En 2022, Québec solidaire veut être une «alternative» verte à la CAQ

La nouvelle présidente de Québec solidaire, Alejandra Zaga Mendez, entrera en fonction au cours du congrès du parti, la fin de semaine prochaine.
Photo: Julien Cadena Le Devoir La nouvelle présidente de Québec solidaire, Alejandra Zaga Mendez, entrera en fonction au cours du congrès du parti, la fin de semaine prochaine.

Québec solidaire veut devenir la solution de rechange au gouvernement caquiste lors des élections générales de 2022. Et pour ce faire, le parti à la bannière orange devra s’habiller encore davantage de vert, signale sa nouvelle présidente, Alejandra Zaga Mendez.

Le Devoir a discuté avec la nouvelle présidente du parti, qui entrera en fonction au cours du congrès de Québec solidaire, la fin de semaine prochaine. D’après elle, la croissance de la formation politique, née il y a quinze ans, ne fait que commencer.

« Québec solidaire est, en ce moment, l’option sur le plan de l’environnement et de la lutte contre les inégalités », dit-elle en entrevue téléphonique.

Sur le thème « À nous demain », les militants solidaires se rassembleront en fin de semaine à Montréal pour l’habituel congrès des membres. « Nous sommes déjà dans la planification préélectorale », constate Mme Zaga Mendez. Dans les derniers mois, c’est l’écriture de la plateforme pour 2022 qui a mobilisé le parti.

La présidente de QS soutient que « la question de l’environnement [...] est centrale ». C’est en se positionnant sur « l’enjeu de notre siècle » que les partis pourront tirer leur épingle du jeu en octobre de l’an prochain, souligne-t-elle.

En marge de la COP26, le climat est apparu en gras sur le radar du gouvernement de François Legault. Après avoir effectué plusieurs annonces climatiques avant et à Glasgow, le premier ministre a admis début novembre avoir « évolué » sur les questions environnementales.

Cette fin de semaine, en conseil général, la Coalition avenir Québec (CAQ) votait pour une multitude de positions climatiques. Parmi celles-ci, le développement du réseau de transport collectif interrégional, la création de parcours canotables et un « aménagement durable des forêts ».

Il reste que Québec solidaire est le seul parti à mettre l’environnement en tête de proue de ses préoccupations, affirme Alejandra Zaga Mendez. « Ce qu’on va présenter aux prochaines élections, c’est la plateforme la plus ambitieuse en matière d’environnement », assure-t-elle. Son contenu sera confirmé ou non en fin de semaine lors des trois jours du congrès.

Interrogée sur la possibilité que le Collectif antiraciste décolonial vienne bouleverser l’événement partisan, Mme Zaga Mendez indique que le groupuscule — qui avait accusé les co-porte-paroles du parti de faire dans le racisme systémique, cette année — est rentré dans le rang. « Tout se passe bien à l’interne », dit-elle.

Option de remplacement

Deuxième groupe d’opposition depuis que le Parti québécois est passé à neuf députés en 2019, QS rêve plus grand. « On veut être une vision à l’opposé de François Legault. On incarne cette option de remplacement », a indiqué la nouvelle présidente.

« Dans la vague municipale, il y a plusieurs élus qui ont fait leur campagne sur l’environnement », a-t-elle ajouté. Avec le climat au centre de sa plateforme, QS souhaite faire des « gains » l’an prochain. La circonscription de Marie-Victorin, laissée vacante la semaine dernière, est d’ailleurs dans le viseur du parti : le co-porte-parole Gabriel Nadeau-Dubois a confirmé la semaine dernière qu’un candidat s’y présentera.

Le candidat solidaire en 2018, Carl Lévesque, ayant été élu aux municipales, QS doit trouver un nouveau porte-étendard. « On a une bonne base militante dans Marie-Victorin, et les résultats de la dernière élection en sont témoins », a réitéré Alejandra Zaga Mendez, qui s’implique avec la formation depuis 2009.

Dans les dernières semaines, Gabriel Nadeau-Dubois et Manon Massé ont multiplié les visites sur le terrain. Le premier s’est rendu dans Verdun pour une sortie à saveur électorale à la fin du mois d’octobre. La deuxième était dans Rimouski la semaine suivante.

« On va vers des places où on a des bases qui sont fortes », a observé Alejandra Zaga Mendez, qui espère « faire tache d’huile » un peu partout au Québec d’ici un an.

En ciblant Marie-Victorin et Rimouski, QS chasse-t-il en territoire péquiste ? Pas du tout, a signifié Gabriel Nadeau-Dubois lors d’un point de presse au parlement la semaine dernière. « Au soir de l’élection, on a[vait] fait autant de gains dans des circonscriptions libérales que dans des circonscriptions péquistes », a-t-il rappelé.

Le parti de gauche souhaite aujourd’hui se dissocier de son cousin souverainiste. Sa nouvelle présidente écarte d’ailleurs sur toute la ligne l’option d’une fusion. « En 2018, on a reçu un mandat très clair de nos membres, qui ont dit non. Ce n’est plus du tout la conjoncture. On avance. Et la réalité, c’est que Québec solidaire compte sur plus de parlementaires que le Parti québécois. »

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