Les demandes de formations accélérées en santé dépassent les attentes de Québec

L’ajout d’agents administratifs dans le réseau faisait partie du plan annoncé en septembre afin de garder les infirmières dans le système public et d’en convaincre des milliers d’autres d’y revenir.
Photo: Renaud Philippe Le Devoir L’ajout d’agents administratifs dans le réseau faisait partie du plan annoncé en septembre afin de garder les infirmières dans le système public et d’en convaincre des milliers d’autres d’y revenir.

L’effort de recrutement intensif d’agents administratifs et d’infirmières auxiliaires porte ses fruits : en date de mercredi, les demandes d’admission dans les deux programmes de formation accélérée surpassaient les objectifs fixés par Québec.

Au total, le gouvernement a reçu 7323 demandes d’admission pour le programme de formation accélérée d’infirmières auxiliaires. Celui pour les agents administratifs en services cliniques a quant à lui attiré 3335 volontaires.

C’est donc dire que l’engouement satisfait les attentes du gouvernement. Le 1er décembre, le ministre de la Santé, Christian Dubé, et son collègue de l’Éducation, Jean-François Roberge, avaient annoncé la création de bourses de 20 000 $ pour attirer des candidats à la formation d’infirmière auxiliaire et de 4000 $ pour recruter 3000 agents administratifs.

Toutes les demandes reçues depuis « sont en analyse actuellement par les centres de formation et les établissements en vue de retenir celles pouvant mener à une inscription officielle pour le programme de formation et le programme de bourses », a écrit Marjorie Larouche, porte-parole au ministère de la Santé et des Services sociaux (MSSS), en réponse à une demande de renseignements du Devoir.

« Une cohorte [de futurs agents administratifs] a débuté officiellement en Gaspésie, mais les autres cohortes s’échelonneront après la période des Fêtes », a-t-elle ajouté. Les premières cohortes de futures infirmières auxiliaires devraient commencer vers la fin janvier, toujours selon le MSSS.

L’ajout d’agents administratifs dans le réseau faisait partie du plan annoncé par Québec le 23 septembre afin de garder les infirmières dans le système public et d’en convaincre des milliers d’autres d’y revenir. « Il y a beaucoup d’infirmières qui nous ont dit : “Je passe 30 % de mon temps à remplir de la paperasse”. On aimerait mieux, nous autres, qu’ils passent ce temps-là à soigner des patients. Donc, on va embaucher des agents administratifs. Ça va libérer du temps d’infirmières », avait alors déclaré le premier ministre, François Legault.

Il s’était engagé à former 3000 de ces professionnels, qui devaient être disponibles pour travailler dans le réseau « à partir du printemps 2022 ». Il avait aussi mentionné que le ministre du Travail, Jean Boulet, travaillait sur « une accélération de la formation des infirmières auxiliaires ».

Plus de succès que les primes

 

Le plan mis en avant par Québec en septembre contenait aussi des mesures financières : des primes devant encourager les infirmières à revenir dans le réseau public ou à accepter des postes à temps complet.

La plus récente mise à jour, envoyée le 9 décembre, fait état de 1356 embauches dans le réseau grâce à ces primes.

Pour le moment cependant, les primes attirent peu les infirmières du privé. À cet égard, les résultats du recrutement sont aussi bien en deçà des espoirs du ministre Dubé, qui croyait pouvoir attirer 4000 personnes dans « un horizon à très court terme ».

Au début du mois, le gouvernement a fait monter les enchères pour attirer des infirmières en région, en faisant passer ses primes d’attraction à 30 000 $ dans les secteurs éloignés. Au départ, la prime d’attraction pour les salariés dans les régions éloignées était de 18 000 $. Québec l’a donc augmenté de 12 000 $ la première année. Québec promet aussi de verser un montant supplémentaire de 12 000 $, la deuxième année, aux professionnels en soins qui iront prêter main-forte hors des grands centres.

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