Les actions demandées par le Groupe d’action contre le racisme sont en chantier

«Dans cinq ans, c’est malheureux, mais du racisme, il va y en avoir encore. En fait, il sera toujours plus condamnable, il sera toujours plus intolérable, et c’est cette aversion à l’égard du racisme que l’on a le mandat de développer», a déclaré Benoit Charette.
Photo: Jacques Boissinot La Presse canadienne «Dans cinq ans, c’est malheureux, mais du racisme, il va y en avoir encore. En fait, il sera toujours plus condamnable, il sera toujours plus intolérable, et c’est cette aversion à l’égard du racisme que l’on a le mandat de développer», a déclaré Benoit Charette.

Un an après le dépôt du rapport du Groupe d’action contre le racisme (GACR), les 25 recommandations qui s’y trouvent sont en cours de réalisation, a annoncé le gouvernement jeudi.

Québec a dit se donner cinq ans pour mettre en œuvre la totalité des actions. « Dans cinq ans, c’est malheureux, mais du racisme, il va y en avoir encore. En fait, il sera toujours plus condamnable, il sera toujours plus intolérable, et c’est cette aversion à l’égard du racisme que l’on a le mandat de développer », a déclaré Benoit Charette. Il a lui-même été nommé ministre responsable de la Lutte contre le racisme, en février, pour répondre à l’une des recommandations phares du rapport.

50%
C’est le pourcentage de conseils d’administration des sociétés d’État qui ont au moins un représentant issu de la diversité.

Devant les médias jeudi, il s’est notamment félicité du dépôt, la veille, d’un projet de loi qui vise à interdire explicitement l’interpellation policière basée sur un motif discriminatoire. L’élu a ajouté que le non-respect d’éventuelles lignes directrices pourrait entraîner des plaintes en déontologie policière. « [Et] on peut parler d’autres types de sanctions si jamais on ne respectait pas ces nouvelles obligations », a-t-il précisé.

 

M. Charette a dit avoir rencontré divers groupes de policiers, et assuré que ceux-ci « veulent bien faire », mais manquent souvent « d’outils » pour arriver à leurs fins. L’une des actions entreprises après le dépôt du rapport du GACR est l’ajout d’intervenants en services sociaux aux corps policiers afin de créer des équipes de patrouille mixtes.

Plus de minorités visibles

 

Québec s’enorgueillit aussi d’avoir fait passer le pourcentage de « minorités visibles et ethniques » au sein de la fonction publique de 11 % à 14 % entre mars 2018 et mars 2021. « C’est trop peu, on en convient, a dit le ministre. Mais la hausse, elle est constante, et on vise à être à 18 % en 2023. » Désormais, 50 % des conseils d’administration des sociétés d’État ont au moins un représentant issu de la diversité. « Et là aussi, on va s’assurer que cette progression-là ne cesse pas », a dit M. Charrette.

Au sein du Bureau de coordination de la lutte contre le racisme, qu’il dirige, deux des cinq employés sont considérés comme faisant partie des minorités visibles et ethniques. Le Bureau est doté d’un budget de 500 000 $. Sauf qu’il ne faut pas s’arrêter à ça, a insisté le député caquiste Christopher Skeete, qui était membre du GACR. « Le bureau de coordination est là pour sensibiliser les différents ministères », a-t-il fait valoir.

18%
C’est le pourcentage d’augmentation comparativement à mars 2018 de « minorités visibles et ethniques » au sein de la fonction publique que vise Québec en 2023.

Récemment, une offensive publicitaire gouvernementale visant à lutter contre le racisme a suscité de vives critiques. Le réalisateur de la publicité, Khoa Lê, a demandé le retrait de celle-ci. Selon M. Charette, l’effet causé par la campagne est une preuve de son succès. « En fait, j’aurais été inquiet si cette publicité-là n’avait pas fait réagir autant. Une publicité qui aborde un enjeu aussi sérieux, ça ne peut pas être une publicité qui est sans odeur et sans saveur, a-t-il fait valoir. C’est une publicité qui est bien pensée. J’aurais été le premier malheureux si on n’avait jamais entendu parler par la suite. »

En réaction à la présentation de M. Charette, Québec solidaire a dit que le bilan du gouvernement était « décevant ». « Le gouvernement de la CAQ continue de nier le racisme systémique et refuse d’adopter le Principe de Joyce comme le demandent nos confrères et consœurs autochtones », a souligné le parti.


La version originale de cet article indiquait que 13 des 25 recommandations étaient en cours de réalisation. En fait, les 25 recommandations sont maintenant en chantier.

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