Grèves dans les CPE : dialogue de sourds entre le Trésor et les syndicats

«Si on attribue la même marge d’augmentation à tout le monde, on est incapables d’aller jusqu’à 30$ [l’heure] pour les éducatrices», a déclaré Sonia Lebel en entrevue lundi matin.
Photo: Jacques Boissinot La Presse canadienne «Si on attribue la même marge d’augmentation à tout le monde, on est incapables d’aller jusqu’à 30$ [l’heure] pour les éducatrices», a déclaré Sonia Lebel en entrevue lundi matin.

Alors que les syndicats menacent de se doter de mandats de grève générale, la présidente du Conseil du trésor, Sonia LeBel, martèle que le gouvernement n’a pas les moyens d’offrir davantage aux employées des centres de la petite enfance (CPE) autres que les éducatrices.

Les négociations achoppent sur la rémunération des responsables en alimentation, des préposées à l’entretien, des agentes administratives et des agentes de conseil, l’équivalent dans les CPE des conseillers pédagogiques.

« Si on attribue la même marge d’augmentation à tout le monde, on est incapables d’aller jusqu’à 30 $ [l’heure] pour les éducatrices », a déclaré Sonia LeBel en entrevue au Devoir lundi matin. La présidente du Conseil du trésor prétend qu’une hausse de salaire générale dans les CPE la forcerait à consentir la même chose pour les responsables en alimentation et préposés à l’entretien de tout le reste du réseau public, par exemple. « C’est clair qu’ils vont venir cogner à ma porte. »

Or, les syndicats avancent que le Québec a les moyens de se payer de telles hausses avec les six milliards de dollars en compensation promis par Ottawa avec son programme fédéral sur les garderies.

Négociations au programme

Lundi, ils ont entrepris un débrayage ponctuel variable d’un syndicat à l’autre (de lundi à mercredi pour la Centrale des syndicats du Québec [CSQ], de lundi à jeudi pour la Confédération des syndicats nationaux [CSN], et mercredi et jeudi pour la Fédération des travailleurs du Québec [FTQ]).

Mais ce n’est pas tout : la Confédération des syndicats nationaux et la Centrale des syndicats du Québec ont fait savoir qu’elles convoqueraient leurs membres mercredi en assemblée générale pour un vote sur un mandat de grève illimité. « Personne ne fait la grève de gaieté de cœur », a déclaré la présidente de la CSN, Caroline Senneville, lors d’un point de presse lundi matin aux côtés des représentants de la CSQ et de la FTQ. « Si on est rendus là, c’est vraiment parce qu’on pense qu’on n’a pas le choix. »

Mais Mme LeBel plaide que les négociations ne sont pas au point mort, puisque des rencontres de négociations sont au programme mardi et mercredi. « Si on a des dates de fixées, ça veut dire que les négociations se poursuivent. »

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