candidats en 2022. Pierre Arcand, Hélène David, Carlos Leitão et Kathleen Weil ont quant à eux laissé entendre qu’ils songeaient à quitter la politique.

Pour une modification de la loi

De retour devant les médias après un point de presse gouvernemental sur le déconfinement, la cheffe libérale a salué la décision de « séparer les points de presse de la santé publique et du politique ». Le directeur national de santé publique par intérim, Luc Boileau, a annoncé qu’il organisera des conférences de presse sans représentants du gouvernement « prochainement ».

« Ça faisait déjà plusieurs mois qu’on le demandait. C’était nécessaire pour mieux comprendre les décisions qui sont prises par le gouvernement et les décisions qui sont vraiment soutenues par la santé publique », a déclaré Mme Anglade.

Selon elle, les représentants de la santé publique et du gouvernement ne devraient plus tenir de points de presse ensemble. Encore : si elle était au pouvoir, Mme Anglade reverrait les dispositions de la Loi sur le ministère de la Santé et des Services sociaux afin que le directeur national de santé publique ne soit plus sous-ministre adjoint, comme cela est prévu actuellement. « Je pense que ce serait l’avenue à adopter », a-t-elle attesté, après avoir indiqué que « oui », elle modifierait la loi « sans hésiter ».

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