Des rassemblements limités à 6 ou 2 bulles à partir du 26 décembre

Le réveillon de Noël n’est pas annulé, mais celui du Nouvel An est toujours dans la balance. Le premier ministre François Legault a appelé les Québécois à ne tenir qu’un seul rassemblement d’un maximum de dix personnes le 24 ou le 25 décembre, pour ceux qui y tiennent mordicus. À partir du 26 décembre, les rassemblements privés seront limités à six personnes ou de deux bulles familiales maximum.
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Le réveillon de Noël n’est pas annulé, mais celui du Nouvel An est toujours dans la balance. Le premier ministre François Legault a appelé les Québécois à ne tenir qu’un seul rassemblement d’un maximum de dix personnes le 24 ou le 25 décembre, pour ceux qui y tiennent mordicus. À partir du 26 décembre, les rassemblements privés seront limités à six personnes ou de deux bulles familiales maximum.

Malgré la hausse fulgurante des cas de COVID-19 dans la province, le gouvernement Legault tolérera jusqu’à Noël les rassemblements de dix personnes, mais appelle les Québécois qui le peuvent à repousser leurs plans. À partir du 26 décembre, les regroupements seront toutefois limités à six ou aux personnes issues de seulement deux bulles familiales.

« D’ici samedi, on permet aux gens qui veulent absolument se rencontrer à 10 de le faire. Par contre, j’invite tous les Québécois capables de reporter les fêtes à le faire. On vous demande d’avoir seulement un souper, le 24 ou le 25, pas les deux soirs », a indiqué le premier ministre du Québec, François Legault, lors d’une conférence de presse qu’il a tenue mercredi soir en compagnie du directeur national de santé publique du Québec, le Dr Horacio Arruda, et du ministre de la Santé, Christian Dubé.

La règle des six personnes ou deux bulles s’appliquera également aux tablées des restaurants de la province à compter de dimanche.

Près de 9000 nouveaux cas de COVID-19 seront rapportés jeudi, ce qui représente un bond substantiel de près de 3000 cas en 24 heures. « Les spécialistes pensent que ça aura un impact sur les hospitalisations », a souligné le premier ministre. Celles-ci sont passées de 309 à 445 en une semaine. « Ce qu’on veut, c’est que ça ne déborde pas dans les hôpitaux. »

Le gouvernement estime que les nouvelles mesures à venir seront suffisantes pour garder le contrôle des hospitalisations. M. Legault a toutefois averti qu’il n’allait pas hésiter à en adopter de nouvelles « dans les prochains jours, si c’est nécessaire de le faire ».

Il a précisé que les personnes âgées de 60 ans et plus étaient particulièrement à risque de se retrouver à l’hôpital et que l’idéal, pour eux, ce serait « de rester à la maison ». Le premier ministre a insisté pour leur dire que s’ils tenaient « absolument à aller dans une réunion familiale ou d’amis, il [fallait qu’ils sachent] qu’il y a un risque ». Parmi les personnes qui souffrent de la COVID-19 qui sont hospitalisées, 70 % ont 60 ans ou plus.

Les adultes non vaccinés sont également surreprésentés dans les hôpitaux. Ils forment 10 % de la population, mais représentent 50 % des personnes hospitalisées. « Si on n’avait pas les non-vaccinés, on réduirait de moitié les hospitalisations actuellement », a résumé le premier ministre. Il leur demande de rester à la maison pour les Fêtes afin d’éviter de surcharger les hôpitaux.

Questionné sur la possibilité de rendre la vaccination obligatoire, le ministre de la Santé a répondu que « s’il faut aller là, on ira là », mais qu’« en ce moment, on n’est pas là ».

Christian Dubé a également précisé qu’il restait encore de la marge de manœuvre concernant le délestage. « Il n’y aura aucun délestage d’opérations urgentes », a-t-il souligné. Mais des Québécois recevront un appel au cours des prochains jours et des prochaines semaines au sujet d’un report d’intervention. « Il faut mettre l’effort sur la vaccination pour protéger nos 60 ans et plus, et c’est sur ça qu’on travaille en ce moment », a-t-il ajouté.

La capacité d’hospitalisation au Québec est présentement de 800 lits, soins intensifs compris, et ceux-ci sont occupés à 55 %. « On a encore de la marge de manœuvre, et nous n’avons pas encore vu les bénéfices du délestage actuel qui est en train de se préparer, souligne M. Dubé. L’enjeu, c’est qu’on ne connaît pas le degré de sévérité d’Omicron. » La majorité des personnes hospitalisées sont infectées par le variant Delta, qui est possiblement plus virulent.

Stratégie de dépistage revue

Le gouvernement a également revu sa stratégie de dépistage à cause de l’actuelle explosion des nouveaux cas recensés. La capacité du Québec est présentement de 50 000 tests par jour, a précisé le Dr Arruda, et les centres de dépistage débordent depuis plusieurs jours.

« Les tests devraient être utilisés par les gens qui ont des symptômes de COVID-19 », a-t-il répété. Une série d’infographies sera bientôt présentée aux Québécois pour donner la marche à suivre.

Il invite les gens à se présenter à une clinique de dépistage s’ils ont des symptômes et s’ils ne disposent pas de tests rapides à la maison. Il conseille aux personnes qui testent positives avec un test rapide de se fier au résultat et de rester isolées. En cas de contact avec une personne déclarée positive, la Santé publique recommande un isolement de dix jours, et un dépistage seulement en cas d’apparition de symptômes. Les résultats des tests faits dans les centres seront maintenant communiqués par courriel à ceux qui y auront consenti, ce qui accélérera la transmission de l’information.

Les pharmacies devraient s’attendre à recevoir plus de 700 000 tests rapides dans les prochains jours.

Québec dit préférer affecter son personnel à la vaccination plutôt qu’au dépistage. Depuis une semaine, plus de 8000 personnes se sont manifestées sur la plateforme Je contribue pour participer à l’effort sanitaire. Un « gros blitz » de vaccination est à prévoir en janvier et en février, avec six millions de Québécois dans l’attente d’une troisième dose. « L’enjeu des vaccinateurs n’est plus un enjeu, c’est plus de s’assurer de la logistique pour le faire à partir du début janvier », a mentionné Christian Dubé.

Mercredi, 88 000 personnes ont été vaccinées, ce qui rapproche le gouvernement de son objectif de 100 000 doses administrées par jour. « Ça roule rondement », a déclaré François Legault. La dose de rappel sera ouverte dès lundi prochain aux 60 ans et plus. Plutôt que de faire comme d’autres provinces et pays et d’ouvrir la vaccination aux 18 ans et plus, le premier ministre préfère prioriser les 60 ans et plus, qui représentent actuellement la majeure partie des hospitalisations.



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