Anglade veut une reprise des travaux parlementaires

La cheffe du Parti libéral du Québec Dominique Anglade a écrit une lettre au premier ministre François Legault jeudi soir.
Photo: Jacques Boissinot (Archives) La Presse canadienne La cheffe du Parti libéral du Québec Dominique Anglade a écrit une lettre au premier ministre François Legault jeudi soir.

François Legault doit répondre aux « questions de la population » face à la cinquième vague, croit la cheffe du Parti libéral du Québec, Dominique Anglade, qui lui demande de convoquer d’urgence une reprise des activités parlementaires. Le gouvernement rétorque qu’il serait « contre-intuitif » de le faire.

Dans une lettre adressée jeudi soir au premier ministre, l’élue de l’opposition officielle requiert la tenue d’une séance extraordinaire au parlement dès la semaine prochaine. Pour le moment, la relâche ne doit prendre fin que le 1er février.

Or, l’accélération de la courbe épidémiologique depuis la fin 2021 change la donne, aux yeux de Mme Anglade. Malgré les points de presse gouvernementaux, a-t-elle remarqué, les flous se multiplient. « [Une reprise hâtive] sera l’occasion, pour les parlementaires, de vous porter les questions de la population, ainsi que de clarifier le plan de sortie de crise, a-t-elle écrit à M. Legault jeudi. Ce débat ne peut attendre. »

L’élue s’en fait peu des modalités employées : la tenue d’un débat, qu’il soit sur un jour ou une semaine, permettra au gouvernement de bénéficier des propositions de chaque groupe parlementaire, a-t-elle soutenu vendredi, lors d’un point de presse.

« Plusieurs choses pourraient être discutées, a-t-elle lancé. Je vous donne juste un exemple : est-ce que le déploiement des tests rapides va être fait de la même manière ? Pourquoi est-ce qu’on n’envisagerait pas une distribution par la poste, par exemple. »

« Ce que l’on souhaite, c’est que le gouvernement vienne présenter son plan de match », a ajouté Mme Anglade.

En cours de journée, vendredi, Québec solidaire s’est rangé du côté du PLQ, exigeant à son tour un débat d’urgence. « Nous appuyons la demande de la cheffe de l’opposition officielle, a écrit sur son compte Twitter la leader parlementaire du deuxième groupe d’opposition, Christine Labrie. Nous voulons aider [le gouvernement] à prendre les meilleures décisions possibles. »

Le chef du Parti québécois, Paul St-Pierre Plamondon, préfère que les élus siègent en visioconférence s’il devait y avoir une séance d’urgence.

« Montrer l’exemple »

À Québec, la demande de l’opposition n’a pas fait de vagues. « Il est contre-intuitif de vouloir rouvrir le parlement, a souligné l’attaché de presse du premier ministre, Ewan Sauves, dans un message texte, vendredi. On demande aux Québécois d’éviter tout contact social, de rester chez eux et de faire du télétravail. […] L’Assemblée nationale et le gouvernement doivent montrer l’exemple. »

Sans exclure en tout et pour tout la possibilité d’une séance extraordinaire, le bureau du premier ministre maintient que « pour le moment, la reprise des travaux parlementaires est fixée au 1er février ». Certains projets de loi seront cependant étudiés dès la semaine du 17 janvier.

Dans sa missive au premier ministre, d’abord véhiculée par Radio-Canada, Dominique Anglade exige que les réunions régulières avec l’opposition reprennent. La cheffe libérale exhorte Québec à faire preuve de plus de transparence.

« Nous avons observé dans les dernières semaines une grande confusion dans les communications gouvernementales, notamment pour l’utilisation des tests rapides et des tests PCR », a-t-elle écrit. « On se retrouve sur un bateau sans gouvernail, a-t-elle ajouté vendredi matin, en conférence de presse. On a besoin que des directives claires soient données. »

Lors d’un point de presse jeudi, le ministre de la Santé, Christian Dubé, a indiqué que le Québec fait face à un raz-de-marée Omicron. Plus de 3000 lits d’hôpitaux pourraient bientôt être occupés par des patients atteints de la COVID-19, selon des projections de l’INESSS.

Québec a aussi indiqué que plus de 20 000 employés du réseau de la santé sont absents en raison de la COVID-19, ce qui entraîne des fermetures de lits.

De plus, dans certaines régions, des hôpitaux devront passer au niveau de délestage 4. À cette étape, des chirurgies cardiaques jugées peu urgentes peuvent notamment être reportées.

 

Avec Fanny Bédard

 

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