Claire Samson révèle par mégarde la candidature de Johanne Beausoleil comme d.g. de la SQ

«Je me suis échappée, je m’excuse. Je n’aurais pas dû», a dit la députée Claire Samson après avoir dévoilé la candidature de Mme Beausoleil.
Photo: Jacques Boissinot Archives La Presse canadienne «Je me suis échappée, je m’excuse. Je n’aurais pas dû», a dit la députée Claire Samson après avoir dévoilé la candidature de Mme Beausoleil.

La députée conservatrice Claire Samson a révélé lundi qu’elle rencontrerait mardi la directrice générale intérimaire de la Sûreté du Québec (SQ), Johanne Beausoleil, à qui le gouvernement souhaite offrir le poste de façon permanente.

Mme Samson s’est échappée sur l’identité de Mme Beausoleil lors d’une entrevue où elle a été questionnée au sujet de la candidature de la directrice générale intérimaire. « Je ne l’ai jamais rencontrée, a-t-elle dit au Devoir. Je ne la connais pas. Je vais la rencontrer demain pour la première fois. »

Questionnée sur la confidentialité du processus, Mme Samson, qui a reçu « toute la documentation » en prévision de la rencontre de mardi, a reconnu son erreur. « Je me suis échappée, je m’excuse, a-t-elle dit. Je n’aurais pas dû. »

Johanne Beausoleil occupe le poste de directrice générale intérimaire depuis novembre 2019. Elle a remplacé Martin Prud’homme, suspendu en mars 2019.

Un processus d’abord sans Claire Samson

Le Devoir avait rapporté que la ministre de la Sécurité publique, Geneviève Guilbault, et des députés de l’opposition s’étaient réunis le 23 novembre pour rencontrer la personne privilégiée par le gouvernement pour succéder officiellement à M. Prud’homme.

À cette occasion, Mme Samson, qui est membre du Parti conservateur du Québec (PCQ), n’avait pas été invitée. Des représentants du Parti libéral, du Parti québécois et de Québec solidaire avaient toutefois été conviés.

La semaine dernière, à la suite d’une plainte adressée au président de l’Assemblée nationale, Mme Samson a été intégrée au processus de sélection prévu dans la Loi sur la police, mis en place par la Coalition avenir Québec (CAQ) en mai 2019.

Ce processus prévoit que tout « parti autorisé représenté à l’Assemblée nationale » peut déléguer un représentant au comité qui doit rencontrer la personne candidate pour déterminer la position de son groupe parlementaire en prévision d’un vote en Chambre, qui requiert les deux tiers des appuis.

La reprise de la rencontre se fera mardi avec Mme Samson et tous les participants de la première réunion. Ils pourront poser leurs questions à la candidate.

« Comme le PCQ est un parti reconnu, ils devaient m’inviter, mais ils ne l’ont pas fait parce que ça ne leur tentait pas », a dit Mme Samson en dénonçant le « mépris » de la CAQ, son ancien parti.

Mme Samson a rejoint le PCQ, dirigé par Éric Duhaime, en juin dernier.

Fin de session parlementaire

La loi donne 15 jours aux députés pour soumettre au gouvernement un rapport présentant leur position, après la rencontre avec le candidat du gouvernement.

Mme Samson n’a pas exclu de se prévaloir de tout le temps nécessaire avant de faire connaître son avis au cabinet du premier ministre, François Legault. « Ça se pourrait, a dit la députée. Je ne suis pas une experte des choses de la police. Je vais écouter et j’ai des questions. »

Selon nos informations, le gouvernement souhaite terminer le processus de nomination cette semaine, avant l’ajournement des travaux parlementaires prévu vendredi.

Avant d’être nommée à la tête de la SQ, Mme Beausoleil, une civile, a été cheffe du Bureau de la vérification du Service de police de la Ville de Montréal pendant quelques mois, en 2019.

Elle a également été sous-ministre associée au ministère de la Sécurité publique de 2011 à 2015. Ensuite, de 2015 à 2019, elle a travaillé à la SQ auprès de M. Prud’homme.

La date limite de dépôt des candidatures au poste de directeur général de la SQ avait été fixée au 18 octobre. Le mandat est d’une durée de sept ans, non renouvelable. Le salaire peut varier entre 176 992 $ et 253 100 $.

Mme Guilbault avait soumis le nom de Mme Beausoleil aux membres du comité lorsqu’ils se sont réunis la première fois sans Mme Samson, avait rapporté par la suite Le Journal de Montréal, qui n’a pas divulgué la source de cette information.

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