Québec solidaire met en place la «meilleure plateforme» de son histoire

Après un congrès de trois jours, Québec solidaire a conclu dimanche l’élaboration d’une plateforme électorale tout en concision. « C’est mission accomplie » à moins d’un an des élections générales de 2022, a souligné la co-porte-parole du parti, Manon Massé, dimanche.

Le parti d’opposition s’est présenté ce week-end comme l’« alternative » à la Coalition avenir Québec (CAQ) de François Legault. D’entrée de jeu, son co-porte-parole, Gabriel Nadeau-Dubois, avait qualifié le congrès préélectoral d’occasion pour se « préparer à gouverner ».

Après avoir adopté de nouvelles cibles climatiques et concrétisé l’engagement d’instaurer une semaine de travail de 35 heures, samedi, les militants du parti ont voté dimanche sur une multitude d’enjeux liés au racisme, au logement, au mode de scrutin et à la laïcité.

Les membres solidaires ont par exemple adopté une proposition pour faire passer l’âge du vote à 16 ans. Le parti a aussi précisé ses ambitions en habitation en inscrivant à sa plateforme un chantier de 50 000 logements sociaux. Il y ajoutera aussi un engagement à « mettre sur pied une Commission d’enquête sur le racisme systémique ».

La commission politique du parti s’était donné l’objectif d’adapter sa plateforme pour qu’elle soit plus « concise » et « concrète » qu’au dernier rassemblement préélectoral. Résultat des courses : le cahier des propositions déposé avant le début du congrès tenait sur une vingtaine de pages et était « beaucoup plus court cette fois-ci », a observé l’attachée de presse du parti, Camila Rodriguez-Cea, dans un échange de messages textes.

« Nos membres nous avaient demandé clairement que cette plateforme soit concrète, qu’elle soit courte et qu’elle soit collée aux préoccupations des gens. Mission accomplie », a ajouté Manon Massé dans ses mots de fin de congrès aux journalistes.

Le climat en ligne de mire

Son collègue Gabriel Nadeau-Dubois considère que les militants ont posé ce week-end les assises de la « meilleure plateforme électorale de [l’]histoire » du parti.

« Le pilier de la prochaine campagne de Québec solidaire, ce sera l’environnement », a-t-il observé pour expliquer la prépondérance des questions climatiques dans le discours du parti au cours de son congrès.

En adoptant des cibles de réduction de gaz à effet de serre de 55 % en 2030, par rapport en 1990, les membres ont « trouvé l’équilibre entre l’ambition et la faisabilité », a poursuivi l’élu de Gouin en conférence de presse.

Les militants s’étaient tiraillés samedi, en discutant de ces objectifs verts. Certains ont demandé au parti d’aller plus loin, en fixant ses seuils minimaux à 65 % et en imposant des amendements plus radicaux.

Finalement, la proposition du juste milieu a été adoptée à 93 %. « C’est sûr que des membres auraient voulu qu’on aille plus loin. Mais j’ai vu un congrès de maturité politique », a dit Manon Massé.

Des gains en vue ?

Et maturité rime souvent avec croissance. En fin de semaine, les porte-parole de QS ont maintes fois répété qu’il fallait profiter de la conjoncture pour faire des « gains importants » aux élections d’octobre 2022.

Dans une soirée tout en musique et en discours, samedi, Mme Massé et M. Nadeau-Dubois se sont efforcés d’élargir leur base électorale. « Ce qui fait peur au premier ministre, c’est trois mots, a tonné le second dans une longue allocution aux relents électoraux. Trois petits mots que vous allez m’entendre dire jusqu’aux prochaines élections : on est capables. »

« Juste en venant ici, vous envoyez un message, a lancé Mme Massé aux militants. Ça nous donne sincèrement l’espoir de gagner d’autres batailles. »

Déjà, le siège laissé vacant dans la circonscription de Marie-Victorin est dans le viseur du parti. Nouvellement élue, la présidente de QS, Alejandra Zaga Mendez, voit l’élection partielle comme « un moment important pour montrer que [son parti est] la seule et véritable opposition à la CAQ ».

Dans cette saison des congrès politiques, il ne reste plus que ceux du Parti libéral du Québec et du Parti québécois, respectivement la fin de semaine prochaine et celle d’après.

Une position floue sur la loi 21

Opposé aux principes de la Loi sur la laïcité de l’État, Québec solidaire (QS) n’a cependant pas décidé ce qu’il ferait du controversé texte s’il était élu au gouvernement. Cette fin de semaine, des militants ont suggéré au parti de poser les bases d’une potentielle modification à la « loi 21 ». Dans deux propositions déposées en cours de journée dimanche, ils ont appelé QS à rouvrir le texte législatif pour en retirer les dispositions de dérogation et les articles sur le port des signes religieux. Après un long débat, ces amendements ont été rejetés à la majorité. Dimanche, malgré plusieurs questions des journalistes, le co-porte-parole solidaire, Gabriel Nadeau-Dubois, n’a pas pu dire ce qu’un éventuel gouvernement solidaire ferait de la loi. « Il y aura une position très claire sur cet enjeu-là, mais les membres ont décidé de ne pas bricoler ça en instance », a-t-il dit. QS appuie historiquement la laïcité, mais s’oppose à l’interdiction des signes religieux.



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