L’opposition s’unit pour réclamer une enquête publique sur la pandémie

«Il y a deux, trois
Photo: Jacques Boissinot La Presse canadienne «Il y a deux, trois "flashlights" qui se promènent dans la pièce, ça ne suffira pas à faire toute la lumière», a lancé le député solidaire Vincent Marissal, qui a suggéré à ses collègues des partis adverses de faire front commun.

Les partis de l’opposition ont fait front commun, mardi, pour demander au gouvernement Legault de mandater une enquête publique sur la gestion de la pandémie.

Le Parti libéral, le Parti québécois et Québec solidaire ont répété que cette enquête doit s’ajouter à celle de la coroner sur la situation dans les Centres hospitaliers de soins de longue durée (CHSLD) pendant la première vague et à celle de la commissaire à la santé et au bien-être, qui examine la performance du réseau de la santé pendant la crise de la COVID-19.

Après l’avoir fait séparément au cours des derniers mois, les partis de l’opposition ont fait front commun pour obtenir une enquête publique au mandat plus large que les démarches en cours.

Le député de Québec solidaire, Vincent Marissal, a suggéré à ses collègues des partis adverses de s’unir. « Il y a deux, trois flashlights, qui se promènent dans la pièce, ça ne suffira pas à faire toute la lumière », a-t-il dit dans un point de presse avec ses collègues.

La cheffe libérale, Dominique Anglade, a affirmé que le gouvernement a été placé devant des informations contradictoires au cours des dernières semaines. De nouvelles informations ont émergé d’un rapport de la protectrice du citoyen, qui a notamment contredit les témoignages du gouvernement devant la coroner Géhane Kamel.

« Il y a eu une série de contradictions qui nous montrent bien qu’on ne dit pas toute la vérité, qu’on ne veut pas obtenir toutes ces informations », a déclaré Mme Anglade.

Le chef parlementaire péquiste, Joël Arsenault, a déclaré que des enquêtes publiques ont été mandatées dans le passé pour « des événements beaucoup plus mineurs dans l’histoire du Québec ».

« Il est, à toute fin pratique, impensable de ne pas faire une espèce de post mortem de cette période de pandémie », a-t-il dit.

Refus et contre-attaque de Legault

Avant de se rendre à la période des questions, le premier ministre, François Legault, a rejeté la demande des oppositions en soulignant que la pandémie est l’objet de trois enquêtes, dont celle de la protectrice du citoyen qui a déposé son rapport récemment.

En 2010, les partis de l’opposition s’étaient également unis à l’Assemblée nationale pour réclamer une enquête publique sur la construction et le financement des partis politiques, alors que les libéraux étaient au pouvoir.

En Chambre, mardi, les partis de l’opposition ont continué de reprocher au gouvernement d’avoir ignoré les informations qui auraient dû l’inciter à empêcher l’hécatombe dans les CHSLD.

S’appuyant sur des échanges de courriels, Mme Anglade a accusé M. Legault d’avoir trop tardé, malgré des appels à l’aide.

« Ce que les gens disent, c’est qu’il manquait d’équipement, qu’ils ont appelé le gouvernement, qu’ils l’ont dit à plusieurs reprises, et que le gouvernement, malgré tout, le premier ministre au premier chef dans ses points de presse, disait qu’il ne manquait pas d’équipement », a affirmé la cheffe libérale.

M. Legault a soutenu qu’avant le mois de mars, « personne n’a soupçonné l’étendue de ce qui s’en venait dans les CHSLD ».

« C’est facile de le dire après, mais ça ne s’est pas rendu à notre table », a-t-il ajouté, accusant les libéraux d’avoir « brisé » le réseau de soins de santé en réduisant le nombre de cadres.

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