Le PQ rehausse ses cibles climatiques à son tour

«On rehausse les ambitions», soutient le porte-parole du parti en matière d’environnement, Sylvain Gaudreault.
Photo: Francis Vachon Archives Le Devoir «On rehausse les ambitions», soutient le porte-parole du parti en matière d’environnement, Sylvain Gaudreault.

La course aux cibles climatiques se poursuit. Le Parti québécois (PQ) proposera cette fin de semaine à ses membres d’adopter un objectif de réduction des gaz à effet de serre de 45 % en 2030 par rapport au niveau de 2010, a appris Le Devoir.

La formation politique compte ainsi se coller aux cibles vertes fixées pas plus tard qu’au milieu du mois dans l’accord de Glasgow. En pratique, le PQ souhaite faire passer les émissions polluantes du Québec à 44 mégatonnes de CO2 en 2030. En comparaison, elles gravitaient autour de 80 mégatonnes en 2010.

« On rehausse les ambitions », soutient le porte-parole du parti en matière d’environnement, Sylvain Gaudreault, en entrevue dans son bureau de l’Assemblée nationale. Il suggérera ce week-end d’encadrer ce nouveau seuil « dans le droit québécois ».

En pleine saison des congrès politiques, le parti de René Lévesque était le dernier à s’exprimer sur ses cibles vertes en vue des élections de 2022.

Il y a une semaine et demie, Québec solidaire (QS) rehaussait les siennes en promettant des réductions de 55 % des émissions en 2030, par rapport à 1990. Quelques jours plus tard, c’était au tour du Parti libéral de réviser ses objectifs : l’opposition officielle souhaite amaigrir le bilan carbone québécois de 45 % en 2030, par rapport à 1990. Quant au gouvernement, son viseur est bien pointé sur les cibles actuelles, à -37,5 % en 2030.

« Surenchère »

Sylvain Gaudreault en convient, le PQ participe à une véritable « vente aux enchères » en endurcissant lui aussi ses objectifs de réduction. « Il y a quelque chose d’absurde à faire une surenchère comme ça: 37,5 %, 40 %, 45 %, 55 %, 65 %, adjugé ! » lance-t-il à la blague. « Comme député, je n’ai pas un citoyen de Jonquière qui m’arrête dans la rue pour me dire : Sylvain, 37,5 % ou 55 % ? » ajoute-t-il.

Alors, pourquoi se positionner ? Parce que la question aurait surgi à un moment ou un autre, soutient l’élu péquiste. « On n’avait pas le choix », avance-t-il.

Les membres du PQ se rassemblent ce week-end pour se prononcer sur une multitude d’enjeux électoraux. Sylvain Gaudreault estime que la révision proposée des cibles constitue la voie du juste milieu et qu’elle se base sur le consensus planétaire.

45%
C’est le pourcentage que s’est donné le Parti québécois comme objectif de réduction des gaz à effet de serre en 2030.

« Je ne voulais pas embarquer dans un discours de “faire monter les cibles pour faire monter les cibles”. À force de ne pas atteindre nos cibles, on crée du cynisme et du désespoir », souligne-t-il.

L’élu péquiste montre du doigt les nouvelles cibles de QS, irréalistes à ses yeux. « Ce n’est pas possible d’y arriver », affirme M. Gaudreault.

« Augmenter ses cibles, ça ne se fait pas sur une napkin », illustre-t-il.

La semaine dernière, l’actuel ministre de l’Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques, Benoit Charette, avait lui aussi critiqué les nouvelles ambitions de QS, arguant que l’objectif actuel était déjà difficile à atteindre. « Ça sera un défi colossal », avait signifié l’élu de la Coalition avenir Québec, qui a pour le moment identifié la moitié des mesures nécessaires à l’atteinte de ses objectifs.

Sylvain Gaudreault rétorque que le repositionnement de Québec solidaire n’exempte en rien le gouvernement caquiste. « C’est les deux extrêmes, résume-t-il. La CAQ a une cible insuffisante, et les moyens pour s’y rendre ne sont pas tous identifiés. »

Plan de match

En plus d’aborder les nouvelles cibles du parti, les militants péquistes discuteront cette semaine d’une liste complète de mesures environnementales. « Ce qui compte, c’est les moyens. C’est comment y arriver qui va être le plus important », dit Sylvain Gaudreault.

L’élu souhaite déposer un « tableau de bord » précis des promesses environnementales péquistes, lequel doit permettre au parti de remplir ses ambitions vertes. Celui-ci aboutira d’ici les élections générales, assure-t-il.

Déjà, le PQ s’est engagé à mettre sur pied un budget carbone. Le parti propose aussi de puiser un milliard de dollars par année dans le Fonds des générations afin de lancer un fonds de « transition juste », qui accompagnerait les travailleurs dans la transition énergétique du Québec.

À son congrès, la formation politique souhaite également mettre en avant « des principes forts » en matière de transport collectif. Sylvain Gaudreault ne détaille pas les intentions de son parti. « Le transport collectif, ce n’est pas juste dans les régions », se contente-t-il de dire.

Le congrès péquiste s’étirera sur une seule journée, samedi, à Trois-Rivières.

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