Les électeurs caquistes dans le viseur du Parti québécois

«2022, c’est l’année où des électeurs vont poser un regard objectif sur les quatre années de la CAQ, et vont dire: “Vous savez quoi? Moi, je suis ouvert à entendre autre chose”», prévoit le chef du Parti québécois, Paul St-Pierre Plamondon.
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir «2022, c’est l’année où des électeurs vont poser un regard objectif sur les quatre années de la CAQ, et vont dire: “Vous savez quoi? Moi, je suis ouvert à entendre autre chose”», prévoit le chef du Parti québécois, Paul St-Pierre Plamondon.

À l’approche du scrutin de 2022, Paul St-Pierre Plamondon veut s’adresser « aux électeurs déçus » de la Coalition avenir Québec (CAQ) et les attirer dans le giron du Parti québécois (PQ). C’est d’abord là que se situe le potentiel de croissance de la formation, a souligné le chef péquiste en entrevue éditoriale avec Le Devoir.

L’avocat de formation le dit sans hésitation : « l’adversaire, c’est la CAQ ». Dans un entretien d’une heure dans les bureaux de la rédaction, à Montréal, il a longuement détaillé comment, à ses yeux, les positions fédéralistes du gouvernement de François Legault risquent de lui mettre à dos certains des électeurs gagnés en 2018.

« Il y aura des déçus à qui parler, a maintenu un chef du PQ visiblement confiant à l’aube de sa première année électorale. La proportion d’électeurs de la CAQ qui vont être déçus, elle se fait sentir. »

Quand on lui présente les résultats des sondages récents, selon lesquels le gouvernement semble inarrêtable, « PSPP » maintient son analyse. « Regardez bien », a-t-il lancé.

L’avocat de formation évoque les « échecs » de la CAQ face au gouvernement fédéral de Justin Trudeau. Les six milliards de transferts en santé promis par Québec dorment toujours dans des coffres à Ottawa, a-t-il observé. Et le chemin Roxham vient de rouvrir sans intervention du gouvernement Legault, a-t-il relevé.

« Le PQ, c’est la solution », a poursuivi M. St-Pierre Plamondon.

« Voter vrai »

En congrès des membres, au début du mois, le chef du PQ avait présenté son parti comme la seule option « authentique » sur la scène politique québécoise. En entrevue lundi, il a invité les Québécois à favoriser une formation qui dit « vrai », plutôt qu’un gouvernement qui « ment » — faisant notamment référence à la saga des CHSLD.

« Quand la CAQ ne dit pas la vérité ou cache des éléments importants pour l’enquête de la coroner, là, il y a vraiment un enjeu », a indiqué M. St-Pierre Plamondon.

« Au fur et à mesure qu’on va voir les problèmes de transparence et d’intégrité de ce gouvernement-là, puis le fait qu’il ne “livre” pas… Tout ça va commencer à se matérialiser », a-t-il ajouté.

En 2022, « les gens vont voir clair », a prédit le chef non élu, qui prépare une « offre politique » faite sur mesure pour ceux qui quitteront le navire caquiste. Sans dire adieu aux anciens péquistes qui se sont joints à Québec solidaire, il entend concentrer ses avoirs chez les caquistes mécontents.

« C’est sûr que, sur la question environnementale, par exemple, une partie de l’électorat solidaire va regarder notre travail et dire : “Je suis à l’aise avec l’indépendance. Donc, je peux les considérer.” »

Et les signes avant-coureurs d’une dégringolade de l’équipe Legault sont déjà présents, a soulevé le chef péquiste. Dans un sondage récent réalisé pour le compte du PQ et fourni au Devoir, la CAQ pointait au deuxième rang des intentions de vote en vue de l’élection partielle dans Marie-Victorin, 15 points de pourcentage derrière le PQ, a-t-il relevé.

« 2022, c’est l’année où des électeurs vont poser un regard objectif sur les quatre années de la CAQ, et vont dire : “Vous savez quoi ? Moi, je suis ouvert à entendre autre chose” », a-t-il prévu.

En 2022, le chef du PQ veut aussi continuer de se présenter aux côtés de ses sept élus à l’Assemblée nationale pour faire connaître les positions de la formation en matière de langue, d’environnement, de culture et de souveraineté.

« Je pense qu’on va demeurer sur les mêmes thèmes », a-t-il lancé lorsqu’interrogé sur ses priorités pour la prochaine session parlementaire, la dernière avant les élections générales.

« Avec la fin de la pandémie » viendra le retour des débats sur l’indépendance, croit M. St-Pierre Plamondon. Raison de plus pour rejeter le leadership caquiste, selon lui.

« Les gouvernements [libéraux] Charest et Couillard [et le gouvernement caquiste] ont en commun la dévalorisation de l’option indépendantiste, de même que la minimisation des problèmes concrets qui découlent de notre appartenance au Canada », a-t-il avancé.

Des gains ?

En entrevue avec Le Devoir avant la tenue du congrès d’orientation, Paul St-Pierre Plamondon avait réitéré son désir de regagner des circonscriptions à Montréal et en Abitibi, notamment. Encore aujourd’hui, il évoque des gains possibles.

« Je ne fixerai aucune limite à notre potentiel aux prochaines élections. À preuve : la qualité des [candidats] qu’on est en train d’attirer », a-t-il affirmé.

En plus de poursuivre sa tournée du Québec, PSPP tentera l’an prochain d’attirer des candidatures qui « ont démontré des compétences par rapport à un poste de ministre ». En plus d’amener dans ses rangs l’ex-député fédéral Pierre Nantel, le PQ a déjà recruté les avocats Alexis Deschênes et Stéphane Handfield pour 2022.

Le chef, qui a refusé de se présenter dans Marie-Victorin malgré l’arrivée d’un scrutin complémentaire, refuse toujours de dire où il compte poser sa candidature. « C’est une annonce que je vais faire ultérieurement », a soutenu M. St-Pierre Plamondon, avant de préciser que la confirmation viendra « bien avant le printemps ».

À la question « Que ferez-vous si vous deviez perdre en 2022 ? », PSPP évite de répondre. « Je suis en politique pour gagner », a-t-il dit.

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