Nouvelle étape dans le processus de sélection du prochain DG de la SQ

À la suite de l’entrevue prévue mardi, les membres du comité d’élus auront jusqu’à 15 jours pour présenter leur rapport sur la candidature.
Photo: Jarvis Baker Getty Images iStock À la suite de l’entrevue prévue mardi, les membres du comité d’élus auront jusqu’à 15 jours pour présenter leur rapport sur la candidature.

Un groupe restreint de députés de l’Assemblée nationale connaîtra lundi l’identité du candidat proposé par le gouvernement pour succéder à Martin Prud’homme au poste de directeur général de la Sûreté du Québec (SQ), a appris Le Devoir.

Mardi, cette personne sera reçue en entrevue par un comité formé de ces élus, ont indiqué deux sources confidentielles qui ont préféré ne pas être nommées car elles ne sont pas autorisées à s’exprimer publiquement sur le sujet.

La Loi sur la police prévoit que ce comité est formé d’élus de chaque « parti autorisé représenté à l’Assemblée nationale ». Selon les informations obtenues, Alexandre Leduc, de Québec solidaire, Jean Rousselle, du Parti libéral du Québec et Martin Ouellet, du Parti québécois, représenteront l’opposition.

Le gouvernement sera représenté par la ministre de la Sécurité publique, Geneviève Guilbault.

À la suite de l’entrevue prévue mardi, les membres du comité d’élus auront jusqu’à 15 jours pour présenter leur rapport sur la candidature.

Cette étape de validation doit servir à établir si la proposition éventuelle de cette personne, dont l’identité doit demeurer confidentielle entre-temps, recevrait l’appui d’au moins les deux-tiers des élus québécois à l’Assemblée nationale.

La date limite pour les candidatures au poste de directeur général de la SQ avait été fixée au 18 octobre. Le mandat est d’une durée de sept ans, non renouvelable. Le salaire peut varier entre 176 992 $ et 253 100 $.

Nouvelle procédure

En mai 2019, le gouvernement caquiste a fait adopter une loi modifiant le processus de nomination du commissaire à la lutte contre la corruption, du directeur des poursuites criminelles et pénales et du directeur général de la Sûreté du Québec.

Jusque-là, leur nomination relevait du seul gouvernement. La nouvelle procédure prévoit maintenant qu’elle relève de l’Assemblée nationale, sur proposition du premier ministre. L’objectif était de dépolitiser ces nominations.

Frédérick Gaudreau, commissaire de l’Unité permanente anticorruption, et Patrick Michel, directeur des poursuites criminelles et pénales, ont depuis été nommés suivant cette nouvelle procédure.

Le prochain directeur général de la SQ sera le premier à être nommé en vertu de cette façon de faire.

Suspendu de ses fonctions depuis mars 2019, Martin Prud’homme a annoncé en août qu’il prenait sa retraite après avoir conclu une entente confidentielle avec le gouvernement. Simultanément, le gouvernement avait annoncé le retrait d’une demande d’enquête déontologique à la Commission de la fonction publique visant M. Prud’homme.

L’implication des élus cette semaine arrive en toute fin du processus. La Loi sur la police prévoit qu’un comité de sélection est d’abord formé par le ministre, sur lequel se retrouve notamment le sous-ministre à la Sécurité publique.

Les noms d’au moins deux finalistes sont ensuite soumis au ministre. La proposition du premier ministre doit être faite à partir de cette présélection de candidats.

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