Pauline Marois vante le modèle des CPE

«Le modèle des CPE, c’est un rêve inachevé pour moi», a dit l’ancienne première ministre péquiste dans une allocution en vidéoconférence.
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir «Le modèle des CPE, c’est un rêve inachevé pour moi», a dit l’ancienne première ministre péquiste dans une allocution en vidéoconférence.

Pauline Marois a fait une apparition surprise samedi au congrès du Parti québécois (PQ) à Trois-Rivières pour vanter les modèles des Centres de la petite enfance (CPE), alors qu’une grève frappe ce réseau.

« Le modèle des CPE, c’est un rêve inachevé pour moi », a dit l’ancienne première ministre péquiste dans une allocution en vidéoconférence.

Celle qui est qualifiée comme la « mère des CPE » regrette que le gouvernement caquiste actuel ne développe pas davantage ce réseau.

« Moi, je vous le lègue, mais cela n’a pas l’air d’être parti dans le bon sens. »

Le modèle des CPE n’a pas pleinement abouti et c’est pour cette raison qu’elle estime que c’est un « rêve inachevé ». Par exemple, Mme Marois souhaite qu’il devienne aussi un carrefour de la petite enfance où un psychologue aurait pu venir aider un parent, ou qui aurait pu offrir des services de vaccination et des services d’un CLSC.

« Moi, je voulais que l’on confie la responsabilité aux parents. Je voulais de la souplesse, de l’adaptation. »

Mme Marois a été la dernière cheffe péquiste à avoir gouverné le Québec, de 2012 à 2014.

Gratuité scolaire

 

En matinée, le chef péquiste Paul St-Pierre Plamondon, a des réticences concernant la gratuité scolaire proposée par son aile jeunesse.

En mêlée de presse, il s’est interrogé sur la pertinence d’une gratuité universelle qui serait même offerte aux familles fortunées.

« Avec des ressources limitées, on ne commencera pas à payer l’éducation (supérieure) à des familles qui pourraient se la payer quatre fois », a-t-il déclaré.

Peu après, la présidente de l’aile jeunesse du parti, Marie-Laurence Desgagné, a laissé entendre que la gratuité scolaire serait mise en place graduellement, si bien sûr le Parti québécois forme le prochain gouvernement en 2022.

« Notre objectif n’est pas nécessairement d’appliquer du jour au lendemain la gratuité scolaire, si les militants ne sont pas rendus là », a-t-elle dit en mêlée de presse.

Questionnée quant au coût de la gratuité universelle, Mme Desgagné a indiqué que la proposition n’avait pas été chiffrée.

Destitution

 

Une autre proposition du Comité des jeunes du PQ a été rejetée. Ils souhaitaient que soit mis en place un processus de destitution des élus en cours de mandat s’ils font des gestes jugés inacceptables par la population.

Des délégués ont mis en garde contre les « effets pernicieux » d’une telle procédure : des citoyens pourraient ainsi constamment remettre constamment la légitimité des députés dûment élus. En outre, des fédéralistes pourraient s’en servir à leur profit, craignent des péquistes.

« On se lance dans une guérilla dont on n’aura pas besoin », a dit un militant bien connu, Paul Crête.

Budget, monnaie, armée

 

Comme dans tout congrès péquiste, il a été question de préciser les contours d’un Québec souverain, sa monnaie, son armée, son régime de retraite, ses frontières et son régime politique. Les militants ont voté pour la préparation d’une « fiche signalétique » servant à présenter ce portrait.

« Ça n’appartient pas aux militants du Parti québécois de choisir pour tout ça », a dit un des opposants à la proposition, qui y voyait un « piège » commode à exploiter par les adversaires du PQ.

Les militants du PQ sont réunis afin de se préparer aux élections générales d’octobre prochain.

Une série de propositions doit être débattue, que ce soit sur la réduction de la demande en transports, la gratuité des produits d’hygiène féminine, la fin des pratiques ségrégationnistes dans les écoles privées.

Depuis 2012, le PQ enregistre une baisse constante dans les votes recueillis et il ne fait guère mieux que 13 % selon le dernier sondage Léger.

En entrevue avec La Presse canadienne vendredi soir, le député péquiste Sylvain Gaudreault a dit qu’il s’agit du « congrès du renouveau », tout en convenant que le PQ doit freiner sa chute dans les intentions de vote.

À titre de porte-parole en matière d’Environnement, il mise beaucoup sur une série d’orientations pour effectuer un véritable virage vert en environnement et en économie.

Depuis sa défaite historique de 2018, le PQ est passé de l’opposition officielle à la troisième opposition en Chambre et il a perdu trois députés. Ils ne sont désormais que sept à défendre l’option souverainiste à l’Assemblée nationale.

Au scrutin de 2022, cinq partis représentés au Parlement courtiseront les électeurs, si on compte aussi le nouveau Parti conservateur et sa députée.

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