Les libéraux veulent une cible de réduction des GES de 40 à 45%

En entrevue au «Devoir», Mme Anglade a avancé que la cible proposée serait «d’au moins 37,5%». Une source sûre a ensuite confirmé que la proposition soumise aux militants serait de 40% à 45%.
Photo: Marie-France Coallier Le Devoir En entrevue au «Devoir», Mme Anglade a avancé que la cible proposée serait «d’au moins 37,5%». Une source sûre a ensuite confirmé que la proposition soumise aux militants serait de 40% à 45%.

Le Parti libéral du Québec souhaite bonifier ses cibles climatiques : il proposera cette fin de semaine des réductions des gaz à effet de serre (GES) de 40 % à 45 % en 2030 par rapport au niveau de 1990, a appris Le Devoir.

Le parti, qui avait jusqu’ici la même cible que le gouvernement du Québec — une réduction de 37,5 % des GES en 2030 par rapport à 1990 — compte mettre cette proposition au jeu lors de son congrès des membres, qui s’ouvre ce vendredi.

En suggérant une diminution de 40 % à 45 %, le PLQ s’aligne sur l’engagement pris en avril dernier par le gouvernement fédéral. Les libéraux de Justin Trudeau avaient alors dit qu’il s’agissait de « la cible la plus ambitieuse possible ».

Les troupes de Dominique Anglade avancent aussi un nombre qui se situe entre la cible gouvernementale et celle, de 55 %, adoptée en congrès par Québec solidaire (QS) la fin de semaine dernière.

En entrevue au Devoir, Mme Anglade a avancé que la cible proposée serait « d’au moins 37,5 % ». Une source sûre a ensuite confirmé que la proposition soumise aux militants serait de 40 % à 45 %. « Mais l’objectif du week-end, ce n’est pas tant la cible que comment on va y parvenir », a précisé la cheffe libérale. « Ce que je vais présenter, d’abord et avant tout, c’est vraiment la manière d’y parvenir. »

À son avis, « l’objectif du congrès, ce n’est pas de dire : “voici le chiffre, et c’est tout” ». Ce que les libéraux souhaitent démontrer, « c’est qu’on a un plan de match pour combiner économie et environnement », a-t-elle souligné.

Un an et demi après son arrivée à la tête du parti, Mme Anglade insiste sur le fait que « l’enjeu numéro un », ce sont les changements climatiques. « On parle souvent du parti de l’économie. C’est tellement réducteur parce qu’au fond, le Parti libéral est le parti des grandes transformations, d’abord et avant tout », a-t-elle lancé.

La cible gouvernementale de 37,5 % est déjà « extrêmement ambitieuse », a déclaré mercredi le ministre de l’Environnement, Benoit Charette. En 2018, le Québec avait réduit ses émissions totales de 6 % depuis 1990. À l’approche du bilan 2019 — prévu dans les prochaines semaines —, le ministre Charrette a appelé les oppositions à faire preuve de pragmatisme, disant que « la marche est excessivement haute ». Au cours de la fin de semaine, plusieurs hauts placés du gouvernement de François Legault se sont moqués de l’objectif de 55 % proposé par QS.

Premier congrès en quatre ans

Pour la première fois depuis 2017, des centaines de militants du PLQ convergeront vers Québec cette fin de semaine pour débattre des résolutions proposées par la commission politique du parti. Le parti traverse une période difficile : il n’attire plus que 9 % des francophones selon les sondages, il traverse une crise depuis l’exclusion de Marie Montpetit et il doit reprendre le contact avec ses militants, nombreux à s’être sentis négligés pendant le règne de Philippe Couillard.

Dans ce contexte, Mme Anglade a dit ressentir « plus qu’une pression » pour intégrer les propositions des militants dans sa plateforme électorale. « C’est un engagement de ma part. […] Il faut que moi, comme cheffe, je sois imprégnée de l’esprit des propositions présentées », a-t-elle affirmé.

Parmi les propositions qui seront étudiées, il y en a une qui vise à élargir la couverture d’assurance maladie afin qu’elle inclue « notamment la psychothérapie, la physiothérapie, les soins dentaires, oculaires et auditifs ». « C’est très large », convient la cheffe de l’opposition officielle, en mentionnant tout de même que les libéraux ont déjà proposé un accès public universel à la psychothérapie.

Les militants libéraux souhaitent aussi débattre de la possibilité de permettre aux parents d’enfants de moins de cinq ans ou en situation de handicap « de travailler quatre jours par semaine aux frais de l’employé sans crainte de représailles de son employeur ». Ils proposent aussi de soutenir « les revendications des Québécois d’expression anglaise relativement à la protection de l’indépendance et de l’autonomie des commissions scolaires anglophones ».

La Commission scolaire English-Montréal défend le « droit exclusif » de la minorité anglophone du Québec « de gérer et de contrôler [ses] écoles », dans le cadre de la contestation de laLoi sur la laïcité de l’État.

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