La Croix-Rouge et l’armée appelées à l’aide par Québec

Près d’une centaine d’employés de la Croix-Rouge, « sans compter les bénévoles », agissent sur le terrain en ce moment-même.
Photo: Christopher Katsarov Archives La Presse canadienne Près d’une centaine d’employés de la Croix-Rouge, « sans compter les bénévoles », agissent sur le terrain en ce moment-même.

Québec lance un appel à l’aide à la Croix-Rouge et à l’armée canadienne pour pallier le manque d’employés disponibles dans le réseau de la santé et faire face à la nouvelle vague des cas de COVID-19.

Devant l’explosion des infections liées au variant Omicron, le gouvernement du Québec a besoin de bras. Le ministre de la Santé, Christian Dubé, a maintes fois déploré qu’il manquait 500 vaccinateurs au gouvernement pour contribuer à l’effort d’administration des doses de rappel. À cela s’ajoutent des besoins dans les centres de dépistage, débordés.

Dans le contexte – plus de 5000 cas se sont ajoutés au bilan québécois mardi et selon nos informations, il totaliserait plus de 6000 cas mercredi –, le ministère de la Santé et des Services sociaux (MSSS) a demandé à la Croix-Rouge canadienne de prêter main-forte, a affirmé la directrice des communications de l’organisme humanitaire, Carole Du Sault. « Nous avons effectivement eu une demande du MSSS pour accroître notre soutien », a-t-elle écrit au Devoir, confirmant des informations d’abord rapportées par Radio-Canada.

Près d’une centaine d’employés de la Croix-Rouge, « sans compter les bénévoles », agissent toujours sur le terrain en ce moment même. Or, environ 1100 personnes avaient soutenu l’effort de guerre au printemps, généralement dans les CHSLD.

« C’est sûr qu’on est moins présents. Nous, on intervient à la demande des autorités », a indiqué Mme Du Sault, mardi. La Croix-Rouge n’avait toujours pas répondu à la requête de Québec mardi après-midi. « C’est en pourparlers », a-t-on indiqué au Devoir.

Des renforts de l’armée ?

Par ailleurs, Québec a officiellement requis mardi l’envoi de troupes des Forces armées canadiennes pendant les Fêtes. La demande formelle a été transmise dans une lettre en cours d’après-midi. La ministre de la Sécurité publique, Geneviève Guilbault, l’a ensuite confirmé dans un gazouillis.

« Omicron menace la capacité hospitalière du Québec », a-t-elle écrit.

Le gouvernement de François Legault compte sur les troupes canadiennes pour accélérer la campagne de vaccination. Mardi, ni Ottawa ni Québec n’étaient en mesure d’indiquer combien de personnes se joindraient à l’effort de guerre.

Alors que cette cinquième vague de COVID-19 s’annonçait déjà difficile, mercredi dernier, aucune des provinces n’avait évoqué la possibilité d’appeler l’armée en renfort lors d’un appel entre les ministres de la Santé fédéral et provincial. Lundi, Québec a d’abord fait part de ses « besoins » à Ottawa sans exiger formellement d’intervention.

La requête officielle est venue mardi.

Le gouvernement québécois a annoncé la semaine dernière qu’il devancerait au cours des prochaines semaines la 3e dose de vaccin, par tranche d’âge, en réduisant le délai prescrit depuis la deuxième dose de six à trois mois. Et le variant Omicron a rendu d’autant plus urgent le besoin d’accélérer la vaccination, explique-t-on à Québec, où l’on déplore à nouveau, comme en 2020, de manquer de troupes.

Des effectifs limités au sein de l’armée

L’armée et la Croix-Rouge ont toutes deux soutenu le réseau de la santé l’an dernier, quand la pandémie a commencé à faire des ravages dans les CHSLD et les centres de soins pour aînés de la province.

Québec peine maintenant à rehausser rapidement l’immunité des citoyens à l’aide des 3e doses de vaccin.

L’armée compte environ 460 médecins et infirmières, et au total, quelque 2600 spécialistes de la santé répartis parmi 48 occupations — dentistes, hygiénistes dentaires, pharmaciens, techniciens, et autres.

Des sources fédérales précisent toutefois que moins d’une cinquantaine de personnes, dotées d’une formation médicale au sein de l’armée canadienne, seraient disponibles à temps plein en ce moment. Les autres sont en mission ou travaillent déjà dans les réseaux de la santé de différentes provinces, plaide-t-on à Ottawa.

L’armée canadienne avait dépêché quelque 1350 soldats dans les CHSLD du Québec au printemps 2020. Des effectifs avaient également été envoyés en renfort dans les centres de soins pour aînés de l’Ontario, du Manitoba, de la Saskatchewan, de l’Alberta ainsi que des Territoires-du-Nord-Ouest.

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