Les puits pétroliers et gaziers sont un « danger » pour l’eau, plaide l’opposition

«Il y a vraiment un danger pour la qualité de l’eau, l’eau potable, et pour les résidents» avec ces puits exploratoires pétroliers et gaziers, a commenté la députée péquiste de Gaspé, Méganne Perry Mélançon.
Photo: Alexandre Shields Le Devoir «Il y a vraiment un danger pour la qualité de l’eau, l’eau potable, et pour les résidents» avec ces puits exploratoires pétroliers et gaziers, a commenté la députée péquiste de Gaspé, Méganne Perry Mélançon.

L’opposition s’inquiète de la qualité de l’eau à proximité des nombreux puits pétroliers et gaziers forés dans la vallée du Saint-Laurent.

Le Parti québécois (PQ) et Québec solidaire (QS) réclament des évaluations scientifiques sur la qualité des eaux souterraines, à la suite de données inquiétantes sur la dégradation de la qualité de l’eau souterraine dans le secteur de Murdochville, en Gaspésie, même plusieurs années après des forages exploratoires.

Le PQ et QS font écho à plusieurs groupes écologistes, qui réclament ces données sur la contamination des eaux à proximité de tous les puits d’hydrocarbures forés au cours des 20 dernières années.

« Oui, il y a vraiment un danger pour la qualité de l’eau, l’eau potable, et pour les résidents », a commenté la députée péquiste de Gaspé, Méganne Perry Mélançon, en conférence de presse.

« C’est exactement pour ça qu’il faut avoir un inventaire complet depuis les 20 dernières années, donc plus loin que le règlement de 2014, pour aller vraiment au fond de l’histoire. »

Selon les données du ministère de l’Énergie et des Ressources naturelles, 534 puits « inactifs » ont été localisés depuis 2018, et 241 autres n’ont pas été retrouvés, malgré les inspections menées par le ministère. De ce nombre, 209 sont considérés comme « non localisables », et donc perdus à jamais.

Parmi les puits inactifs localisés, le ministère évalue que 95 nécessiteront des « travaux », par exemple pour stopper des fuites de gaz naturel ou de pétrole.

Des travaux dont Québec ignore à l’heure actuelle les coûts exacts, mais pour lesquels les fonds publics qui seront dépensés ne représentent pas des sommes « astronomiques », avait dit au Devoir fin novembre le ministre Jonatan Julien. Il avait toutefois rappelé que le gouvernement a prévu 10 millions de dollars dans le plus récent budget, afin de « sécuriser » des puits retrouvés et inspectés par des experts du ministère d’ici 2023.

Absence de données

Les groupes écologistes déplorent notamment l’absence de données sur les eaux souterraines à proximité de 19 puits forés avec la méthode de la fracturation hydraulique, sur les 31 forés dans la vallée du Saint-Laurent.

Selon ce front d’organisations écologistes, il est inconcevable que des entreprises pétrolières exigent une indemnisation — parce que le gouvernement a décidé de mettre fin à toute exploitation des hydrocarbures au Québec — alors qu’on ne connaît pas l’état de la contamination des eaux provoquée par les forages successifs au cours des années.

Parmi les organismes qui s’allient pour cette démarche, il y a notamment Greenpeace, la Fondation David Suzuki, Équiterre et Nature Québec.

Avec Le Devoir

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