Mort de Richard Genest : les positions de la CAQ laissent les oppositions perplexes

Le député péquiste Joël Arseneau.
Photo: Jacques Boissinot (Archives) La Presse canadienne Le député péquiste Joël Arseneau.

Les partis d’opposition à l’Assemblée nationale s’étonnent des positions changeantes du gouvernement au sujet de l’enquête du coroner sur la mort de Richard Genest à Amos. « C’est inquiétant », a soulevé l’élu péquiste Joël Arseneau, vendredi.

Jeudi, toute la matinée, le premier ministre François Legault a martelé qu’il n’y avait « aucun lien à faire » entre la mort de M. Genest après un long voyage en ambulance et la fermeture de l’urgence de Senneterre, où il habitait. L’élu caquiste a ajouté qu’une enquête n’était pas nécessaire pour faire la lumière dans ce dossier.

Or, le Bureau du coroner avait déjà lancé son enquête, et ce, dès 8h30 ce matin-là.

« Soit le gouvernement savait que l’enquête avait été déclenchée et il a continué sur la même ligne du déni, ce qui est inquiétant, a observé le chef parlementaire du Parti québécois, Joël Arseneau, vendredi. Soit le gouvernement n’était pas au courant qu’une enquête du coroner était déjà en route, alors qu’il disait que l’enquête n’était pas nécessaire, ce qui est aussi inquiétant. »

Selon la cheffe du Parti libéral du Québec, Dominique Anglade, le gouvernement Legault fait carrément « de l’aveuglement volontaire ».

« Hier en période de questions il était évident pour nous qu’il fallait qu’il y ait une enquête du coroner. Tout le monde regardait ça puis disait : c’est évident que le fait que quelqu’un n’ait pas pu avoir accès à une urgence à 10 minutes à pied de chez lui ça doit certainement soulever des questions », a-t-elle relaté lors d’un point de presse vendredi matin.

« La seule personne qui disait : “je ne vois aucun lien”, c’est le premier ministre. Et ça, c’est irresponsable », a-t-elle poursuivi.

Le gouvernement soutient que c’est la présidente-directrice générale du CISSS de l’Abitibi-Témiscamingue, Caroline Roy, qui l’a mis au courant des activités du Bureau du coroner. C’est elle qui leur a d’abord indiqué qu’il n’y avait « pas matière à enquête ».

Ça n’excuse en rien le comportement des élus caquistes jeudi, a rétorqué l’élue d’Abitibi-Témiscamingue Émilise Lessard-Therrien. « Comment ça se fait [que le gouvernement] n’était pas au courant que le coroner s’était déjà saisie du dossier et qu’il répétait que tous les protocoles avaient été respectés ? Si le coroner se saisit du dossier, c’est pour faire la lumière sur ce qui s’est passé », a lancé la députée de Québec solidaire.

Selon les données du ministère de la Santé et des Services sociaux, cinq services d’urgences à travers le Québec font face à des bris de service temporaires, dont celui de Senneterre.

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