Des rassemblements de 20 personnes vaccinées permis pour les Fêtes

Horacio Arruda exauce les vœux de François Legault et autorise les rassemblements d’au plus 20 personnes pour les Fêtes. Seul bémol : les participants devront être vaccinés.

« On demande aux Québécois d’être responsables », a lancé le ministre de la Santé, Christian Dubé, en dévoilant les nouvelles recommandations de la Santé publique mardi. Les Québécois devront attendre jusqu’au 23 décembre pour profiter de ce nouvel assouplissement.

Jusqu’à mardi, le gouvernement était encore en attente des avis de la Santé publique sur les regroupements à Noël. François Legault avait signifié à plusieurs reprises qu’il ne voulait pas répéter les erreurs de l’an dernier, lui qui avait annoncé d’importants allègements avant de reculer dans les jours suivants.

Le directeur national de santé publique, Horacio Arruda, a finalement donné son feu vert, mardi. « C’est important de récompenser les Québécois , qui sont vaccinés à environ 81 % avec deux doses », a ajouté Christian Dubé en conférence de presse.

« On est quand même dans un domaine d’incertitude, a convenu l’élu caquiste. Les gens savent que [le variant] Omicron est là, on le sait qu’on n’a pas vacciné tout le monde. S’il y a une chose qu’on peut alléger aujourd’hui, c’est le nombre de personnes dans les rassemblements. »

Québec permettait jusqu’à maintenant à dix personnes de se rassembler à l’intérieur d’un domicile. En autorisant des rassemblements privés à 20, Horacio Arruda reprend essentiellement le scénario favorisé par François Legault. Celui-ci avait maintes fois souhaité des rassemblements en « famille élargie », à 20 ou 25 personnes.

Mais le Dr Arruda n’a pas subi de pressions politiques, a-t-il assuré. Plusieurs facteurs, dont l’épidémiologie et la relative stabilité du nombre d’hospitalisations dues à la COVID-19, l’ont guidé. « M. Legault aurait pu dire 45, 22, 12, et cetera. Moi, je suis resté avec mon opinion », a-t-il dit pour se justifier.

Des troisièmes doses pour Noël

À deux semaines des vacances hivernales, Québec tient la progression du variant Omicron à l’œil. Aux dernières nouvelles, il ne circulait pas dans la communauté, « mais on va peut-être avoir à travailler avec […] après les Fêtes », a convenu Christian Dubé.

Pour se donner une longueur d’avance, Québec offrira une dose de rappel du vaccin contre la COVID-19 à une nouvelle portion de la population. Dès mardi, la prise de rendez-vous pour cette troisième dose s’est ouverte aux travailleurs de la santé, aux malades chroniques, aux femmes enceintes et aux habitants des régions éloignées.

La Santé publique permettra aussi aux personnes de 60 ans et plus d’aller chercher une dose de rappel six mois après leur deuxième dose. En raison d’un « nombre limité de vaccinateurs », elles devront toutefois attendre au début de 2022 pour prendre rendez-vous.

« C’est le même ordre qu’on a fait lorsqu’on a fait nos premières, deuxièmes doses », a indiqué Christian Dubé.

Le gouvernement se base sur les recommandations du Comité sur l’immunisation du Québec. La semaine dernière, son équivalent fédéral, le Comité consultatif national de l’immunisation (CCNI), suggérait un rappel de vaccin, six mois après la deuxième dose, pour tous les adultes de 18 ans et plus. Il renforçait par ailleurs sa recommandation pour les 50 ans et plus.

André Veillette, médecin et immunologiste à l’Institut de recherches cliniques de Montréal, croit que le délai entre la deuxième dose et la troisième dose aurait pu être réduit à cinq mois — il est actuellement de six — pour les 70 ans et plus. « Les gens que c’est le jour de Noël leurs six mois ne vont pas aller se faire vacciner, dit-il. [Un intervalle plus court] leur aurait permis d’y aller tout de suite. Ça permettrait aussi d’aller plus vite pour les 60 ans et plus. »

C’est sans compter les 50-59 ans, qui ignorent toujours quand leur tour viendra, souligne le Dr Veillette, même si le CCNI recommande déjà leur vaccination.

S’il demande aux Québécois d’être vaccinés avant de se rassembler pour les Fêtes, le gouvernement Legault ne fera pas dans la coercition cet hiver, a aussi indiqué le ministre de la Santé mardi. « On ne va pas commencer à aller voir dans les partys privés. »

« Les gens savent le risque qu’ils prennent pour un “grand-parent” d’aller amener un non-vacciné dans un rassemblement de personnes vaccinées, a-t-il poursuivi. On ne commencera pas à demander de faire passer le passeport vaccinal. »

Roxane Borgès Da Silva, professeure à l’École de santé publique de l’Université de Montréal, juge « très correcte » la recommandation de la Santé publique. Mais elle estime qu’autoriser « trois bulles, avec des non-vaccinés à l’intérieur » aurait aussi pu être une option valable, surtout avec l’arrivée du variant Omicron.

« Qu’est-ce que les non-vaccinés vont faire ? a-t-elle demandé. C’est sûr que les familles ne vont pas les isoler. C’est sûr que ça va créer des tensions à l’intérieur des familles. »

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