Québec solidaire fait grimper ses cibles climatiques

En matinée samedi, le co-porte-parole Gabriel Nadeau-Dubois a convenu de l’importance pour son parti de faire des propositions «plus près des préoccupations quotidiennes des gens».
Photo: Jacques Boissinot La Presse canadienne En matinée samedi, le co-porte-parole Gabriel Nadeau-Dubois a convenu de l’importance pour son parti de faire des propositions «plus près des préoccupations quotidiennes des gens».

Gabriel Nadeau-Dubois veut voir Québec solidaire (QS) dépasser son statut de parti de « bonnes idées » pour adopter une plateforme électorale « concrète » en 2022. Samedi, le parti s’est tout de même positionné pour renforcer ses cibles climatiques.

En congrès, les militants de Québec solidaire ont voté pour faire grimper significativement leurs objectifs de réduction de gaz à effets de serre. Originellement, dans son cahier de proposition, le parti avait inscrit une cible de réduction de 45 % en 2030 par rapport aux niveaux de 1990. Les membres de la formation ont décidé de faire passer ce chiffre à au moins 55 %.

Samedi, les membres se sont tout de même tiraillés sur le chiffre à adopter. Certains d’entre eux ont appelé leurs collègues à aller plus loin, en faisant grimper la cible à 65 %. « On ne peut pas mettre un plaster sur une gangrène », a tonné Hélène Bissonnette, membre du Collectif Tendance marxiste internationale de QS.

Un militant a proposé de retirer toutes les voitures des routes du Québec en 2030, qu’elles soient électriques ou à essence. Une autre a appelé les militants à voter en faveur d’une nationalisation des grandes industries polluantes. Finalement, ces propositions, comme l’objectif à 65 %, ont été rejetées par les membres, samedi.

« Si on a des grosses propositions ambitieuses et que le monde ne nous suit pas, il y a des limites à ce qu’un parti politique peut faire en termes d’éducation. Plus on monte la cible, plus c’est exigeant », a soulevé un autre militant, Olivier Huard.

Réalisme

Québec solidaire inscrira sa nouvelle cible de réduction dans la plateforme qu’il présentera en campagne électorale l’an prochain. Les membres solidaires ont d’ailleurs voté en faveur de diverses positions climatiques plus précises, samedi.

Dans son programme, le parti prendra l’engagement d’entamer un « vaste chantier afin de doter le Québec d’un réseau public de chemins de fer électrifié », d’interdire la construction de nouveaux pipelines et de nationaliser « l’ensemble des industries produisant des énergies renouvelables ».

En matinée samedi, le co-porte-parole de Québec solidaire, Gabriel Nadeau-Dubois, avait convenu de l’importance pour son parti de faire des propositions « plus près des préoccupations quotidiennes des gens ».

« La démonstration qu’on veut faire c’est qu’à Québec solidaire, on n’a pas juste des belles idées et des belles valeurs, mais qu’on est capables de les mettre en pratique dans des propositions concrètes », a-t-il souligné.

L’autre co-porte-parole de QS, Manon Massé, croit que le parti est le seul à pouvoir agir en environnement. C’est vers eux que devront se tourner les Québécois en 2022 pour sortir de l’urgence climatique, a-t-elle signifié. « À ma connaissance, les autres partis sont toujours à la cible de 37,5 % alors que la science nous dit que ça nous prend au moins 55 % », a-t-elle dit.

En plus de voter sur les enjeux environnementaux, les militants solidaires se sont prononcés samedi sur une foule de dossiers en vue des élections générales. Un gouvernement solidaire élu amorcerait donc « une diminution des frais exigés au niveau postsecondaire, afin d’atteindre à terme la gratuité scolaire ». Il donnerait aux langues autochtones « le statut de langues protégées », éliminerait le poste de lieutenant-gouverneur et mettrait fin au serment à la reine.

En après-midi, le parti a confirmé ses intentions d’instaurer une semaine de 35 heures et quatre semaines de vacances obligatoires. Il s’est aussi engagé à rehausser le salaire minimum à 18$ de l’heure s’il était élu.

C’est la saison des congrès politiques. Après la Coalition avenir Québec la semaine dernière, QS et la Parti conservateur se rassemblent ce week-end. Dimanche, les militants solidaires voteront sur une proposition visant à rouvrir la loi 21 pour en éliminer les dispositions de dérogation. Ils discuteront également d’enjeux de langue française et de racisme.

Le congrès du Parti libéral du Québec suivra la fin de semaine prochaine, puis celui du Parti québécois, début décembre.

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