L’ancien ministre libéral Pierre Reid est mort

Pierre Reid a été élu pour la première fois en 2003 et a siégé jusqu’en 2018, après cinq victoires consécutives aux élections.
Photo: Jacques Nadeau Archives Le Devoir Pierre Reid a été élu pour la première fois en 2003 et a siégé jusqu’en 2018, après cinq victoires consécutives aux élections.

Pierre Reid n’est plus. L’ex-ministre libéral a rendu l’âme dimanche à Sherbrooke, tout près de la circonscription où il a siégé pendant quinze ans. L’ancien député d’Orford avait 73 ans.

Élu en 2003 sous la bannière libérale, Pierre Reid a notamment occupé le poste de ministre de l’Éducation sous le gouvernement de Jean Charest. Il a siégé comme député jusqu’en 2018, quand il a décidé de quitter la vie politique après cinq victoires consécutives aux élections.

Né à Jonquière le 16 août 1948, il a passé la plus grande partie de sa vie en Estrie, comme professeur à l’Université de Sherbrooke dans les années 1970 et 1980, puis comme recteur du même établissement au tournant du siècle.

Le passage à l’Éducation

Mardi, le premier ministre François Legault a salué un homme « passionné et tellement sympathique ».

« Il a toujours fait preuve d’une grande classe. Je garde d’excellents souvenirs de mes conversations avec lui », a ajouté l’actuel ministre de l’Éducation, Jean-François Roberge, sur Twitter.

C’est justement le passage de Pierre Reid à l’Éducation qui aura marqué les esprits. Nommé en 2003 par le nouveau premier ministre Charest, le nouvel élu est resté deux ans à la barre de ce paquebot ministériel, et ce ne fut pas de tout repos.

Au printemps 2003, quelques mois à peine après son entrée en fonction, M. Reid annonçait devant des centaines de représentants du milieu scolaire le report de l’entrée en vigueur de la réforme au secondaire. La nouvelle avait fait tollé, et la critique de l’opposition officielle d’alors, Pauline Marois, avait accusé le nouvel élu d’agir de façon « cavalière ».

Le mandat de Pierre Reid à l’Éducation a aussi été marqué par les grèves étudiantes de 2004 et de 2005. À l’époque, le gouvernement Charest avait décidé de convertir plus d’une centaine de millions de dollars de bourses étudiantes en prêts. Mal accueillie dans le milieu étudiant, la mesure avait généré plusieurs manifestations, des années avant le Printemps érable.

Le ministre Reid a écopé en février 2005, quand Québec lui a préféré Jean-Marc Fournier dans un remaniement de son cabinet. Le député d’Orford a hérité des Services gouvernementaux, un portefeuille qu’il a conservé sur une brève période, avant de perdre toute fonction ministérielle.

L’Estrie « tatouée sur le cœur »

Les douze dernières années de sa vie politique, Pierre Reid les a passées comme député d’arrière-ban. C’est sa circonscription d’Orford qui est devenue la priorité. Pendant douze années encore, l’élu a « défendu avec cœur les gens qu’il représentait », a remarqué mardi la cheffe du Parti libéral, Dominique Anglade, qui avait côtoyé M. Reid lors de son dernier mandat.

« Il a toujours eu la région de l’Estrie tatouée sur le cœur. C’est quelqu’un qui a donné énormément pour sa région », a-t-elle observé.

Mme Anglade se souvient de Pierre Reid « le scientifique ». « Il organisait des rencontres avec le scientifique en chef pour parler d’innovation, de nouvelles technologies. Il était passionné », s’est-elle remémoré, quelques heures après s’être entretenue avec ses proches.

Une cérémonie en hommage à l’ancien ministre libéral aura lieu au début du mois de décembre au Complexe funéraire Charron & Lamoureux, à Magog.

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